On frappe à ma porte

« 1 femme sur 3 en situation de handicap est victime de violence à domicile. »

Chez les femmes en situation de handicap, les incidents violents dont elles sont victimes sont plus susceptibles de se produire à leur domicile plutôt qu’à l’extérieur, ce qui représente un ordre de grandeur de 31% par rapport à 14% pour les personnes qui ne sont pas en situation de handicap (Statistique Canada, 2009).

Plusieurs facteurs influencent la violence et le silence

Le fait qu’elles connaissent leur agresseur.

Un préposé aux soins, un partenaire intime, un professionnel de la santé, un membre de la famille, tous peuvent faire du bien, mais aussi du mal.

Le silence favorise la violence.

Le taux de violence avec un partenaire intime au cours des cinq dernières années est de 9,3% pour les femmes en situation de handicap et de 5% pour les femmes sans handicap.

La précarité financière

Ces personnes, ces femmes vivent une grande pauvreté.  Par ce fait même, elles sont beaucoup plus vulnérables et dépendantes de l’aide de leur famille ou des services sociaux.  Le revenu moyen pour une femme en situation de handicap est de 17 459 $ versus 30 517$ pour la femme sans handicapxxxvi.

La vulnérabilité fait accroître la dépendance et le silence.  Une personne en situation de handicap ne veut pas revendiquer la réponse à son besoin ou signaler un abus de peur de perdre le peu d’aide qu’elle reçoit.

La maltraitance et la violence ont plusieurs visages.

  • Déplacer une personne dans un fauteuil roulant contre sa volonté
  • Profiter du fait que la personne sourde ou aveugle ne puisse entendre ou prévoir les coups, les gifles, etc.
  • Priver de ou imposer intentionnellement ou non un appareil ou un dispositif d’aide
  • Restreindre le mouvement
  • Sous ou sur-médicamentée
  • Blesser son animal d’assistance ou de compagnie
  • Infantiliser
  • Menacer de retirer les soins
  • Enlever son droit de parole et son pouvoir de décision

Tous ces facteurs ont une grande incidence sur la capacité des femmes en situation de handicap de se sortir d’une situation de violence.

Ouvrons la porte sur leur situation, parlons-en et passons à l’action!

Témoignages

Dans le cadre de notre campagne de sensibilisation contre la violence faite aux femmes et aux filles en situation de handicap, Marie-Josée et Josée B. nous parlent de leur vécu.

Marie-Josée

Dans le cadre de notre campagne de sensibilisation contre  la violence faite aux femmes et aux filles en situation de handicap, Marie-Josée nous explique ce qu’est la violence pour elle.

Marie-Josée est atteinte du syndrome d’Usher (trouble génétique qui a provoqué sa surdité et diminué sévèrement sa vue). Ce qui anime Marie-Josée, c’est d’enseigner la LSQ, langue des signes québécoise. Plus que quiconque sensible à la cause des personnes sourdes, elle aime passionnément travailler avec cette communauté.

Quand elle nous parle de la violence, elle sait ce dont elle parle : une agression par derrière, pour une personne sourde, c’est une situation qu’elle ne peut prévenir. Il en va de même pour quelqu’un qui s’adresse à une personne sourde en lui parlant de très près. Sans le filtre du son, la personne sourde peut ressentir cette proximité comme une agression. Elle nous explique, Marie-Josée, qu’une personne sourde peut très bien utiliser le cri pour exprimer une peur et que les personnes qui l’entendent peuvent ne pas comprendre ce qu’elle dit, ce qui se joue. Dans ce cas, la jeune femme nous encourage à aller vers cette personne qui ne peut s’exprimer autrement et de comprendre qu’elle a tout simplement besoin d’aide.

Marie-Josée, comme tout le monde, a ses propres rêves. Mais elle doit souvent attendre son tour pour les réaliser parce que la communication est un obstacle à leur réalisation. En habile pédagogue, elle nous rappelle que l’effort peut venir de nous, que nous pouvons apprendre les rudiments de la langue des signes et que nous pourrions alors communiquer avec les personnes sourdes et comprendre leurs rêves pour les aider à les atteindre.

La violence faite aux femmes, pour elle, se résume en quelques mots : c’est inacceptable, c’est défendu, c’est insupportable !

Et le rêve de Marie-Josée n’est certainement pas hors de portée puisqu’elle aimerait tout simplement que le monde soit plus accessible et, tiens ! pourquoi pas ? faire un petit séjour en Allemagne…

1 femme sur 3 est victime de violence à la maison. Le silence favorise la violence #HandicapSansViolence Cliquer pour tweeter

Josée B.

Dans le cadre de la campagne de sensibilisation, nous vous présentons Josée B.

L’agression sexuelle, elle, elle la connaît, elle l’a vécue. Mais Josée a eu de la chance, elle, finalement, puisque sa famille s’est alors rapprochée d’elle pour réagir et la protéger.

Josée dit d’elle-même qu’elle est une personne limitée. Josée, c’est une jeune femme de 33 ans. Elle fait du bénévolat dans une école et vit sa vie. Avec une particularité : Josée est atteinte du syndrome de Roberts. Ce syndrome-là, il se caractérise par des malformations sévères des membres. « Mais ça ne fait pas mal », nous dit Josée en parlant de ses petits bras.

Ce qui a fait mal à Josée, c’est la violence dont elle a été victime.

Elle est comme tout le monde, finalement, Josée. Elle a des rêves… dont un plus grand que les autres : faire une croisière Disney ! Le rêve est-il si fou, après tout ?

Fermer les yeux sur la violence autour de nous, c’est l’encourager. Me faire violence, chez moi ou ailleurs, c’est un crime #HandicapSansViolence Cliquer pour tweeter
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