Le Phénix - Rapport d’enquête
Novembre 2007
LA PERSONNE HANDICAPÉE, UNE FORCE MOTRICE POUR NOTRE ÉCONOMIE :
PROFIL SOCIO-ÉCONOMIQUE DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
RAPPORT DENQUÊTE
Adressé à
Madame Judith Parisien
Directrice générale
Le Phénix
330, rue St-Philippe
Alfred ON K0B 1A0
Téléphone : (613) 679-1244
Courriel : info@lephenix.on.ca
par
Lalande & Associés, Conseils en ressources et projets
816, chemin Station, Plantagenet (Ont.), K0B 1L0
Téléphone (613) 673-1891
Courriel : aagougeon@cyberus.ca
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Table des matières
Sommaire exécutif
7
Acronymes
18
1.0 Introduction
19
1.1 Présentation de l’organisation
19
1.2 Mission du Phénix
19
1.3 Contexte de l’intervention
20
1.4 Situation insatisfaisante
20
1.5 Description de la situation désirée au terme de ce mandat
20
1.6 Objectif terminal
20
1.7 Sous-objectifs de l’étude
21
1.8 Facteurs de succès
22
1.9 Démarches de recherche
22
1.10 Les leviers et obstacles perçus
24
1.11 Remarques générales
25
2.0 L’enquête
26
2.0.1 Méthodologie
26
2.0.2 Avantages et défis des méthodologies empruntées
26
2.0.3 La personne handicapée en Ontario - un portrait
27
2.0.4 Profil des répondants et les biais induits
28
2.0.5 Statut familial des personnes handicapées
31
2.0.6 Langue(s) de communication
33
2.0.7 Revenu annuel brut familial
33
2.0.8 Scolarité (plus haut niveau complété)
36
2.1 LA DÉSIGNATION DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
39
2.2 LES CONDITIONS DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
40
2.2.1 Types de condition
40
2.2.2 La visibilité de la condition de la personne handicapée
41
2.2.3 La permanence de la condition
42
2.2.4 Fréquence d’utilisation d’un fauteuil roulant (ou un triporteur)
43
2.2.5 Commentaires des répondants portant sur la dimension « Condition »
43
2.3 LE LOGEMENT ET LA PERSONNE HANDICAPÉE
45
2.3.1 Désir de déménager hors de Prescott-Russell
45
2.3.2 Milieu de vie
46
2.3.3 Type d’hébergement
46
2.3.4 Besoins d’un logement adapté
47
2.3.5 Temps d’attente pour accéder à un logement adapté
48
2.3.6 Temps d’attente - Classification par municipalité
48
2.3.7 Type d’adaptation requise au logement
49
2.3.8 Situation actuelle du logement
50
2.3.9 Ressources financières les plus exploitées
50
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2.3.10 Logement adapté et niveau de satisfaction
51
2.3.11 Enquête sur la participation et les limitations d’activité - un aperçu
52
2.3.12 Étude du Front communautaire d’Ottawa
52
2.3.13 Commentaires des répondants portant sur le « Logement »
53
2.4 LA SANTÉ ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
54
2.4.1 Accès aux soins de santé
54
2.4.2 Accès à des services de santé dans la langue de choix
55
2.4.3 Répondants insatisfaits en raison de la langue des services……………..54
2.4.4 Synthèse des données secondaires ayant traits aux soins de santé
56
2.4.5 Les fleurs et les pots
59
2.4.6 Commentaires de répondants portant sur l’« Accès aux soins de santé ». 59
2.5 LES BESOINS SPÉCIAUX ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
60
2.5.1 Types de besoins spéciaux et pourvoyeurs attitrés
60
2.5.2 Suffisance de l’aide reçue en considération des besoins spéciaux
62
2.5.3 Niveau de satisfaction en égard aux services reçus
62
2.5.4 Besoins des répondants envers les services d’un interprète
63
2.5.5 Synthèse des données secondaires traitant de la dimension « Soutiens ». 63
2.5.6 Commentaires des répondants portant sur le « Soutien »
65
2.6 LES DIVERTISSEMENTS ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
67
2.6.1 Somme consacrée mensuellement aux activités récréatives
67
2.6.2 Couplage Déboursés mensuels / revenus bruts familiaux annuels
68
2.6.3 Participation à des activités sociales et culturelles
68
2.6.4 Participation à des activités sportives ou de loisirs
69
2.6.5 Diversité d’accompagnateurs lors des sorties
69
2.6.6 Confrontation à des obstacles lors des sorties dans Prescott-Russell
70
2.6.7 Nature des obstacles constatés
70
2.6.8 Contraintes menant à pratiquer les loisirs hors de Prescott-Russell
70
2.6.9 Synthèse des données secondaires portant sur le « Divertissements »
71
2.6.10 Les fleurs et les pots
73
2.6.11 Commentaires des répondants portant sur le « Divertissements »
74
2.7 LA COMMUNAUTÉ ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
75
2.7.1 Obstacles présents dans le milieu
75
2.7.2 Inclusions aux activités
77
2.7.3 L’attitude des gens et leur exclusion
78
2.7.4 Sensibilisation du personnel en contact avec des personnes handicapées 78
2.7.5 Nécessité d’une formation sur l’accueil des personnes handicapées
79
2.7.6 Sentiment de sécurité
79
2.7.7 Synthèse des données secondaires
80
2.7.8 Les défis et besoins
83
2.7.9 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Communauté »
84
2.8 LE TRANSPORT ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
86
2.8.1 Disposition d’un moyen de transport
86
2.8.2 Accès à un moyen de transport adapté
86
2.8.3 Usages tirés du transport adapté
87
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2.8.4 Synthèse des données secondaires portant sur le « Transport »
87
2.8.5 Les défis et besoins liés au transport
89
2.8.6 Commentaires des répondants portant sur le « Transport »
90
2.9 L’IMPLICATION SOCIALE ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
91
2.9.1 Participation à des activités de bénévolat au sein de la communauté
91
2.9.2 Intérêt à faire du bénévolat
91
2.9.3 Secteurs d’intérêt en égard au bénévolat
91
2.9.4 Segment de la population le plus attrayant
91
2.9.5 Types de bénévolat souhaités
92
2.9.6 Motifs de désintéressement envers le bénévolat
92
2.9.7 Synthèse des données secondaires afférentes au bénévolat
93
2.9.8 Les défis
93
2.9.9 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Bénévolat »
94
2.10 LE MARCHÉ DU TRAVAIL ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
95
2.10.1 Compétences professionnelles détenues
95
2.10.2 Détenir un emploi
96
2.10.3 Secteur d’activité économique occupé
96
2.10.4 Genre d’emplois détenus
97
2.10.5 Motifs du statut de sans emploi
97
2.10.6 Sans emplois et recherche active de travail
98
2.10.7 Type d’emploi recherché
98
2.10.8 Recours à un programme de réintégration du marché du travail
99
2.10.9 Niveau de satisfaction des programmes de réintégration
99
2.10.10 Synthèse des données secondaires afférentes à l’emploi
99
2.10.11 Les défis et les besoins
102
2.10.12 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Emploi »
103
2.11 L’INFORMATIQUE ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
104
2.11.1 Accès à un ordinateur
104
2.11.2 Utilité de l’ordinateur
104
2.11.3 Raisons pour ne pas avoir d’ordinateur
104
2.11.4 Disponibilité d’un ordinateur adapté
105
2.11.5 Besoin d’un soutien technique pour utiliser les logiciels
106
2.11.6 Utilisation d’Internet
106
2.11.7 Utilité d’Internet
106
2.11.8 Besoin en formation sur Internet
107
2.11.9 Intérêt envers un site d’information en ligne en français
107
2.11.10 Synthèse des données secondaires afférents à l’« Informatique »
107
2.11.11 Les défis et les besoins
108
2.11.12 Commentaires des répondants portant sur l’« Informatique »
109
2.12 L’ENTREPRENEURIAT ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
110
2.12.1 Propriétaires d’entreprise
110
2.12.2 Désir de démarrer une entreprise
110
2.12.3 Détention des compétences requises d’un entrepreneur
110
2.12.4 Intérêt à suivre une formation portant sur le démarrage d’entreprise ... 111
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2.12.5 Synthèse des données secondaires portant sur l’« Entrepreneuriat »
111
2.12.6 Les défis
113
2.12.7 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Entrepreunariat »113
3.0 Les aînés handicapés
114
4.0 Groupes de discussion
115
4.1 Portrait de la personne ayant une limitation
115
4.2 Obstacles limitant la pleine participation à la communauté
117
4.3 Possibilités de changement d’ici cinq (5) ans dans les communautés
118
5.0 L’inclusion des personnes handicapées
121
6.0 Conclusion
122
7.0 Bibliographie et ressources
126
Annexes
129
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Sommaire exécutif
A. Situation à améliorer
L’intégration pleine et entière des personnes ayant un handicap dans toutes les facettes
des activités socio-économiques et culturelles de leur vie constitue un défi quotidien.
Que ce soit l’accès à des emplois, à des loisirs (sports et culture), à la formation et
l’éducation sous toutes ses formes, aux services communautaires et municipaux dans
leur ensemble, à participer pleinement aux attraits touristiques disponibles, à l’accès à
la technologie, ces individus se butent encore à des obstacles de taille.
B. Finalité
Préciser le profil socio-économique des personnes handicapées vivant dans les comtés
de Prescott-Russell, ainsi que leurs besoins, leurs forces et leurs compétences afin de
contribuer à leur intégration à la société en tant que force motrice économique.
C. Démarche
La présente enquête, La personne handicapée, une force motrice pour notre
économie, fut menée du mois de juillet 2005 au mois d’août 2007 sur le territoire de
Prescott-Russell. Lors de la démarche, différents sondages ont été utilisés, le plus
important étant celui destiné aux personnes ayant une limitation. Plus de
670
personnes handicapées auront répondu à l’invitation. Des partenaires et des agences
ont collaboré à la diffusion de l’outil et à la cueillette des sondages complétés selon
les ressources à leur disposition.
Dans un deuxième temps, des groupes et agences communautaires ont été interpellés,
partout en Ontario, afin d’identifier certains besoins qui leur permettraient d’intégrer,
de façon optimale, les personnes ayant une limitation au sein de leurs activités, de
leur offre de services. S’ajoutent à cette méthodologie, des entrevues individuelles
avec des groupes ciblés démontrant le besoin d’information statistique.
En dernier lieu, des groupes de discussion ont eu lieu dans différentes régions de
Prescott-Russell afin de recueillir des témoignages de personnes ayant une limitation,
rendant encore plus dynamique et concrète leur réalité.
D. Thèmes abordés
Désignation appropriée
Types de condition
Logement
Soins de santé
Besoins spéciaux
Sorties, sports et loisirs
Communauté
Transport
Implication sociale et bénévolat
Expérience de travail
Informatique
Entrepreneuriat
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E. La provenance des répondants
Provenance des répondants
Alfred - Plantagment
6,6%3,8%
Clarence-Rockland
22,3%
6,8%
Hawkesbury
7,0%
Hawkesbury-est
Russell
Casselman
14,8%
20,4%
Nation
0,7%
Champlain
17,5%
Autres
L’évaluation de la représentativité du sondage
Municipalités de
Population
Poids respectifs des
Répartition
Poids respectifs
Écarts (%) de
Prescott-Russell
handicapée
populations
des
des répondants
représentativité
(Inférence: 13.5%)
municipales (%)
répondants
par municipalité
Hawkesbury
1 467
13.6%
100
18.1%
4.5%
Hawkesbury-Est
455
4.2%
4
0.7%
-3.5%
Champlain
1 172
10.8%
38
6.9%
-3.9%
Alfred-Plantagenet
1 168
10.8%
128
23.2%
12.4%
Clarence-Rockland
2 807
25.9%
117
21.2%
-4.7%
Russell
1 874
17.3%
85
15.4%
-1.9%
Casselman
445
4.1%
40
7.3%
3.2%
Nation
1 437
13.3%
39
7.1%
-6.2%
Total
10 825
100%
551
100%
Autres
22
La situation propre à certaines des municipalités serait surreprésentée à l’intérieur du
sondage, en particulier pour ce qui est des résidants d’Alfred et, à un moindre degré,
de ceux de Hawkesbury. À l’autre bout du continuum, la population de la Nation
serait nettement sous-représentée.
F. La distribution des répondants en fonction de l’âge
0-18 ans
19-29 ans
30-45 ans
46-60 ans
61 ans +
Total
Femmes
24 (65%)
25 (40%)
62 (55%)
99 (58%)
116 (58%)
326 (56%)
Hommes
13 (36%)
38 (60%)
51 (45%)
71 (42%)
83 (42%)
256 (44%)
Total
37 (6%)
63 (11%)
113 (19%)
170 (29%)
199 (34%)
582 (100%)
À première vue, les aînés sont surreprésentés à l’intérieur du sondage. Parallèlement,
les moins de 20 ans sont sous-représentés puisque seuls des répondants de 15 à 18 ans
ont été approchés. Il convient toutefois de tempérer ce constat, puisque logiquement,
les limitations augmentent en fonction de l’âge des individus. La norme de 13.5% de
personnes ayant une limitation qui composent une population ne peut donc
s’appliquer de façon homogène à toutes les tranches de cette population.
G. Parallèle Statut familial/Sexe des répondants
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Personne
Seule avec
Couple sans
Couple avec
Total
seule
enfant(s)
enfant
enfant
Femmes
132 (59%)
48 (76%)
62 (50%)
65 (58%)
307 (59%)
Hommes
90 (41%)
15 (24%)
62 (50%)
48 (42%)
215 (41%)
Total
222 (43%)
63 (12%)
124 (24%)
113 (21%)
522 (100%)
Ces résultats sont rationnels, les hommes ayant une espérance de vie inférieure aux
femmes (77.8 ans comparativement à 82.6 ans). D’autre part, beaucoup de mariage
(environ 50%) se terminent prématurément et les femmes assument la plupart du
temps la responsabilité quotidienne des enfants lors de la séparation du couple.
H. Le statut de résidence
Propriétaire
Co-propriétaire
Locataire
Autres
Total
Femmes
115 (55%)
11 (58%)
133 (60%)
66 (55%)
325 (57%)
Hommes
95 (45%)
8 (42%)
91 (40%)
53 (45%)
247 (43%)
Total
210 (38%)
19 (3%)
224 (39%)
119 (21%)
572 (100%)
Les répondants de l’étude seraient propriétaires (ou co-propriétaires) dans 41% des
cas. Or, dans Prescott-Russell, les logements privés occupés sont possédés à 78.9%,
selon le profil des communautés 2006 de Statistique Canada. Les personnes ayant
une limitation auraient moins accès à la propriété que la moyenne de la population
régionale.
I. La langue de communication
Les répondants au sondage s’expriment généralement en français (langue usuelle)
dans 57% des cas. Cette statistique est conforme à la situation qui prévaut à l’échelle
régionale, alors que selon les données 2001 du Profil des communautés, 60,8% de la
population de Prescott-Russell vit en français.
J. Le revenu
Revenus annuels bruts
48 001$ +
9,4%
36 001$ à 48 000
$
8,9%
24 001$ à 36 000
$
11,8%
15 001$ à 24 000
$
16,9%
9 600$ à 15 000
$
18,7%
< 9 600$
34,2%
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
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Les personnes ayant une limitation comptent généralement sur un revenu moindre
que celui de la population.
Citation : « Il faut presque être millionnaire pour être handicapé. »
K. Les types et la visibilité de condition
Types de condition
874
1000
800
600
317
400
94
85
74
74
200
19
0
Citation : « La société associe la canne blanche à une personne aveugle. Cela me
gêne d’être identifié; la canne rend visible mon handicap. »
Visibilité de la condition
40,3%
Condition apparente
Condition cachée
59,7%
On mésestime généralement la masse critique que représente le poids des personnes
ayant une limitation. La visibilité de l’handicap pourrait être partiellement en cause.
Citation:
“In my opinion, Prescott-Russell should be trained on the “invisible”
disabled persons.
L. Le besoin d’un logement adapté
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Nous reconnaissons que 29.7% des individus ayant une limitation fonctionnelle
expriment un besoin d’un logement adapté.
Motifs du logement non-adapté
100
77
80
58
60
40
23
21
18
15
20
0
Ressources
Propriétaire
Prévoit
Logement
Attente d’un
Autres
financières
non-réceptif
déménager non-adaptable programme
limitées
d’aide
financière
Citation:
« Even though my apartment is not adapted to my needs, I’ve been there so
long I’m used to it. »
M. Les soins de santé
Total des insatisfaits
Répondants désirant
Répondants désirant
Aucune préférence
Services réguliers
que le service soit
que le service soit
offert en français
offert en anglais
46
42
1
3
%
91%
2%
7%
Total des insatisfaits
Répondants désirant
Répondants désirant
Aucune préférence
Services spécialisés
que le service soit
que le service soit
offert en français
offert en anglais
107
99
6
2
%
93%
6%
1%
Chez les gens n’ayant pas accès aux services de santé dans la langue de leur choix, la
vaste majorité des répondants désirerait que les services leur soient offerts en
français.
Citation : « Si tu veux des soins rapidement, il faut prendre ce qu’il y a en français ou
en anglais. »
N. Les besoins spéciaux
Les membres de la famille sont les personnes les plus sollicités pour répondre à
l’ensemble des besoins identifiés par les répondants, à l’exception des soins qui
nécessitent une intervention spécialisée.
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Soutiens et aidants naturels
70,0%
58,6%
60,0%
50,0%
40,0%
30,0%
17,1%
20,0%
7,7%
7,3%
10,0%
4,8%
4,6%
0,0%
Citation : « Je vis de l’insécurité face aux préposés. Seront-ils là, au moment et
comme prévu? »
O. Contribution économique de la personne ayant une limitation
Dépenses discrétionnaires mensuelles
0,5%
4,2%
0,8%
6,7%
Moins de 100$
101$ à 200
$
18,0%
201$ à 300
$
301$ à 400
$
401$ à 500
$
69,7%
500$ +
Le rapprochement entre le revenu brut familial et l’ampleur des déboursés
discrétionnaires démontre que peu importe leur tranche de revenus, les répondants
dépensent généralement moins de 100$ par mois.
Citation : « Je dois débourser, dans certains cas, des frais supplémentaires pour
avoir accès à des activités, ce qui me limite énormément vu mon faible revenu. »
P. Sorties sociales
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Les répondants possèdent un réseau avec lequel elles effectuent des sorties
récréatives. Que ce soit en couple, avec les enfants, les amis, ou accompagnées d’un
aidant, les personnes ayant une limitation contribuent à l’activité économique de la
région de diverses façons.
Citation : « J’ai refusé de rentrer dans un restaurant. Ce sont eux les perdants. Je
ne vais aller qu’aux endroits accessibles. »
Q. Obstacles à l’accessibilité
Obstacles à l'accessibilité
160
141
134
140
123
120
105
101
93
100
80
57
60
40
20
0
Citation : « Qu’on mette les conseillers municipaux dans une chaise roulante une
semaine de temps… »
R. La communauté
Endroits jugés inaccessibles
250
194
200
153
150
125
111
108
104
103
100
50
0
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L’opinion des répondants serait possiblement corrélée au niveau de fréquentation des
individus aux endroits publics mentionnés.
Citation: “This community stopped paying attention a long time ago. I believe we
are second class citizens as far as this community is concerned.”
S. La formation dispensée au personnel en contact
Ainsi, la majorité des répondants à cette question indique que le personnel des
restaurants, des hébergements, des entreprises de toutes sortes pourrait bénéficier
d’une formation spécifique à l’accueil des personnes ayant une limitation.
Citation: « Si les gens étaient davantage informés quant à nos besoins, peut-être
qu’une formation pourrait apporter des changements. »
T. Le transport adapté
Utilités du transport adapté
200
150
Usage concret
100
Usage souhaité
50
0
Les comtés unis compteraient plus de 10 800 personnes ayant des limitations. Par
inférence statistique, nous constatons que près de
4 350 personnes ayant une
limitation ne disposeraient pas d’un moyen de transport adapté. L’ampleur de
l’utilisation réelle ou espérée que compte tirée cette population d’un transport adapté
valide la pertinence du besoin.
Citation: “If I could have adapted transportation, I would not have to rely on so
many people.”
U. Le bénévolat
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Par inférence statistique, nous estimons que, à l’échelle de Prescott-Russell, 1 918
individus ayant une limitation souhaiteraient s’impliquer socialement. Toutefois, ces
personnes rencontrent des défis qui compromettent cet engagement. Les problèmes
de santé et le manque d’intérêt viennent en tête de liste des déterminants de cette
situation.
Citation : « Je suis trop vieille pour être bénévole. Qui voudrait de moi? »
V. L’emploi
À peine le quart des personnes ayant une limitation détiendrait un emploi. Au mieux,
en utilisant comme clé de tri la tranche de l’échantillon la plus susceptible de
travailler, soit les personnes âgées entre 19 et 60 ans (346 individus), nous obtenons
un ratio de 37.9%, ou encore un peu plus du tiers de la population qui s’adonnerait à
des activités professionnelles. Ce portrait se révèle plutôt sombre lorsque comparé au
taux d’emploi provincial, surtout en situation de pénurie de main-d’œuvre.
Citation :
« J’ai enfin trouvé un emploi qui me plaît et pour lequel j’ai les
compétences. »
W. L’informatique
Les répondants au questionnaire ont accès à un ordinateur dans une proportion
supérieure à 60%. À l’ère de la technologie, nul doute que ce ratio est appelé à
croître au cours des prochaines années. On fait surtout une utilisation personnelle,
voire ludique, d’un poste informatique. L’ordinateur ne sert qu’occasionnellement au
travail, qu’il soit bénévole ou rémunéré.
Citation :
« L’ordinateur et Internet m’ont permis de rester en vie, de rester
connecter, d’être informer sur la fibro. Grâce à l’ordinateur, je me suis senti moins
seul. »
X. L’entrepreneuriat
Un maigre pourcentage de répondants serait propriétaire d’une entreprise. Cette
situation est congruente avec les écrits concernant le travail autonome chez les
personnes ayant une limitation.
Citation : « J'ai beaucoup de projets mais je manque d'énergie pour les réaliser. »
Y. Les aînés handicapés
Les résultats divulgués en cours de rapport intègrent les données provenant de
l’ensemble des répondants. Certains constats spécifiques aux aînés s’en trouvent
dilués. Pour les fins du sommaire exécutif, deux statistiques provenant d’un rapport
gouvernemental (Vers l’intégration des personnes handicapées : Section spéciale au
sujet des aînés, 2005) se démarquent :
Il est prévu que le segment de population âgée de 65 ans et plus croîtra de 3,9
millions, en 2001, à 6,1 millions en 2026
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En 2026, 54% de la population canadienne sera constituée d’aînés ayant une
limitation comparativement à 42% en 2001
Z. Conclusion
Ce rapport d’enquête est le résultat de quatre années d’effort. Aucun projet du genre
n’avait été entrepris auparavant sur la scène régionale. L’envergure du travail et la
disponibilité des ressources auront influé sur l’étalement du calendrier. C’est donc
avec une grande satisfaction que nous concluons cette étape. Car il s’agit bel et bien
d’une étape; l’élaboration du profil socio-économique des personnes ayant une
limitation ne constituant pas une fin en soit.
Au terme de l’intervention, nous estimons pouvoir confirmer l’hypothèse première
voulant que la personne handicapée constitue une force motrice pour notre économie.
D’une part, la plupart des personnes ayant une limitation reçoivent un revenu ou ont
accès à des liquidités leur permettant de participer à l’économie. D’autre part, ce
segment de population constitue un groupe fort imposant d’individus qui, en vertu de
la courbe démographique, est sujet à une forte croissance au cours des prochaines
années. En fonction de leurs besoins particuliers, ces personnes requièrent des
produits et services adaptés, alimentant de sorte un pan de l’économie régionale.
Tout au long de cette enquête les personnes ayant une limitation ont osé exprimer
leurs espoirs d’inclusion à la communauté. Quoi de plus normal pour tout être social
que de souhaiter se sentir lié à sa communauté? L’adaptation espérée exigera du
temps. Souhaitons que l’initiative du Phénix, champion de la cause, s’inscrive en tant
que déclencheur de changement à l’échelle régionale, contribuant à secouer l’apathie
constatée.
AA. Pistes d’amélioration de l’accessibilité
Obstacles
Attentes des personnes ayant une limitation
Accessibilité
Parfaire l’accessibilité des endroits publics sur l’ensemble du
territoire de Prescott-Russell
Aidants naturels
Soutenir le réseau familial, à risque d’essoufflement
Bénévolat
Demeurer flexible quant aux attentes adressées aux bénévoles
Logement
Rehausser l’accès à des logements adaptés
Milieux de travail
Accroître la flexibilité des horaires de travail
Envisager des mesures d’accommodement pour faciliter
l’embauche
Permettre l’accès des personnes à des postes valorisants et
intéressants
Revoir les critères
d’admissibilité
des programmes
d’entreprenariat actuels à la lumière des particularités des futurs
entrepreneurs
Partenariats
Développer la synergie entre acteurs contribuant à accroître
l’offre d’activités accessibles aux personnes
Programmes provinciaux et
Accentuer la compatibilité des programmes
fédéraux (POSPH et RPC)
Revenus
Rehausser le niveau de revenu de façon à donner accès aux biens
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Obstacles
Attentes des personnes ayant une limitation
considérés essentiels
Sensibilisation
de
la
Éveiller la population régionale, les entreprises et les élus aux
communauté
besoins, aux forces, et aux compétences des personnes
Former les préposés au service à la clientèle à l’accueil
respectueux
Soins de santé
Accroître l’accès aux services de santé réguliers et, surtout,
spécialisés, en français
Rehausser l’accès à des soins de santé locaux de sorte à
restreindre les coûts associés à de nombreux déplacements hors de
la région
Stationnements désignés
Sensibiliser la communauté à la réglementation en vigueur
Renforcer l’application des règlements municipaux en faisant
intervenir des agents de réglementation municipaux (interpeller
les municipalités à cet égard)
Transport
Adapter les transports aux besoins
Développer la capacité de répondre à la demande
Offrir le service à coût accessible
Trottoirs
Accroître le nombre de trottoirs accessibles dans toutes les
municipalités
Effectuer un entretien sécuritaire, surtout l’hiver
BB. Remerciements
Le Phénix désire remercier les partenaires financiers suivants qui, depuis la première
heure, ont soutenu le projet :
Centraide Prescott-Russell
Condition féminine Canada
Comtés Unis de Prescott-Russell
Développement des Ressources
humaines
RDÉE Ontario
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Acronymes
CCDS : Conseil canadien du développement social
EAPV : Enquête sur les activités et les préférences en matière de voyages
ECUI : Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet
EMTE : Enquête sur le milieu de travail et les employés
ENSP : Enquête nationale sur la santé des populations
EPLA : Enquête sur la participation et les limitations d’activités
ESCC : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes
MRC : Municipalités régionales de comtés
POSPH : Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées
RPC : Régime de pension du Canada
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1.0 Introduction
Ce projet est beaucoup plus qu’une enquête, c’est un
processus de développement qui, par le biais de la recherche
participative et dynamique,
bonifie le réseautage entre les intervenant.e.s et les personnes
handicapées
en mettant en place des mécanismes permanents.
Cette approche holistique présente un modèle concret
de développement socio-économique favorisant
l’empowerment des personnes,
la responsabilisation du milieu
et l’amélioration de la qualité de vie de milliers de personnes.
Source : Information tirée d’un rapport rédigé par Le Phénix, Industrie Canada, au sujet de la
communauté de pratique.
1.1 Présentation de l’organisation
Le Phénix est un organisme sans but lucratif oeuvrant depuis 1987 à l'intégration des
personnes ayant des limitations fonctionnelles. Selon les demandes ou les défis
portés à son attention, Le Phénix enquête d'abord pour bien identifier les lacunes et
propose ensuite des solutions valables.
Les services, l'éducation, le transport, les loisirs, l'économie, le travail et le logement
pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles constituent divers champs
d’intervention et de sensibilisation du Phénix auprès de la collectivité ontarienne et
encore plus particulièrement celle de Prescott-Russell.
Le Phénix est le seul organisme de développement communautaire du genre en
Ontario. Mis sur pied suite à un besoin de sensibilisation en 1986, et étant libre de
toute tutelle gouvernementale, Le Phénix se consacre au développement
communautaire en faveur des personnes ayant une limitation, par la gestion de projets
à court et à moyen termes.
Source : Adapté du site web du Phénix, décembre 2006
1.2 Mission du Phénix
Organisme communautaire provincial à but non lucratif, le Phénix œuvre, par une
information de pointe au sujet de la personne handicapée, et une gamme de services
adaptés aux besoins évolutifs de sa clientèle individuelle, organisationnelle et
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communautaire, à la valorisation et à l’intégration sociale d’individus ayant des
limitations fonctionnelles, cette implication menant à l’actualisation (réalisation des
talents et aptitudes) de la personne handicapée.
1.3 Contexte de l’intervention
Organisme de développement communautaire, le Phénix a comme projet la
constitution d’un profil socio-économique des personnes ayant une limitation et vivant
sur le territoire des comtés de Prescott-Russell. Depuis déjà trois ans, le Phénix
travaille à la réalisation d’une vaste enquête. De nombreux partenaires, dont les
municipalités et des agences, attendent ces résultats afin de mieux cerner les besoins
des personnes ayant une limitation, et ainsi mieux adapter leur offre de services. Tout
au long de l’enquête, des bailleurs de fonds fédéraux et provinciaux ont accordé leur
appui au Phénix afin que l’étude progresse.
En ce qui a trait à l’enquête dans son ensemble, l’équipe du Phénix a procédé à la
cueillette des questionnaires ainsi que la compilation des données. L’analyse des
données quantitatives et qualitatives, la corrélation avec des études pertinentes, des
recommandations, un plan d’action réaliste, qui sera réalisé par le Phénix, ainsi qu’un
rapport final viendra mettre un terme à ce projet spécifique. Les résultats obtenus
permettront de travailler avec les instances de la communauté vers une intégration
pleine et entière des personnes ayant des limitations fonctionnelles.
1.4 Situation insatisfaisante
L’intégration pleine et entière des personnes ayant un handicap dans toutes les facettes
des activités socio-économiques et culturelles de leur vie constitue un défi quotidien.
Que ce soit l’accès à des emplois, des loisirs (sports et culture), à la formation et
l’éducation sous toutes ses formes, aux services communautaires et municipaux dans
leur ensemble, à participer pleinement aux attraits touristiques disponibles, à l’accès à
la technologie, ces individus se butent encore à des obstacles de taille.
1.5 Description de la situation désirée au terme de ce mandat
Désireux de voire éliminer, les barrières à l’intégration pleine et entière de personnes
ayant une limitation fonctionnelle, il semble utile de se doter d’un portrait actualisé
des personnes ayant un handicap qui permettra d’identifier leurs besoins, leurs forces,
leurs compétences mais également leurs obstacles.
1.6 Objectif terminal
Déterminer le profil socio-économique des personnes handicapées vivant dans les
comtés de Prescott-Russell, ainsi que leurs besoins, leurs forces et leurs compétences
afin qu’elles puissent s’intégrer pleinement à la société en tant que force motrice
économique.
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1.7 Sous-objectifs de l’étude
La recherche entreprise s’arrimera à la réalité socio-économique régionale, et
permettra de cibler les besoins et les priorités de la collectivité en matière
d’intégration des personnes ayant des limitations. Conséquemment, les données
quantitatives et qualitatives recueillies toucheront un ensemble de secteurs d’activités.
Au terme de l’intervention, la communauté disposera d’un bilan de priorités socio-
économiques privilégiant la perspective des personnes handicapées. Ce document
servira à sensibiliser les acteurs sociaux à divers enjeux, dont :
la mise en valeur de leurs compétences sur le marché du travail (ou en contexte
bénévole) ;
l’accès à des ressources permettant de promouvoir les services et leurs
compétences ;
la possibilité de regrouper les ressources des services de soutien à leur intention ;
l’amélioration de leurs conditions de vie ;
la sensibilisation de la collectivité à leur contribution positive ;
la valorisation d’initiatives de leur inclusion en milieux de travail, telles la
modification de politiques d’embauche ou l’adaptation des infrastructures.
De plus, l’analyse facilitera l’action par
l’élaboration d’un profil démographique et socio-économique des communautés
de Prescott-Russell ;
la constitution d’un inventaire des besoins et améliorations requis en matière de
services, d’installations et d’activités au sein de cette collectivité ;
l’identification d’axes de développement stratégique servant la cause de la
personne handicapée
la cueillette d’informations pertinentes susceptibles de nourrir la réflexion
stratégique des intervenants socio-économiques
Source : Adapté de Le Phénix (2005) Rapport final Industrie Canada, 17 pages.
Enfin, les utilisateurs des résultats de l’enquête disposeront, au sujet des personnes
ayant un handicap :
de données statistiques pour justifier les dépenses d’adaptation des services ou
développer de nouveaux services à leur intention ;
d’un inventaire de leurs aptitudes, expertises et compétences dans le domaine du
travail rémunéré ou du bénévolat ;
d’exemples ou de modèles d’accessibilité à divers niveaux
(architecture,
communication, technologie, attitude, politique / pratiques, promotion, …);
Au-delà du Phénix, il est prévu que cette étude puisse servir les fins d’une multitude
d’acteurs de la collectivité, dont :
les leaders communautaires
les politiciens
les dirigeants des huit municipalités de Prescott-Russell et du palier régional
(Comtés-Unis)
les agences œuvrant auprès de personnes ayant une limitation
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les intervenants socioéconomiques et culturels de Prescott-Russell
et, ultimement, l’ensemble de la population de Prescott-Russell, dont les personnes
ayant un handicap.
1.8 Facteurs de succès
Comme principaux indicateurs de succès de l’intervention, le Phénix reconnaît :
l’amorce d’un dialogue entre les personnes ayant une limitation, les intervenants
communautaires, les politiciens, les municipalités menant à éliminer les barrières à
l’intégration
l’obtention d’un portrait réaliste de la personne ayant un handicap et résidant sur
le territoire de Prescott-Russell
l’élaboration d’un profil permettant l’identification de pistes d’actions contribuant
à augmenter considérablement l’intégration pleine et entière des personnes
handicapées dans toutes les facettes de la société.
1.9 Démarches de recherche
Cette étude constitue la résultante d’une démarche initiée en 2004. L’échelonnement
du calendrier du projet est justifié par l’objectif de 500 répondants que s’était fixé le
Phénix. Cet objectif, largement dépassé au terme de l’activité, contribue à la validité
statistique des résultats et permet d’inférer les constats tirés de l’échantillon à
l’ensemble de la population avec un minimum de variabilité. À notre connaissance,
aucun projet de cette envergure ne fut réalisé à ce jour, à l’échelle de Prescott-Russell,
menant à dresser un portrait holistique des personnes ayant une limitation.
Le choix des
12 thèmes que constituait le questionnaire s’est effectué par la
consultation préliminaire d’études telles que celle effectuée par le Front
communautaire d’Ottawa
(2002) ainsi que l’Enquête sur la participation et les
limitations d’activités de Statistique Canada
(2001). De plus, des personnes
handicapées ont exprimé, à l’équipe du Phénix, des préoccupations personnelles sur
certaines facettes de leur vie soutenant ainsi le choix des thèmes.
Liste des thèmes traités
Désignation appropriée
Communauté
Condition
Transport
Logement
Implication sociale et bénévolat
Soins de santé
Expérience de travail
Besoins spéciaux
Informatique
Sorties, sports et loisirs
Entreprenariat
Le tableau subséquent dresse l’historique du projet jusqu’à présent.
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Chronologie du projet
Périodes
Réalisations
Printemps 2004
Le Conseil d’administration du Phénix donne son aval au projet d’enquête et de
communauté de pratique
Septembre 2004
Obtention de financement d’Industrie Canada, volet communauté de pratique
Mai 2004
Consultations avec différents groupes ciblés représentant des organisations
communautaires et gouvernementales municipales et régionales
Objectif : Identifier le besoin d’information des groupes visés afin de colmater
les obstacles auxquels seront confrontées les personnes handicapées et qui
seront définis dans les résultats
31 mars 2004
Rédaction d’un premier rapport : Développement et planification d’un processus
menant à l’établissement du profil de la personne handicapée incluant une
ébauche de questionnaire
Février et mars
Cadre conceptuel de la recherche et révision complète du premier questionnaire ;
ébauche disponible pour révision par un groupe témoin
2005
Printemps 2005
Révision du questionnaire (sondage) par un groupe témoin
Rédaction de questions dirigées vers des agences et groupes communautaires afin
d’identifier leurs besoins pour mieux desservir les personnes ayant une
limitation
Disponibilité d’un questionnaire électronique et entrevues avec certaines
personnes contacts provenant de ces groupes
Consultations individuelles ou de groupes lors de rencontres communautaires
ayant comme objectif d’identifier le besoin d’information des groupes visés
afin de colmater les obstacles auxquels seront confrontées les personnes
handicapées et qui seront définis dans les résultats
Planification et mise en œuvre d’une campagne de promotion du sondage
Embauche d’une équipe d’enquêteurs pour identifier, partout au sein de la
communauté, des répondants
Juillet 2005
Mise en ligne du questionnaire
Entre juillet
Distribution du questionnaire bilingue partout sur le territoire de Prescott-Russell
par les enquêteurs, des sites Internet, les journaux (publicité, articles,
2005 et août
chroniques), la radio, les courriels avec tous les partenaires etc…
2007*
Entrée de données à mesure que les questionnaires complétés sont acheminés au
Phénix
Printemps 2006
Rédaction de questions pour groupes de discussion
Automne 2006
Disponibilité de l’Analyse de besoins réalisée pour la Table de concertation
provinciale francophone, secteur des besoins spéciaux
Automne 2006
Tenue de groupes de discussion à Hawkesbury, Casselman, Rockland et Alfred
(2) pour recueillir des témoignages qui soutiendront les statistiques de
l’enquête, pour mieux comprendre la réalité des personnes, des obstacles mais
également des changements possibles pour l’avenir
Note : La durée
de la période de cueillette de données s’est prolongée en raison du
financement obtenu pour inclure les personnes de 50 ans et plus.
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1.10 Les leviers et obstacles perçus
Principaux leviers
la Loi ontarienne
2001 sur les personnes handicapées et celle de
2005 sur
l’accessibilité pour les personnes handicapées s’avèrent des instruments légaux
d’opportunités pour le Phénix et les personnes ayant une limitation
les intervenants politiques sont plus conscients de la situation de la personne
handicapée et ils ont été informés du potentiel prévu par l’identification complète
de leur profil pour la région de Prescott-Russell
les agences, associations et organismes offrant des services aux personnes ayant
une limitation ont besoin d’informations supplémentaires sur ce groupe ; cette
information a été fournie lors de rencontres préalables ainsi que par l’entremise
d’un sondage virtuel sous forme de fiche technique pour les agences
excellente collaboration de la collectivité à la démarche d’enquête
disponibilité de nombreuses études soutenant la recherche sur le terrain autant au
niveau national L’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (2001),
Attitudes des Canadiennes et des Canadiens à l’égard de la condition des
personnes handicapées (2004) que celles provenant de la capitale nationale telles
que Les francophones d’Ottawa ayant une incapacité (2006) et Nous maximisons
nos capitaux : Partenariat pour la participation et l’intégration (2002).
Principaux obstacles
manque généralisé de ressources financières et humaines aura compromis la
distribution des questionnaires et l’aide apportée aux personnes handicapées qui
souhaitait y répondre, tout en occasionnant des délais de production de l’étude
les Lois sur l’accessibilité et leurs exigences sont peu connues de l’ensemble de la
population et des organisations
un grand nombre d’intervenants ne sont pas sensibilisés à la réalité de la personne
handicapée
programmes et services disponibles pour rendre accessible les milieux de travail et
les produits sont méconnus (ex. attraits touristiques, équipements de loisirs, parc,
piste cyclable, commerces, menus spéciaux dans les restaurants, logement adapté
etc…)
l’individu fonctionnel dans la communauté ne se perçoit pas comme une personne
ayant une limitation et s’avère donc difficile à rejoindre comme répondant au
sondage
participation mitigée des intervenants et des personnes handicapées envers une
participation aux forum et groupes de discussion
accès Internet non-généralisé
(et en particulier accès haute-vitesse) chez les
individus
en raison de contraintes financières, le questionnaire fut rédigé préalablement à la
revue de littérature, mettant au défi sa concordance avec la recherche et les
l’identification d’informations de pointe
Lalande & Associés
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certains résultats s’avèrent parfois « perdus » en raison de la formulation vague de
quelques questions ne permettant pas de soutirer un maximum d’information.
1.11 Remarques générales
Le présent rapport se veut accessible et convivial, et donc facile à comprendre et à
utiliser. Il cherche à présenter les données les plus pertinentes ayant trait à la réalité de
la personne ayant une limitation fonctionnelle d’ici, au sein des Comtés de Prescott-
Russell. Cette enquête fondera le plan d’action stratégique du Phénix, dans la foulée
de la mise en application graduelle des normes d’accessibilité de la Loi 2005 sur
l’accessibilité des personnes handicapées en Ontario.
Lalande & Associés
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2.0 L’enquête
2.0.1 Méthodologie
La présente enquête, La personne handicapée, une force motrice pour notre
économie, fut menée du mois de juillet 2005 au mois d’août 2007 sur le territoire de
Prescott-Russell. Lors de la démarche, différents sondages ont été utilisés, le plus
important et imposant étant celui destiné aux personnes ayant une limitation. Ainsi,
des partenaires et des agences ont collaboré à la diffusion de l’outil et à la cueillette
des sondages complétés selon les ressources à leur disposition.
Dans un deuxième temps, des groupes et agences communautaires ont été interpellés,
partout en Ontario, afin d’identifier certains besoins qui leur permettraient d’intégrer,
de façon optimale, les personnes ayant une limitation au sein de leurs activités, de
leur offre de services. S’ajoutent à cette méthodologie, des entrevues individuelles
avec des groupes ciblés démontrant le besoin d’information statistique.
En dernier lieu, des groupes de discussion ont eu lieu dans différentes régions de
Prescott-Russell afin de recueillir des témoignages de personnes ayant une limitation
rendant encore plus dynamique et concrète leur réalité.
La qualité des résultats obtenus est évidemment tributaire de la méthodologie utilisée.
Dans le cas présent, le Phénix a choisi de recourir à deux méthodes principales de
cueillette de données : le sondage et le groupe de discussion. Les ressources
financières, humaines et de temps ont contribué aux choix méthodologiques.
L’objectif d’atteindre au moins
500 réponses au questionnaire a incité l’équipe
responsable à repousser les limites du temps requis. Au total,
670 individus
provenant essentiellement des comtés de Prescott et Russell ont accepté de participer
au sondage. En fonction du traitement statistique des données, la plupart des
questions du sondage ont recueillie entre 570 et 600 réponses. Quant aux groupes de
discussion, entre
30 et
40 personnes ont participé aux cinq sessions tenues à
l’automne 2006.
2.0.2 Avantages et défis des méthodologies empruntées
Selon Gauthier
(1993), certains avantages et défis demeurent des éléments à
considérer dans le choix du sondage ainsi que du groupe de discussion.
Le sondage
Avantages
Défis
Permet de rejoindre un grand nombre de
Surexploitation de cette méthode de cueillette de
personnes dont les réponses demeureront
données conduisant la population en général
confidentielles
à résister à participer à ce type de cueillette
de données
Permet d’assurer un anonymat
La personnalité de l’enquêteur peut introduire des
biais malgré toutes les précautions de
standardisation
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Avantages
Défis
Flexibilité pour obtenir des réponses sur un grand
Les questions défilant l’une après l’autre, le
nombre de questions, de phénomènes
répondant pourrait répondre par automatisme
sans en saisir toutes les subtilités
Outil très populaire
Risque pour l’enquêteur de ne pas entrer les
données correctement ce qui introduit un
degré de variabilité dans les résultats
Les questions habituellement fermées, retrouvées
dans un sondage, permettent d’obtenir
rapidement des réponses
Habituellement, le questionnaire peut être
répondu sans l’intervention d’une tierce partie
ce qui limite les coûts
Le groupe de discussion
Avantages
Défis
Les questions ouvertes, habituellement posées,
Les réponses obtenues lors de la tenue d’un
permettent une liberté d’expression de la part
groupe de discussion ne peuvent prétendre à
des participants; cette ouverture encourage les
l’inférence statistique; ainsi, il est périlleux de
participants à
« faire du pouce » sur les
tirer des conclusions absolues. Le groupe de
réponses de leurs confrères/consœurs
discussion
demeure
qu’un
outil
complémentaire au sondage quantitatif
Occasion pour l’animateur de vérifier la
Le nombre de participants peut influer sur la
compréhension commune des questions
possibilité, pour tous, de s’exprimer sur
posées; permet ainsi à l’animateur d’apporter
l’ensemble des questions posées
rapidement des corrections en matière de
compréhension
Offre à l’animateur l’occasion de saisir le
L’effet d’entraînement d’une réponse provenant
« pourquoi » derrière les réponses
d’un participant peut être trop négatif ou trop
positif; ainsi, un participant très engagé et
perçu comme
« leader » peut orienter
l’ensemble de la discussion. Les participants
peuvent se sentir interpellés et obligés de
s’exprimer de la même façon que cette
personne.
La flexibilité quant à la façon de cueillir des
Le manque de retenu de l’animateur peut,
données permet à l’animateur d’utiliser une
malencontreusement, influencer les résultats de
certaine souplesse du cadre de la discussion; la
la
discussion; celui-ci doit s’abstenir
spontanéité des idées émergentes pourrait
d’exprimer son opinion
l’amener à modifier l’ordre des items à
discuter
Un objectif flou peut transformer le groupe de
discussion en « thérapie de groupe »
2.0.3 La personne handicapée en Ontario - un portrait
De manière à ameublir le terrain de l’étude, nous reproduisons ici quelques
affirmations tirées du site Internet « Accessibilité pour les personnes handicapées de
l’Ontario» produit par le Ministère des services sociaux et communautaires (MSSC).
Environ un million et demi de personnes en Ontario (c’est-à-dire 13.5% de la
population) ont un handicap
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Soixante-quinze pour cent des personnes ayant un handicap au Canada sont
physiquement et financièrement aptes à se déplacer
Environ 40% des personnes de plus de 65 ans ont un handicap. Les personnes
âgées et les personnes ayant un handicap représenteront entre 20 et 25% du
monde du travail et des marchés des loisirs, de la vente au détail, du
divertissement et du logement au pays pendant les dix prochaines années et
ultérieurement
Selon la Banque Royale du Canada, les personnes ayant un handicap ont un
pouvoir d’achat de quelque 25 milliards de dollars par année au Canada et elles
exercent une influence sur les décisions en matière de dépenses de 12 à 15
millions d’autres consommateurs
Les personnes ayant un handicap vivent parmi les autres membres de la
collectivité, travaillent avec eux et ont une influence sur eux.
2.0.4 Profil des répondants et les biais induits
Intéresser plus de 670 personnes à répondre à un sondage n’est pas une mince affaire.
De surcroît, les diverses limitations de la population cible ont introduit un niveau de
difficulté particulier, exacerbé par des contraintes en ressources humaines et
financières inhérentes à l’étude. Enfin, la méthode préconisant le recours à des
réseaux de contacts de façon à atteindre l’objectif quantitatif de répondants mine la
caractéristique aléatoire fondamentale à la démarche statistique.
À la décharge du Phénix, les écarts de représentativité statistique ne sont pas
anormaux. Ainsi, une récente étude portant sur la population francophone d’Ottawa
ayant une incapacité (L’Assemblée francophone et comité interagences du conseil de
planification sociale d’Ottawa et le Regroupement des partenaires francophones
2006) soulignait la surreprésentation des femmes et des aînés aux résultats de leur
sondage.
De sorte à illustrer l’ampleur des biais introduit dans la présente étude, nous avons
établi, à l’aide des outils statistiques reconnus par les acteurs du milieu, le poids de la
population handicapée pour l’ensemble des municipalités composant les comtés unis
de Prescott-Russell.
Portrait statistique de la population de Prescott-Russell
Municipalités de
Incluant les
Population 2006
Population
Poids respectifs des
Prescott-Russell
agglomérations
(Croissance 2001-2006)
handicapée
populations
(Inférence: 13.5%)
municipales (%)
Hawkesbury
Hawkesbury
10 869 (5.3%)
1 467
13.6%
Hawkesbury-Est
Ste-Anne-de-Prescott
3 368 (-1.4%)
455
4.2%
St-Eugène
Chute-à-Blondeau
Champlain
Vankleek Hill
8 683 (1.1%)
1 172
10.8%
L’Orignal
Alfred-Plantagenet
Alfred
8 654 (0.7%)
1 168
10.8%
Plantagenet
Wendover
Treadwell
Lefaivre
Clarence-Rockland
Rockland
20 790 (6.0%)
2 807
25.9%
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Municipalités de
Incluant les
Population 2006
Population
Poids respectifs des
Prescott-Russell
agglomérations
(Croissance 2001-2006)
handicapée
populations
(Inférence: 13.5%)
municipales (%)
Clarence Creek
Bourget
Cheney
Hammond
Russell
Embrun
13 883 (11.9%)
1 874
17.3%
Russell
Casselman
Casselman
3 294 (13.2%)
445
4.1%
Nation
Fournier
10 643 (0.4%)
1 437
13.3%
St-Bernardin
Riceville
St-Isidore
Limoges
St-Albert
Total
80 184 (3.1%)
10 825
100%
À la lumière du calcul, Prescott et Russell compteraient sur son territoire plus de
10 800 personnes ayant une limitation quelconque. Il s’agit d’une force socio-
économique d’importance, que, malheureusement, la société a tendance à occulter.
Lieu de résidence des répondants à l’étude
Le profil socio-démographique des répondants indique entre autre le lieu de résidence
des participants à l’étude.
Provenance des répondants
Alfred - Plantagment
6,6%3,8%
Clarence-Rockland
22,3%
6,8%
Hawkesbury
7,0%
Hawkesbury-est
Russell
Casselman
14,8%
20,4%
Nation
0,7%
17,5%
Champlain
Autres
Parallèle Lieu de résidence/Sexe des répondants
Femmes
78
22
64
2
21
54
20
43
13
317
(61%)
(55%)
(64%)
(50%)
(54%)
(46%)
(53%)
(50%)
(59%)
(55%)
Hommes
50
18
36
2
18
63
18
42
9
256
(39%)
(45%)
(36%)
(50%)
(46%)
(54%)
(47%)
(50%)
(41%)
(45%)
Total
128
40
100
4
39
117
38
85
22
573
Lalande & Associés
Page 29 sur 131
Comme l’indique la matrice subséquente, il existe un écart de représentativité plus ou
moins significatif selon la municipalité traitée.
Évaluation de la représentativité du sondage
Municipalités de
Population
Poids respectifs des
Répartition
Poids respectifs
Écarts (%) de
Prescott-Russell
handicapée
populations
des
des répondants
représentativité
(Inférence: 13.5%)
municipales (%)
répondants
par municipalité
Hawkesbury
1 467
13.6%
100
18.1%
4.5%
Hawkesbury-Est
455
4.2%
4
0.7%
-3.5%
Champlain
1 172
10.8%
38
6.9%
-3.9%
Alfred-Plantagenet
1 168
10.8%
128
23.2%
12.4%
Clarence-Rockland
2 807
25.9%
117
21.2%
-4.7%
Russell
1 874
17.3%
85
15.4%
-1.9%
Casselman
445
4.1%
40
7.3%
3.2%
Nation
1 437
13.3%
39
7.1%
-6.2%
Total
10 825
100%
551
100%
Autres
22
En termes clairs, la situation propre à certaines des municipalités serait surreprésentée
à l’intérieur du sondage, en particulier pour ce qui est des résidants d’Alfred et, à un
moindre degré, de ceux de Hawkesbury. À l’autre bout du continuum, la population
de la Nation serait nettement sous-représentée.
D’autre part, une population distribuée normalement compterait autant de femmes
que d’hommes. Ainsi, le profil statistique (2006) de Prescott-Russell confirme la
présence de 40 500 femmes (50,5% de la population) et de 39 685 hommes (49.5%
de la population). Or, l’expérience démontre que les femmes ont une prédisposition
favorable à répondre à des sondages. Ce constat empirique se confirme à nouveau,
alors que 55% des répondants au sondage sont de sexe féminin. Cette proportion
varie selon les municipalités, mais dans la plupart des cas, les femmes sont plus
nombreuses à se confier. De même, les accompagnatrices associées à l’enquête
pourraient avoir une prédisposition à rejoindre des personnes de sexe féminin.
Âge et sexe des répondants
Notre désir de dresser le portrait le plus fidèle possible de la population handicapée
de Prescott-Russell impose de valider la distribution des répondants par tranche
d’âge. En effet, les besoins sont susceptibles de varier de manière significative en
fonction des générations observées.
Distribution des répondants en fonction de l’âge
0-18 ans
19-29 ans
30-45 ans
46-60 ans
61 ans +
Total
Femmes
24 (65%)
25 (40%)
62 (55%)
99 (58%)
116 (58%)
326 (56%)
Hommes
13 (36%)
38 (60%)
51 (45%)
71 (42%)
83 (42%)
256 (44%)
Total
37 (6%)
63 (11%)
113 (19%)
170 (29%)
199 (34%)
582 (100%)
Note : La tranche d’âge des 0-18 ans comprend exclusivement des répondants de 15 à 18
ans.
Lalande & Associés
Page 30 sur 131
Répartition en fonction de l'âge
6,4%
10,8%
0-18 ans
34,2%
19-29 ans
30-45 ans
19,4%
46-60 ans
61 ans +
29,2%
À titre comparatif, nous présentons ci-dessous la répartition de la population de
Prescott-Russell par tranche d’âge.
Distribution de la population de Prescott-Russell en fonction de l’âge
0-19 ans
20-29 ans
30-44 ans
45-59 ans
60 ans +
Total
Nombre
20 995
7 835
18 165
18 880
14 335
80 210
%
26.2%
9.8%
22.6%
23.5%
17.9%
100%
À première vue, les aînés sont surreprésentés à l’intérieur du sondage. Parallèlement,
les moins de 20 ans sont sous-représentés puisque seuls des répondants de 15 à 18 ans
ont été approchés. Il convient toutefois de tempérer ce constat, puisque logiquement,
les limitations augmentent en fonction de l’âge des individus. La norme de 13.5% de
personnes ayant une limitation qui composent une population ne peut donc
s’appliquer de façon homogène à toutes les tranches de cette population.
Constat général
Les écarts statistiques sont susceptibles de teinter les conclusions tirées de l’analyse
du sondage et de mener à des généralisations fautives, surtout lorsque l’on compare
les municipalités entre elle; le lecteur voudra bien en prendre note.
2.0.5 Statut familial des personnes handicapées
Les personnes ayant une limitation vivraient davantage seules qu’en couple. Les
femmes de ce groupe ont davantage tendance que les hommes à vivre seule, ou à être
chef de famille monoparentale.
Lalande & Associés
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Statut familial
21,6%
Personne seule
42,5%
Seule avec enfant(s)
Couple sans enfant
23,8%
Couple avec enfant(s)
12,1%
Parallèle Statut familial/Sexe des répondants
Personne
Seule avec
Couple sans
Couple avec
Total
seule
enfant(s)
enfant
enfant
Femmes
132 (59%)
48 (76%)
62 (50%)
65 (58%)
307 (59%)
Hommes
90 (41%)
15 (24%)
62 (50%)
48 (42%)
215 (41%)
Total
222 (43%)
63 (12%)
124 (24%)
113 (21%)
522 (100%)
Ces résultats paraissent logiques, les hommes ayant une espérance de vie inférieure
aux femmes (77.8 ans comparativement à 82.6 ans). D’autre part, beaucoup de
mariage (environ
50%) se terminent prématurément et les femmes assument la
plupart du temps la responsabilité quotidienne des enfants lors de la séparation du
couple. La mouvance sociale trouve écho dans la situation type de la personne
handicapée de Prescott-Russell.
À titre comparatif, le tableau suivant illustre la situation prévalant dans Prescott-
Russell, selon les données 2006 émises par Statistique Canada.
Statut familial de la population de Prescott-Russell (2006)
Personne
Seule avec
Couple sans
Couple avec
Total des
seule
enfant(s)
enfant
enfant
foyers
Total
6 930
2 880
10 595
12 895
33 300
%
20.8%
8.6%
31.8%
38.7%
La distribution de l’échantillonnage, en égard au statut familial, présente une
distorsion quant à la réalité démographique de la région. Les personnes seules, avec
ou sans enfants, s’y trouvent surreprésentées en égard aux personnes vivant en
couple. Bien que la méthodologie de la recherche ne permette pas de valider cette
hypothèse, il semble exister une corrélation entre le fait de vivre seul et la présence
d’une limitation.
Lalande & Associés
Page 32 sur 131
Statut de résidence
Propriétaire
Co-propriétaire
Locataire
Autres
Total
Femmes
115 (55%)
11 (58%)
133 (60%)
66 (55%)
325 (57%)
Hommes
95 (45%)
8 (42%)
91 (40%)
53 (45%)
247 (43%)
Total
210 (38%)
19 (3%)
224 (39%)
119 (21%)
572 (100%)
Les répondants de l’étude seraient propriétaires (ou co-propriétaires) dans 41% des
cas. Or, dans Prescott-Russell, les logements privés occupés sont possédés à 78.9%,
selon le profil des communautés 2006 de Statistique Canada. Les personnes ayant
une limitation auraient moins accès à la propriété que la moyenne de la population
régionale. Nous risquons comme hypothèses à cette situation deux déterminants
potentiels :
les limitations des personnes les amènent à privilégier la location d’un logement
plutôt que son acquisition
les revenus particulièrement modestes de ce groupe ne sont pas propices à
intéresser un prêteur hypothécaire
2.0.6 Langue(s) de communication
Langue de communication
0,3%
Anglais
41,5%
Autres
57,1%
Français
ASL/LSQ
1,4%
Parallèle Langue de communication/Sexe des répondants
Anglais
Français
LSQ
ASL
Autres
Total
Femmes
123 (51%)
202 (61%)
0
1 (100%)
4 (50%)
330 (57%)
Hommes
118 (49%)
130 (39%)
1 (100%)
0
4 (50%)
253 (43%)
Total
241 (41%)
332 (57%)
1 (0.3%)
1 (0.3%)
8 (1.4%)
583 (100%)
Les répondants au sondage s’expriment généralement en français (langue usuelle)
dans 57% des cas. Cette statistique est conforme à la situation qui prévaut à l’échelle
régionale, alors que selon les données 2001 du Profil des communautés, 60,8% de la
population de Prescott-Russell vit en français.
2.0.7 Revenu annuel brut familial
Nous avancions au point 2.0.3 que les personnes ayant une limitation comptent
généralement sur un revenu moindre que la population en général. L’étude confirme
Lalande & Associés
Page 33 sur 131
ce fait pour ce qui est des citoyens de Prescott-Russell. Soulignons que les revenus
indiqués constituent des revenus familiaux et non individuels. Nous pouvons donc
présumer de la précarité financière de beaucoup de ces personnes.
Revenus annuels bruts
48 001$ +
9,4%
36 001$ à 48 000
$
8,9%
24 001$ à 36 000
$
11,8%
15 001$ à 24 000
$
16,9%
9 600$ à 15 000
$
18,7%
< 9 600$
34,2%
0,0%
10,0%
20,0%
30,0%
40,0%
Parallèle Revenus bruts annuels/Sexe des répondants
< 9 600$
9 600$ à
15 001$ à
24 001$ à
36 001$ à
48 001$ +
Total
15 000$
24 000$
36 000$
48 000$
Femmes
124 (61%)
70 (63%)
61 (61%)
28 (40%)
23 (44%)
30 (54%)
336 (57%)
Hommes
79 (39%)
41 (37%)
39 (39%)
42 (60%)
30 (56%)
26 (46%)
257 (43%)
Total
203 (34%)
111 (18%)
100 (17%)
70 (13%)
53 (9%)
56 (9%)
593
(100%)
Dans l’étude du Profil de l’incapacité 2001, de l’Enquête sur la participation et les
limitations d’activités au Canada
(2001), les statistiques présentées par province
indiquent les particularités suivantes :
En Ontario, 47% des personnes ayant une limitation ont déclaré des revenus entre
0$ et 14 999
$ comparativement à 30% pour la population ontarienne en général.
Le revenu le plus souvent gagné se situe entre
5 000$ et
9 999$ pour les
personnes ayant une limitation comparativement à
20 000$ à 29 999
$ pour
l’ensemble de la population
En Ontario, le revenu moyen des adultes ayant une limitation et âgés de 15 à 64
ans est de 22 916$. En scrutant les différences basées sur le sexe des répondants,
le revenu moyen des hommes ayant une limitation est de 28 497
$ tandis que les
femmes déclaraient un revenu moyen de 18 073$. Pour les hommes en général, ils
ont déclaré un revenu moyen de 42 610$ et les femmes de 26 859
$.
Par ailleurs, une étude parallèle portant sur les Francophones d’Ottawa ayant une
incapacité (2006) démontre que les répondants francophones de la capitale disposent
d’un revenu moyen inférieur (soit 28 091$) à la moyenne des revenus des personnes
ayant une incapacité (soit 31 533$).
Quant à l’étude portant sur le portrait des personnes ayant une limitation à Ottawa
(Front communautaire, 2002), elle propose une répartition semblable :
52% des
Lalande & Associés
Page 34 sur 131
répondants vivent avec moins de 15 000$, et plus précisément, 21% des répondants
vivent avec moins de 9 600$ annuellement.
Seuil de faible revenu
De manière à évaluer correctement la dimension économique de la personne ayant
une limitation, nous indiquons ci-dessous les indicateurs reconnus du seuil de faible
revenu familial.
Seuil de faible revenu familial (2003)
23
416
$
4
22 460
$
18 768
$
3
Région rurale
16 400
$
15 073
$
2
13 170
$
Agglomération < 30 000
habitants
12 384
$
1
10 821
$
0
$
5 000
$
10 000
$
15 000
$
20 000
$
25 000
$
Source : Institut de la statistique du Québec (2005). Inventaire des indicateurs de
pauvreté et d’exclusion sociale
Concept du Seuil de faible revenu (SFR): part du revenu dépensé par la moyenne
des familles canadiennes pour les biens dits essentiels
(logement, vêtements et
nourriture), à laquelle on ajoute 20 points de pourcentage. Une personne à faible
revenu est une personne dont le revenu familial est inférieur au seuil de faible revenu.
Note : Il n’y a pas de seuil de faible revenu officiel au Canada.
Dans son rapport de 2004 intitulé « Vers l’intégration des personnes handicapées », le
Gouvernement du Canada propose, en page 16, que :
un revenu suffisant pour répondre à ses besoins personnels et des ressources
financières appropriées à une vie active dans la communauté sont essentiels au
bien-être et à l’intégration des personnes handicapées
Le rapport présente également de nombreuses observations éloquentes au sujet des
personnes ayant une limitation :
entre 1999 et 2002, on constate une augmentation de 6,7 % de leurs revenus
comparativement à 8,5% pour la population en générale
elles bénéficient d’un revenu de ménage correspondant à 80% de celui de la
population en générale
en 2002, 15% de ce groupe vivaient dans des ménages à faible revenu, soit le
double de l’ensemble de la population
elles ont de trois à quatre fois plus de risques de recevoir des prestations d’aide
sociale
Lalande & Associés
Page 35 sur 131
les familles ayant un enfant handicapé, ainsi que des adultes ayant des limitations
graves vivent plus souvent des difficultés liées au revenu
Provenance du revenu principal
Comme l’indique la grille subséquente, les personnes ayant une limitation
interrogées dans le cadre de la présente étude tirent essentiellement leur revenu de
quatre sources :
le Régime de pension du Canada
le POSPH (Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées)
des revenus d’emplois
le Régime de pension de l’employeur
Sources
Femmes (%)
Homme (%)
Total (%)
Régime de pension du Canada
153 (37%)
25 (11%)
178 (29%)
Autres
65 (15%)
39 (16%)
104 (16%)
POSPH
58 (14%)
45 (20%)
103 (16%)
Emploi
41 (10%)
50 (22%)
91 (14%)
Régime de pension de l’employeur
27 (7%)
29 (13%)
56 (9%)
Supplément de revenu garanti
15 (4%)
12 (5%)
27 (4%)
Prestation d’invalidité privée
16 (4%)
7 (3%)
23 (4%)
Membres de la famille
10 (3%)
9 (4%)
19 (3%)
Assurance-emploi
6 (2%)
5 (2%)
11 (2%)
Travail autonome
7 (2%)
2 (1%)
9 (1%)
CSPAAT
4 (1%)
5 (2%)
9 (1%)
Ontario au travail
5 (1%)
2 (1%)
7 (1%)
Héritage
0 (0%)
0 (0%)
0 (0%)
Total
407 (64%)
230 (36%)
637 (100%)
2.0.8 Scolarité (plus haut niveau complété)
Niveau de scolarité
7,3%
29,4%
Primaire
17,5%
Secondaire
Métier
5,1%
Collégial
Universitaire
40,8%
Pour l’ensemble, les répondants à l’étude ont complété leurs études secondaires.
Beaucoup ont fréquenté le collège, certains l’Université. Les femmes ont tendance à
poursuivre davantage leurs études au niveau post-secondaire que les hommes.
Lalande & Associés
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Parallèle Scolarité/Sexe des répondants
Primaire
Secondaire
Métier
Collégial
Universitaire
Total
Femmes
83 (55%)
111 (53%)
12 (46%)
58 (65%)
23 (62%)
287 (56%)
Hommes
67 (45%)
97 (47%)
14 (54%)
31 (34%)
14 (38%)
223 (44%)
Total
150 (29%)
208 (41%)
26 (5%)
89 (17%)
37 (7%)
510 (100%)
Scolarité chez la personne handicapée
50,0%
40,0%
30,0%
Femmes
20,0%
Hommes
10,0%
0,0%
Soulignons que le cheminement académique peut s’être poursuivi alors que le
répondant était handicapé, ou avant qu’il ne le devienne. La question consiste à
évaluer le lien entre la personne ayant une limitation et l’itinéraire de formation.
Afin de jeter un éclairage sur cette interrogation, nous illustrons ci-dessous le taux
d’obtention du diplôme atteint en 2006 dans la région de la capitale nationale, selon
que l’individu ait des limitations ou non.
Lalande & Associés
Page 37 sur 131
Scolarité - Analyse comparative
40%
Personnes non-
30%
handicapées
20%
Personnes
10%
handicapées
0%
Selon l’étude portant sur les Francophones d’Ottawa ayant une incapacité (2006), les
répondants présentent un taux d’obtention du diplôme inférieur à la population en
générale, ce qui précarise leurs chances d’obtenir un emploi plus rémunérateur. Les
obstacles mentionnés dans cette étude sont liés :
aux méthodes d’apprentissage
aux expériences scolaires moins favorables
à l’obtention de moins de soutien
à l’absence d’appareils fonctionnels disponibles
au manque d’appui aux étudiants ayant une limitation
Les répondants invités à participer à un groupe de discussion ont soutenu que « les
institutions post-secondaires ne sont pas toutes en mesure d’accommoder les
étudiants ayant une incapacité ».
Le facteur économique nous semble également en cause. Le coût élevé des études
post-secondaires, et principalement des études universitaires, en Ontario est
susceptible d’ériger des barrières à l’inscription d’individus disposant de revenus
plutôt modestes.
Lalande & Associés
Page 38 sur 131
2.1 LA DÉSIGNATION DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
L’allusion à la réalité de la personne ayant une limitation se révèle un exercice
combien périlleux. La rectitude et le désir d’afficher notre respect pour ces individus
sollicitent la plus grande créativité. Les initiatives sont parfois malheureuses, tel cet
homme politique qui, référant lors d’une allocation publique à la personne
handicapée, utilisa la désignation « personne ayant des facultés affaiblies ». Qui de
mieux que la personne handicapée pour nous indiquer ses préférences?
Désignations
Répondants
%
Personne ayant une limitation
292
58
Personne handicapée
143
28
Personne ayant une déficience
71
14
Total
506
100
L’enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA, 2001, p.7) utilise la
définition de l’incapacité à partir de l’approche de l’Organisation mondiale de la
santé selon laquelle « une personne a une incapacité si elle a une condition physique
ou mentale ou un problème de santé qui réduit sa capacité d’exercer des activités
considérées normales pour son âge dans la société canadienne ».
Pour sa part, le terme invalidité semble aussi faire partie du vocabulaire associé au
concept d’incapacité. Il est introduit dans une étude récente effectuée par Environics
Research Group Limited (2004) sur les Attitudes des Canadiennes et des Canadiens à
l’égard de la condition des personnes handicapées. Cette enquête nationale de
sensibilisation indique que les répondants associent les termes « handicap physique »
(52%) et
« limitations d’activités »
(42%) à la définition d’invalidité. Plus
spécifiquement, l’utilisation permanente ou ponctuelle d’un fauteuil roulant ainsi que
la déficience physique sont plus souvent associées au terme invalidité.
Dans le cadre de la présente intervention, nous nous efforcerons de nous en tenir aux
expressions
« personnes ayant une limitation »,
« personnes handicapées » et
« personnes ayant un handicap », ceci en alternance, d’une part, pour désigner les
sujets de notre étude et d’autre part pour éviter d’alourdir le texte.
Lalande & Associés
Page 39 sur 131
2.2 LES CONDITIONS DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
2.2.1 Types de condition
Types de condition
874
1000
800
600
317
400
94
85
74
74
200
19
0
Quoique les conditions soient variées, les limitations les plus fréquemment évoquées
par les répondants concernent les limitations physiques (mobilité, douleur, et agilité).
Chacune de ces incapacités atteint près de la moitié des personnes interrogées.
Conditions
Répondants*
%**
Regroupement
Répondants***
Mobilité
334
55.7%
Douleur
306
51.0%
Physique
874
Agilité
234
39.0%
Mémoire
117
19.5%
317
Apprentissage
102
17.0%
Psychique
Psychologique
98
16.3%
Vision
94
15.7%
Visuelle
94
Intellectuelle
85
14.2%
Intellectuelle
85
Ouie
74
12.3%
Auditive
74
Parole
74
12.3%
Parole
74
Inconnu
19
3.2%
Inconnu
19
Notes :
*Les répondants pouvaient choisir plus d’une limitation.
**Le pourcentage est calculé sur une base estimée de 600 répondants.
***La somme des réponses excède le nombre de répondants; les résultats indiquent
que plusieurs répondants ont des défis multiples (plus d’une limitation)
Tiré de l’enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA), le Profil de
l’incapacité au Canada (2001) trace en page 5 un portrait des enfants et des adultes
ayant des limitations, dont les « activités quotidiennes sont limitées en raison d’un
état ou d’un problème de santé ». Les données portent sur un ensemble de
statistiques incluant le taux d’incapacité, les soutiens personnels, leur profil d’emploi,
leur revenu et leur participation au sein de la société. Selon l’étude :
Lalande & Associés
Page 40 sur 131
13,5% des Ontariens et des Ontariennes auraient des limitations fonctionnelles
d’activités soit 1 514 380
il existe quatre degrés de gravité des incapacités : légère, moyenne, sévère ou très
sévère
certaines incapacités s’accroissent avec l’âge, soit celles liées à la mobilité, à
l’agilité, à la douleur, à l’ouïe et à la vision
18,2 % des répondants à l’enquête ont affirmé n’avoir qu’une seule incapacité,
alors que 29% en ont déclaré trois et 27,7% en ont déclaré quatre ou cinq.
Répartition par type d’incapacités chez les adultes de 15 ans et plus au Canada
Incapacités
Adultes (15 ans et plus)
Mobilité
71.7%
Douleur
69.5%
Agilité /Dextérité
66.6%
Ouïe
30.4%
Vision
17.4%
Psychologique
15.3%
Apprentissage
13.2%
Mémoire
12.3%
Parole
10.6%
Déficience intellectuelle
3.5%
Source : Profil de l’incapacité au Canada en 2001 (EPLA)
Une enquête ottavienne réalisée par le Front communautaire, Nous maximisons nos
capitaux : Partenariat pour la participation et l’intégration (2002) visait à identifier
les obstacles à la pleine participation des personnes ayant une limitation à la vie
communautaire à Ottawa. Voici quelques faits saillants du rapport :
1033 personnes ont répondu au sondage; 59% étaient des femmes et 41 % des
hommes; une majorité avait entre 15 et 64 ans
21% des répondants étaient francophones quoique cette composante ne représente
pas un élément significatif de l’étude
en ordre ascendant d’importance, l’échantillon des répondants s’identifie aux
quatre limitations selon les proportions suivantes :
Mobilité : 39%
Agilité : 16%
Vision : 15%
Audition : 14%
Il est possible de relever certaines similitudes entre l’étude du Front communautaire
(2002) et celle du Phénix en égard à la prévalence des limitations liées à la mobilité et
à l’agilité.
2.2.2 La visibilité de la condition de la personne handicapée
Le niveau de sensibilité de la population à la réalité de la personne ayant une
limitation semble relativement peu élevé. On mésestime généralement la masse
Lalande & Associés
Page 41 sur 131
critique que représente ce segment. Comment expliquer cette perception erronée? La
visibilité de l’handicap pourrait être partiellement en cause.
Visibilité de la condition
40,3%
Condition apparente
Condition cachée
59,7%
De fait, en vertu des données recueillies, plus de
40% des personnes ayant un
handicap auraient des limitations non-perceptibles.
En l’occurrence, l’éveil de la
communauté à leurs besoins passerait par la revendication et l’éducation. De plus,
selon la directrice générale du Phénix, leur condition cachée pourrait avoir un impact
beaucoup plus important sur les services leur étant offert qu’on ne pourrait le croire à
prime abord.
2.2.3 La permanence de la condition
Les limitations sont de nature essentiellement permanente, s’il faut se fier aux
données du sondage. Cela implique que les limitations ne sont pas susceptibles de
s’estomper avec le temps. Il vaudrait donc la peine d’implanter des mesures
concrètes à long terme, d’autant plus que la courbe démographique (vieillissement de
la population) contribuera à l’amplification des besoins sur l’ensemble du territoire.
Répondants
%
Condition permanente
486
83
Ne sait pas
69
12
Condition temporaire
32
5
Total
587
100
Lalande & Associés
Page 42 sur 131
2.2.4 Fréquence d’utilisation d’un fauteuil roulant (ou un triporteur)
Utilisation d'un fauteuil roulant
15,4%
Jamais
Utilisation
22,6%
permanente
62,0%
Utilisation
occasionnelle
Ainsi, 38% des personnes handicapées de Prescott-Russell utiliseraient un fauteuil
roulant ou un triporteur, de manière permanente ou ponctuelle, lors de leur
déplacement. Le tableau suivant illustre l’ampleur de la situation découlant de cette
inférence pour les diverses municipalités de Prescott-Russell.
Municipalités de Prescott-Russell
A. Personnes ayant une limitation
B. Personnes recourant à un fauteuil
(Inférence: 13.5% de la population)
roulant ou triporteur (38% de A)
Clarence-Rockland
2 807
1067
Russell
1 874
712
Hawkesbury
1 467
558
Nation
1 437
546
Champlain
1 172
445
Alfred-Plantagenet
1 168
444
Hawkesbury-Est
455
173
Casselman
445
169
Total
10 825
4 114
Ici encore, le vieillissement de la population contribuera à l’accroissement des
personnes à mobilité réduite au cours des prochaines années.
2.2.5 Commentaires des répondants portant sur la dimension « Condition »
Le sondage fondant la présente étude offrait la possibilité aux répondants de
commenter chacune des sections du questionnaire. Pour ce qui est de la section
« Condition », ces commentaires retenus permettent d’apposer un visage, une réalité
sur une série de statistiques qui parfois peuvent paraître anonymes.
Sa condition ne s’améliorera pas. Il est parfois l’homme que j’ai marié et parfois
c’est un inconnu.
La société associe la canne blanche à personne aveugle; cela me gêne d’être
identifié; la canne rend visible mon handicap.
Le groupe de soutien permet de sortir de l’isolement. Mon handicap est caché; les
gens ne croient pas que c’est souffrant.
Lalande & Associés
Page 43 sur 131
La société voit surtout un handicap visible, par ex un fauteuil roulant. Toute
personne qui souffre a une limitation.
Lalande & Associés
Page 44 sur 131
2.3 LE LOGEMENT ET LA PERSONNE HANDICAPÉE
2.3.1 Désir de déménager hors de Prescott-Russell
Désir de déménager
22,2%
Oui
Non
77,8%
Les personnes ayant une limitation se sentent généralement bien accueillies dans
Prescott-Russell. Bien que l’étude ne le précise pas, le milieu de vie, la qualité et la
proximité des services, et possiblement le coût de vie moins élevé nous paraissent des
déterminants de cette attitude.
Chez les répondants manifestant un désir de déménager, les motifs suivants sont
évoqués :
des services accessibles
un emploi répondant à mes attentes
davantage d’activités sociales et culturelles
proximité des services médicaux
proximité de la famille
Ces observations faites, il nous semble utile de tempérer les résultats. Logiquement,
seulement 129 personnes (ou 22.2% des répondants) auraient dû répondre à la
question des motifs du désir de déménager, puisque celle-ci était reliée à la question
précédente, celle du désir de déménager. Or, nous avons obtenu 156 réponses.
L’écart au niveau du nombre de répondants indique une mésinterprétation de la
question.
Nous risquons une explication : Plusieurs répondants, se substituant à une personne
souhaitant déménager, supputèrent sur les motifs potentiels pouvant susciter le désir
de déménager de la région. Aussi, les réponses camouflent possiblement une autre
réalité, soit les désirs profonds des répondants quant aux améliorations souhaitées à
leur milieu de vie.
Lalande & Associés
Page 45 sur 131
2.3.2 Milieu de vie
Répondants
%
Village
289
49%
Ville
163
28%
Campagne
135
23%
Total
587
100%
Les répondants proviennent majoritairement d’un milieu urbain (28%) ou semi-urbain
(49%). La tendance lourde à l’urbanisation mènera probablement à une polarisation
de la population, et des personnes ayant une limitation, dans les principales
agglomérations de Prescott-Russell. Ainsi, Rockland, Embrun, Casselman et
Hawkesbury devraient bénéficier de cette mouvance sociale. L’accès aux services de
proximité et les difficultés liées au transport en région rurale seraient au nombre des
principaux déterminants de ce phénomène.
2.3.3 Type d’hébergement
En lien avec le point 2.0.5 discuté précédemment, davantage de répondants ont
précisé leur situation d’hébergement. Offrant une panoplie de possibilités, la question
présente un portrait réaliste de la personne ayant une limitation.
Hébergement
Répondants
%
Avec conjoint(e)
169
28%
Seule
104
18%
Avec conjoint et enfant(s)
90
15%
Chez vos parents
79
13%
En foyer de groupe
74
12%
Autres : familles d’accueil et
37
6%
ressources de type familial
Avec enfant(s)
24
4%
Chez vos enfants
9
2%
Avec co-locataire
4
1%
Avec ami(e)
4
1%
Total
594
100%
Sentiment de sécurité chez les personnes ayant un handicap
Répondants
%
Oui
543
92.7
Non
43
7.3%
Total
586
100.0%
En égard à leur milieu de vie, les personnes ayant une limitation affirment
généralement s’y sentir en sécurité. Ceci dit, une mise en garde s’impose : certains
milieux se trouvent surreprésentés au sein du sondage, invalidant toute forme de
généralisation concernant la conjoncture spécifique des municipalités. Règle
générale, plus le milieu est populeux, plus le sentiment d’insécurité s’affirme. Les
milieux « ruraux » génèrent le moins d’appréhension.
Lalande & Associés
Page 46 sur 131
2.3.4 Besoins d’un logement adapté
Besoins pour logement adapté
29,7%
Oui
Non
70,3%
En vertu de l’inférence statistique, nous reconnaissons que 29.7% des individus ayant
des limitations fonctionnelles expriment un besoin pour un logement adapté. En
recourant à l’inférence statistique, et en présumant une population distribuée
normalement, nous arrivons à dresser le portrait suivant :
Municipalités de Prescott-Russell
A. Personnes ayant une limitation
B. Personnes nécessitant un logement
(Inférence: 13.5% de la population)
adapté (29.7% de A)
Clarence-Rockland
2 807
834
Russell
1 874
557
Hawkesbury
1 467
436
Nation
1 437
427
Champlain
1 172
348
Alfred-Plantagenet
1 168
347
Hawkesbury-Est
455
135
Casselman
445
132
Total
10 825
3 216
Bien que conscient du déséquilibre statistique que comporte l’échantillonnage, nous
jugeons utile de souligner que les besoins les plus pressants semblent présents dans
les municipalités de
Alfred-Plantagenet
Clarence-Rockland
Hawkesbury
Russell
La convergence de la population vers les pôles urbains de Prescott-Russell n’est
sûrement pas étrangère à l’amplitude des besoins chez les municipalités mentionnées.
Il est utile d’indiquer que les municipalités d’Alfred-Plantagenet, de Clarence-
Rockland et de Hawkesbury sont dotées de corporations de logement, justement pour
être en mesure de répondre aux besoins de la population en matière de logements
adaptés. De plus, l’ensemble des municipalités, sauf Hawkesbury-Est, proposent des
Lalande & Associés
Page 47 sur 131
corporations de logement spécifiquement pour les aînés. Sans prétendre évaluer la
performance de ces organismes, force est de constater le clivage existant entre les
ressources disponibles et les attentes de la population en égard à ce type de logement.
2.3.5 Temps d’attente pour accéder à un logement adapté
Attente pour logement adapté
100
80
80
60
37
40
14
11
7
20
1
0
Durée d'attente (en mois)
Le graphique atteste de la patience que doit démontrer une personne en attente d’un
logement adapté. Au-delà des statistiques, quelques cas nous interpellent :
12 personnes attendent depuis 6 ans
3 personnes attendent depuis 7 ans
4 personnes attendent depuis 8 ans
1 personne attend depuis 10 ans
1 personne attend depuis 16 ans
1 personne attend depuis 23 ans
Dans une société dite « riche » comme la nôtre, une question se pose. Quelle est la
limite de l’acceptabilité en matière d’attente pour l’accès à un logement adapté ? Les
décideurs auraient possiblement avantage à se doter d’indicateurs de performance de
sorte à évaluer la portée des investissements en fonds publics et à corriger
promptement les écarts constatés.
2.3.6 Temps d’attente - Classification par municipalité
À la lumière des réponses obtenues, examinons de plus près dans quelle municipalité
l’attente d’un logement adapté est la plus longue.
Lalande & Associés
Page 48 sur 131
Attente par municipalité
120
97
100
80
60
33
40
23
15
14
14
10
9
20
0
Municipalités
Note : La donnée portant sur Hawkesbury-est s’avère biaisée en raison du peu de
répondants provenant de cette municipalité ainsi que de réponses situées aux
extrémités du continuum pour cette municipalité, soit 2 mois dans un cas et 96 mois
dans l’autre.
Le tableau met en évidence la situation plus difficile prévalant dans les municipalités
de Hawkesbury et de Russell. Sans vouloir excuser la problématique soulevée, nous
reconnaissons que la pression occasionnée par l’arrivée de nouveaux citoyens dans
ces agglomérations est propice à alimenter l’attente, la demande étant possiblement
plus forte que dans la ruralité régionale. La sensibilisation des décideurs constitue un
premier pas vers l’élaboration de stratégies contingentes.
2.3.7 Type d’adaptation requise au logement
Adaptations
Répondants
Accessible aux personnes à mobilité réduite
172
Accessible aux personnes utilisatrices d’un fauteuil roulant
100
Adapté aux besoins d’une personne ayant un handicap visuel
37
Adapté aux besoins d’une personne ayant un handicap auditif
29
Adapté aux personnes ayant des allergies
26
Autres
96
L’accessibilité se révèle l’une des perspectives dominantes de l’étude. La dimension
« mobilité » rejoint le plus grand nombre de répondants à l’échelle régionale. Ce type
de limitation est également prépondérant au sein des statistiques nationales et
provinciales portant sur la personne handicapée.
De même, la population évoque spontanément une limitation physique ou une
difficulté associée à la mobilité réduite lorsque la question de la perception d’une
personne handicapée est soulevée. L’apparence de la condition et la fréquence des
contacts avec des personnes à mobilité réduite façonnent les à prioris.
Lalande & Associés
Page 49 sur 131
2.3.8 Situation actuelle du logement
Des répondants, 41% indiquent avoir accès à un logement adapté à leurs besoins,
alors que 24% n’ont pas accès à pareille ressource.
Répondants
%
Oui
232
41
Non
134
24
Pas nécessaire
193
35
Total
559
100%
Chez les personnes ayant répondu négativement, divers facteurs sont évoqués comme
éléments décisifs menant à ne pas procéder à des travaux de rénovations. Le manque
de ressources financières constitue le principal obstacle identifié par ces individus.
Motifs du logement non-adapté
100
77
80
58
60
40
23
21
18
15
20
0
Ressources
Propriétaire
Prévoit
Logement
Attente d’un
Autres
financières
non-réceptif
déménager non-adaptable programme
limitées
d’aide
financière
2.3.9 Ressources financières les plus exploitées
Pour ceux qui procèdent avec leur projet visant à rendre accessible leur résidence, la
plupart recourent à l’autofinancement. Ils optent alors pour piger dans leurs
économies, ou encore, si la situation s’y prête, pour ré-hypothéquer leur propriété. Ce
scénario implique une capacité de remboursement de la créance hypothécaire. Or,
comme il en fut question précédemment, les revenus déclarés par les personnes
handicapées sont susceptibles de limiter leur accès au crédit conventionnel. Quant
aux locataires ayant un handicap, ils doivent s’en remettre aux bonnes grâces de leur
propriétaire.
Il existe d’autres sources de fonds pouvant suppléer aux rénovations domiciliaires,
tels les programmes gouvernementaux et les assurances privées. Dans l’ensemble,
ces moyens ne semblent pas prisés des personnes ayant une limitation. Nous risquons
comme hypothèse que les tracasseries administratives et les délais de décisions
constituent des barrières qui peuvent sembler insurmontables à plus d’un.
Lalande & Associés
Page 50 sur 131
Sources de fonds pour rénovations
120
104
100
91
80
60
40
15
13
20
9
0
Auto-
Assurances
SCHL
PAREL
Autres
financement
privées
*Notes :
PAREL : Programme d’aide à la remise en état des logements pour personnes
handicapées-propriétaires occupants et aux propriétaires bailleurs de fonds
SCHL : Société canadienne d’hypothèque et de logement
- Programme d’aide
financière aux propriétaires-occupants et aux propriétaires bailleurs de la Société
canadienne d’hypothèques et de logement
2.3.10 Logement adapté et niveau de satisfaction
Chez les personnes qui disposent d’un logement adapté, la majorité (69%) se dit
satisfait des modifications apportées. Un certain nombre d’individus manifestent
cependant une insatisfaction qu’ils attribuent à divers motifs.
Motifs d'insatisfaction des rénovations
Manque de
ressources
financières
25,2%
Contremaître
méconnaît mes
besoins
49,0%
Manque
d’inform ation sur le
16,1%
matériel adapté
disponible
9,8%
Autres
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Page 51 sur 131
2.3.11 Enquête sur la participation et les limitations d’activité - un aperçu
L’Enquête sur la participation et les limitations d’activités
(EPLA, 2001) s’est
penchée, dans une certaine mesure, sur la situation du logement des personnes
handicapées de 15 à 64 ans. Les statistiques ontariennes à cet égard nous conduisent
aux constats suivants :
Les répondants ont évoqué les coûts comme raison principale aux besoins non
comblés
Quant aux modifications nécessaires, 48% des répondants ont déclaré avoir toutes
les modifications nécessaires tandis que 36% n’utilisent pas de modifications
mais en aurait besoin. L’EPLA conseille toutefois d’utiliser cette statistique avec
prudence.
2.3.12 Étude du Front communautaire d’Ottawa sur les logements des
personnes handicapées
En ce qui a trait aux types de logement où habitent ces personnes, l’étude effectuée
par le Front communautaire à Ottawa (2002) a relevé qu’elles résident dans les lieux
suivants :
Accommodement privé : 75% (propriétaire ou locataire)
Logement de soins de longue durée : 11%
Logement avec services sur place : 8%
Foyer de groupe : 4%
Bien que 80% des répondants de l’étude vivent à l’endroit de leur choix, 20% doivent
se résigner à habiter un logement inadéquat pour eux. Nous soulignons les
principales justifications évoquées par les répondants:
absence de logements appropriés aux besoins sur le marché
capacité de payer des répondants dans le cadre d’une offre de services de vie
autonome.
Enfin, 31% des individus souhaiteraient que leur logement actuel soit mieux adapté à
leurs besoins. Ils désireraient également avoir accès à du soutien pour effectuer des
travaux ménagers.
Pour ce qui est de la perspective
« Logement », l’étude soulève certaines
problématiques ainsi que des besoins spécifiques qui pourraient aisément être intégrés
à un plan d’action futur. Les commentaires des répondants ajoutent également la
réelle couleur de leur situation.
Problématiques soulevées
Certains entrepreneurs en construction n’exécutent pas toujours les travaux de
rénovations répondant aux besoins
Certains propriétaires ont besoin d’être davantage sensibilisés aux besoins
d’adaptation exprimés par de leurs locataires.
Lalande & Associés
Page 52 sur 131
Besoins manifestés
Équipement : appui dans la salle de bain, bain, rampe, lit électrique, triporteur, lift
hydraulique, douche adaptée, détecteur de fumée qui fait vibrer le lit et un
réveille-matin qui fait vibrer le lit, une salle de lavage au premier étage, un accès
au deuxième étage, salle de bain plus spacieuse, comptoirs abaissés, portes
automatiques dans l’ensemble de la municipalité
Demande récurrent de logements adaptés
Besoin de plus de services pour les personnes ayant une limitation auditive dans
Prescott-Russell; les services spécialisés sont offerts essentiellement à Ottawa
Besoins non comblés en matière de logement à prix modique pour femmes seules,
personnes seules et les familles
Ressources financières servant à effectuer des travaux de rénovations.
2.3.13 Commentaires des répondants portant sur la dimension « Logement »
Commentaires positifs
J’ai un très bon propriétaire.
Commentaires négatifs
On doit se battre quotidiennement pour obtenir un logement adapté dans notre
municipalité.
Even though my apartment is not adapted to my needs, I've been there so long,
I'm used to it.
People know what the needs are but will ignore them; they do not try and are not
interested to accommodate disabled.
Trop de logements adaptés ne sont pas habités par des personnes qui en ont
besoin.
Je ne peux me permettre de faire des rénovations à ma maison.
Je garde une lampe de poche à mon chevet pour diminuer le danger en cas d’urgence.
Lalande & Associés
Page 53 sur 131
2.4 LA SANTÉ ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.4.1 Accès aux soins de santé
Facilité d’accès
Très difficile <-
---------
-> Très facile
Services réguliers
1
2
3
4
5
Nombre (585)
48
54
136
159
188
%
8%
9%
24%
27%
32%
Facilité d’accès
Très difficile <-
---------
-> Très facile
Services spécialisés
1
2
3
4
5
Nombre (569)
75
86
140
146
122
%
13
15
25
26
21
En égard à la question d’accessibilité des soins de santé, le mode (valeur la plus
souvent cochée) se situe entre 4 (plutôt facile) et 5 (très facile). La méthode de la
moyenne pondérée indique un niveau de facilité d’accès de 3.7 pour les services
réguliers, et de 3.3 pour ce qui est des services spécialisés. L’accès au service de
santé ne serait donc pas problématique pour les personnes ayant une limitation
résidant dans Prescott-Russell
Facilité d'accès aux soins de santé
35%
32%
30%
27%
25%
25%
24%
26%
21%
20%
15%
Soins réguliers
13%
Soins spécialisés
15%
10%
9%
8%
5%
0%
Très difficile Plutôt difficile Satisfaisant Plutôt facile
Très facile
Il existe une légère variance au niveau de l’accès selon que les soins soient réguliers
ou spécialisés. De fait, les répondants estiment l’accès aux services spécialisés plus
difficile. La rareté de médecins spécialistes, associée à une demande croissante
soutenue par le vieillissement de la population, contribue assurément à la difficulté
d’accès ressenti par les répondants.
Lalande & Associés
Page 54 sur 131
Langue et préférence linguistique des services de santé
Préférence quant à la langue de
Français
Anglais
Aucune préférence
prestation des services réguliers
375 (64%)
105 (18%)
107 (18%)
(Répondants : 587)
Préférence quant à la langue de
Français
Anglais
Aucune préférence
prestation des services spécialisés
371 (64%)
103 (18%)
107 (18%)
(Répondants : 581)
Le ratio français/anglais démontré ci-dessus est légèrement supérieur au profil
général de l’échantillon qui se situe à 57% de francophones, tel que démontré au
point 2.0.6. Règle générale, les individus préfèrent avoir accès à des services de santé
dans la langue qui leur est la plus familière. En période de stress ou de douleur, les
gens sont peu enclins à feuilleter le dictionnaire pour parvenir à exprimer leur
situation.
2.4.2 Accès à des services de santé dans la langue de choix
Services réguliers rendus dans la langue de choix
Oui
Non
(Répondants : 589)
544 (92%)
45 (7%)
Services spécialisés rendus dans la langue de choix
Oui
Non
(Répondants : 578)
477 (83%)
101 (17%)
Les répondants affirment avoir généralement accès aux services de santé dans la
langue de leur choix, quoique les services spécialisés obtiennent un résultat quelque
peu inférieur. Logiquement, plus la ressource est rare, plus les gens seront disposés à
faire des compromis. Avec la pénurie de personnel que connaît le système de santé
actuellement, les personnes en besoin devront sans doute démontrer davantage de
flexibilité sur la langue de service de façon à accroître leur accès à un médecin dans
un délai raisonnable.
2.4.3 Répondants insatisfaits en raison de la langue de prestation des services de
santé
Total des insatisfaits
Répondants désirant
Répondants désirant
Aucune préférence
Services réguliers
que le service soit
que le service soit
offert en français
offert en anglais
46
42
1
3
%
91%
2%
7%
Total des insatisfaits
Répondants désirant
Répondants désirant
Aucune préférence
Services spécialisés
que le service soit
que le service soit
offert en français
offert en anglais
107
99
6
2
%
93%
6%
1%
Chez les gens n’ayant pas accès aux services de santé dans la langue de leur choix, la
vaste majorité des répondants désirerait que les services leur soient offerts en
français. Sans plus s’étendre sur le sujet, l’étude tend à confirmer qu’en Ontario,
même en situation majoritaire comme c’est le cas dans Prescott-Russell, les
Lalande & Associés
Page 55 sur 131
francophones ayant un handicap éprouvent davantage de difficultés à obtenir des
services fondamentaux dans leur langue que leurs concitoyens anglophones.
2.4.4 Synthèse des données secondaires ayant traits aux soins de santé
Les fiches d’information du Conseil canadien du développement social (CCDS) tirées
de l’Enquête nationale sur la santé des populations 1998-1999 (ENSP) et l’Enquête
sur la santé dans les collectivités canadiennes
2000-2001 (ESCC) de Statistique
Canada présentent diverses données liées spécifiquement à la santé ainsi qu’à l’accès
à des services de santé pour les personnes ayant une limitation.
Dans une fiche d’information émise en 2003, l’Enquête de 1998-1999 sur la santé de
la population (ENSP) indiquait que
34% des personnes handicapées considéraient leur santé comme passable à
mauvaise comparativement à 2.9% pour la population en générale.
Un an plus tard, la fiche d’information émise en 2004 portant sur les résultats de
l’Enquête de 2000-2001 sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), le
taux avait légèrement augmenté à 35%.
Cette même fiche d’information (CCDS, 2004) faisait état des problèmes de santé les
plus souvent mentionnés par les personnes ayant une limitation, lorsque comparées à
l’ensemble de la population. Autant les hommes que les femmes handicapées sont
généralement en moins bonne santé. Elles souffriraient davantage des affections
suivantes :
Hypertension artérielle
Maladies cardiaques
Asthme
Arthrite et rhumatismes (liées à l’âge)
Diabète
Migraines
L’accès à un médecin de famille a également fait l’objet d’une publication (CCDS,
2004). Ainsi, à l’échelle nationale, les personnes ayant une limitation ont plus de
chance (90%) d’avoir un médecin de famille que la population en générale (82%). En
Ontario, le taux est encore plus élevé : 94 % des personnes ayant un handicap ont un
médecin de famille comparativement à 89,6% pour l’ensemble de la population.
D’autres études ont aussi abordé le sujet de l’accès aux soins de santé. L’article de
Peat
(1997) du Canadian Medical Association Journal expose sommairement la
problématique de l’accès des soins de santé par les personnes ayant une limitation.
L’article reconnaît entre autre :
Un manque évident d’ouverture d’esprit des professionnels de la santé face à
l’adaptation physique de leurs bureaux
Une attitude négative démontrée envers ces personnes
Lalande & Associés
Page 56 sur 131
Cependant,
les programmes de soins communautaires sont davantage inclusifs face à la
diversité de clientèles
les programmes ouvrent la porte à la pleine participation, à la reconnaissance des
compétences et aux habiletés des personnes ayant une limitation.
En guise de solution, l’auteur propose l’établissement de liens solides entre les
professionnels de la santé et la communauté afin de modifier graduellement les
attitudes d’exclusion qui demeurent encore très présentes.
Dans la même veine que l’article précédent, Marks et Teasell
(2006) se sont
également penchés sur l’accès aux soins de santé pour les personnes handicapées.
Dans ce second article du Canadian Medical Association Journal, les auteurs
soulignent l’importance pour les médecins de travailler avec la communauté à une
meilleure intégration des personnes ayant une limitation. Certaines prédispositions
sont essentielles, telles
une meilleure compréhension des besoins des personnes nécessitant des services
accessibles
la nécessité de rendre accessible tous les bureaux
l’accessibilité ne se limitant pas à l’aspect physique des lieux mais vise également
des attitudes, des comportements d’ouverture envers les personnes ayant une
limitation
la disponibilité de programmes et de services communautaires en matière de
réadaptation comparativement à un système dirigé par les hôpitaux et les
médecins est plus «socialement approprié, efficace en terme de coûts ».
Source : Marks et Teasell (2006), p. 658.
L’accès aux soins de santé en milieu rural a fait l’objet d’un travail par les
psychologues McIlwraith et Dyck (date inconnue). Leur document Pour de meilleurs
soins de santé en régions rurales : l’apport de la science et la pratique de la
psychologie introduits certains constats directement liés à la présente étude,
nommément :
les personnes ayant une limitation ont moins accès à des services de réadaptation,
d’installations communautaires en milieu rural, au transport adapté et ont de plus
grandes distances à parcourir
la promotion de la santé est plus difficile d’accès ainsi que l’éducation à la santé
et aux services de prévention de la maladie
les services de santé mentale sont également moins nombreux et moins
accessibles.
Pour leur part, Jones et Tamari (1997) dressent une liste de recommandations plutôt
exhaustives afin d’orienter les professionnels de la santé dans l’adoption de mesures
d’accessibilité universelle de leurs bureaux. De l’accueil à la sortie d’un patient, un
nombre important de détails sont présentés afin qu’un professionnel de la santé puisse
adapter son offre aux besoins des personnes ayant des limitations. Ils proposent un
Lalande & Associés
Page 57 sur 131
plan d’action et un guide d’implantation des mesures suggérées. Le lecteur intéressé
pourra accéder à ces recommandations en consultant le site Internet du Canadian
Medical Association Journal.
Nouvellement promulguée, la Loi 2005 sur l’accessibilité des personnes handicapées
de l’Ontario et ses normes afférentes stipule pour sa part que les cliniques médicales
ontariennes
(définies comme tout endroit où une offre de services de santé est
disponible), au même titre que toute organisation publique, parapublique et privée,
sont visées par la législation. À la lumière d’une discussion avec un membre du
personnel de la Direction générale de l’Accessibilité du Ministère des services
sociaux et communautaires de l’Ontario, toutes les cliniques médicales devront être
accessibles d’une perspective de service à la clientèle, du milieu bâti, de l’offre
d’information et de communication, ainsi que d’un point de vue de dotation.
Concernant la santé des francophones, Picard et Alaire (2005) de l’Institut franco-
ontarien de l’Université Laurentienne à Sudbury ont dressé un portrait de la situation
ontarienne. Utilisant les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités
canadiennes de 2000-2001 (ESCC) et des données du Recensement 2001, les auteurs
établissent un parallèle entre la santé des francophones de l’Ontario à celle de deux
autres groupes sociolinguistiques, les anglophones et les allophones.
Quelques données s’avèrent d’intérêt dans le contexte de la présente étude :
les francophones ont une moins bonne perception de leur santé que les deux
autres groupes linguistiques
les francophones déclarent plus fréquemment avoir eu besoin d’aide pour une
activité de vie quotidienne
les maladies chroniques ne sont pas plus présentes chez les francophones que
chez les deux autres groupes sociolinguistiques, sauf pour ce qui est des maladies
cardiaques
les maladies chroniques augmentent avec l’âge et diminuent avec l’augmentation
des revenus.
Au chapitre des bonnes nouvelles, la situation des francophones s’est améliorée en ce
qui a trait à la consultation en santé mentale. En effet, dans l’est ontarien, une plus
grande proportion de francophones a consulté un professionnel de la santé mentale.
Il est à noter que cette étude ne cerne pas particulièrement les personnes ayant une
limitation.
Pour clore la revue de littérature afférente à l’accès aux soins de santé, l’édition 2004
du document Vers l’intégration des personnes handicapées du Gouvernement du
Canada énonce les faits suivants en ce qui concerne ce segment de population :
25% des adultes considèrent leur santé comme passable à mauvaise
comparativement à moins de 5% pour la population en générale ;
Lalande & Associés
Page 58 sur 131
Celles qui se considèrent en meilleure santé déclarent les revenus les plus élevés,
ont complété des études post-secondaires et exercent un travail continu toute
l’année.
2.4.5 Les fleurs et les pots
Tout au long de la présente section, des problématiques et des besoins spécifiques
furent soulignés par les répondants. Ces observations sont susceptibles d’alimenter
des stratégies éventuellement intégrées à un plan d’action concerté applicable à la
région de Prescott-Russell.
Les fleurs…
Aucune difficulté à avoir des services en français
Le médecin se déplace chez moi (résidence pour personnes âgées)
Les pots…
Je ne reçois pas toujours les services dans la langue de mon choix
Aucun spécialiste qui parle français dans certains hôpitaux en ville
L’accès à un médecin de famille est problématique pour un certain nombre de
répondants
L’attente est trop longue pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste ou pour
un examen annuel
Expérience difficile à l’urgence d’un hôpital
Les déplacements à Ottawa hypothèquent la condition de santé de nombreux
répondants
Certains se déplacent à Cornwall pour voir un médecin.
Les besoins…
Portes automatiques ou bouton poussoir pour accéder physiquement à plusieurs
cliniques médicales dans Prescott-Russell
Spécialistes dans Prescott-Russell ainsi qu’à Ottawa
Spécialiste en santé mentale (psychiatre et psychologue)
Augmentation du transport en nombre suffisant
Augmentation du soutien financier pour payer le transport.
2.4.6 Commentaires de répondants portant sur la dimension « Accès aux soins
de santé »
Si tu veux des soins rapidement, il faut prendre ce qu’il y a en français ou en
anglais.
Lalande & Associés
Page 59 sur 131
2.5 LES BESOINS SPÉCIAUX ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.5.1 Types de besoins spéciaux et pourvoyeurs attitrés
Éducation/formation
54
15
11
12
35
8
135
40%
11%
8%
9%
26%
6%
100%
Emploi
26
3
0
3
18
7
57
46%
5%
0%
5%
32%
12%
100%
Entretien extérieur
207
1
1
5
27
19
260
80%
0.5%
.5%
2%
10%
7%
100%
Loisirs
187
4
3
8
45
37
284
66%
1%
1%
3%
16%
13%
100%
Magasinage
265
2
3
6
45
35
356
73%
1%
1%
2%
13%
10%
100%
Physiothérapie
29
61
48
10
19
4
171
17%
36%
28%
6%
11%
2%
100%
Préparation
des
188
1
3
10
44
12
258
repas
72%
0.5%
1.5%
4%
17%
5%
100%
Réadaptation
31
16
18
16
12
7
100
31%
16%
18%
16%
12%
7%
100%
Soins
de santé
53
31
112
16
17
7
236
spécialisés
23%
13%
47%
7%
7%
3%
100%
Soins personnels
125
2
23
36
78
10
274
46%
1%
8%
13%
28%
4%
100%
Sorties sociales
203
6
1
5
50
28
293
69%
2%
0.5%
2%
17%
9.5%
100%
Tâches ménagères
220
1
2
17
91
19
350
63%
0.33%
0.66%
5%
26%
5%
100%
Transport
246
1
2
5
55
48
357
70%
0.33
0.66
1%
15%
13%
100%
Total
1834
144
227
149
536
241
3131
Poids relatif
58%
5%
7%
5%
17%
8%
100%
Note : Les répondants pouvaient cocher plus d’une option.
Cette question recueille une information particulièrement dense pouvant prêter à une
myriade d’observations. Dans le cas présent, nous nous contenterons d’en soutirer les
résultats les plus probants en lien avec les objectifs et sous-objectifs particuliers de
l’étude.
Le tableau met en lumière une évidence :
les membres de la famille sont les personnes les plus sollicitées pour répondre à
l’ensemble des besoins identifiés par les répondants, à l’exception des soins qui
nécessitent une intervention spécialisée.
Lalande & Associés
Page 60 sur 131
Lorsque c’est le cas, le thérapeute et l’infirmier.ère jouent un rôle d’intervenants de
première ligne.
Soutiens et aidants naturels
70,0%
58,6%
60,0%
50,0%
40,0%
30,0%
17,1%
20,0%
7,7%
7,3%
10,0%
4,8%
4,6%
0,0%
En égard à la physiothérapie, 17% des répondants indiquent tout de même se tourner
vers les membres de leur famille pour combler ce type de besoin. Quant aux services
de soins spécialisés, 23% des personnes recourraient à leurs proches pour assouvir ce
besoin spécifique.
Quant à eux, les préposés en soutien personnel sont surtout sollicités pour combler les
besoins de tâches ménagères, de soins personnels, de transport, de sorties sociales
ainsi que de loisirs. La préparation des repas conclut la liste de besoins les plus
souvent mentionnés par les répondants dans cette catégorie.
Pour ce qui est des services de bénévoles, ils sont surtout requis pour répondre aux
besoins de transport, de loisirs et de magasinage.
Enfin, les ressources dédiées à l’aide en soins de santé non « certifié » comble
essentiellement des besoins de soins personnels.
Dans certains cas, le thérapeute sera appelé à combler des besoins très diversifiés.
Cet intervenant aura alors à démontrer de la flexibilité et une grande polyvalence,
répondant aux besoins en éducation, en soutien en emploi, en entretien extérieur, en
loisirs, en magasinage, en physiothérapie, en préparation des repas, en réadaptation,
en soins de santé spécialisés, en soins personnels, en sorties sociales, en tâches
ménagères et en transport. Ouf!!!
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Page 61 sur 131
Prépondérance des besoins
400
357
356
350
350
293
284
274
300
260
258
250
200
150
100
50
0
2.5.2 Suffisance de l’aide reçue (en terme d’heures) en considération des besoins
spéciaux
Aide jugée suffisante
Aide jugée insuffisante
163
148
52%
48%
Un peu plus de la moitié des répondants jugent l’aide reçue suffisante, et ce, en terme
d’heures. Cette observation laisserait tout de même près de la moitié de la population
des personnes ayant une limitation en état de besoins. En effet, 131 personnes ont
exprimé faire l’achat supplémentaire d’heures de services personnels. Ainsi,
85
personnes soit 65% des répondants ont « acheté » des heures supplémentaires.
2.5.3 Niveau de satisfaction en égard aux services reçus
Très insatisfait <-
---------
-> Très satisfait
1
2
3
4
5
Nombre (424)
51
49
98
114
112
%
12%
12%
23%
27%
26%
Lorsque les services sont effectivement reçus, ils semblent généralement satisfaire les
attentes des prestataires. En recourant à la méthode de la moyenne pondérée, nous
obtenons une tendance centrale de
3.4, ou mitoyenne. Or, de plus en plus
d’organisations recherchent la satisfaction totale de leur clientèle. Il y aurait donc
place pour amélioration de cet indicateur, et concrètement, pour une amélioration de
la qualité de services rendus aux personnes handicapées.
Lalande & Associés
Page 62 sur 131
Niveau de satisfaction des services reçus
30,0%
26,9%
26,4%
23,1%
25,0%
20,0%
15,0%
12,0%
11,6%
10,0%
5,0%
0,0%
Très
Plutôt
Passable
Plutôt
Très
insatisfait
insatisfait
satisfait
satisfait
2.5.4 Besoins des répondants envers les services d’un interprète
Oui
Non
32
504
6%
94%
Les concepteurs désiraient détenir un portrait des besoins des personnes ayant une
limitation auditive et apte à utiliser les services d’un interprète, essentiellement en
égard à l’ASL (American Sign Language) et au LSQ (Langage signé du Québec).
Bien que la nécessité existe, elle nous paraît peu significative en égard à l’ensemble
des besoins de la population sondée. En effet, une seule personne a déclaré avoir
besoin des services d’un interprète en ASL.
2.5.5 Synthèse des données secondaires traitant de la dimension « Soutiens »
L’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA, 2001) traitant des
mesures de soutien à l’incapacité au Canada présente des statistiques provinciales
liées à l’utilisation d’appareils spécialisés, à l’aide aux activités quotidiennes et aux
sources d’aide possibles pour les personnes handicapées de 15 à 64 ans. Pour les fins
de la présente étude, nous traiterons essentiellement de l’aide aux activités
quotidiennes et des sources d’aide pour la province de l’Ontario.
Les mesures de soutien incluent les éléments suivants :
Préparation des repas
Travaux ménagers courants
Gros travaux ménagers
Déplacements (rendez-vous, épicerie)
Finances personnelles
Garde des enfants
Soins personnels
Déplacements à l’intérieur de la résidence
Lalande & Associés
Page 63 sur 131
En matière d’aide aux activités quotidiennes, 65% des répondants à l’EPLA (2001)
estiment recevoir toute l’aide nécessaire, alors que 27% reçoivent une aide jugée
insuffisante. En contrepartie, lorsque les besoins ne sont pas comblés entièrement,
trois éléments se démarquent :
les coûts outrepassent les moyens des répondants
la couverture d’assurance ne permet pas de répondre à un besoin particulier
l’aide n’est pas facilement identifiable et disponible.
Relativement aux sources d’aide, il est peu surprenant de constater que les répondants
à cette étude citent comme principal pourvoyeur les membres de la famille immédiate
vivant sous le même toit (76%) ainsi que des membres de la famille étendue (37%).
Des amis et voisins viennent également en aide aux répondants dans une proportion
de 25%. Arrivent finalement les agences et organismes (14%). Les sources d’aide
familiale sont considérées comme gratuites.
L’étude du Groupe Environics Research Group Limited (2004) au sujet des Attitudes
des Canadiennes et des Canadiens à l’égard de la condition des personnes
handicapées pour le Bureau de la condition des personnes handicapées
-
Développement social Canada confirme également, d’une perspective perceptuelle
que le soutien financier (52%) et l’aide pour les soins médicaux (24%), incluant les
soins à domicile, sont l’apanage des familles soutenant un membre ayant une
limitation.
Dans une de ses fiches d’information, le Conseil canadien du développement social
(CCDS, 2005) expose la problématique de l’effritement de l’aide
« formelle »
prodiguée par les agences de soutien à domicile. Ce type d’assistance est conçu
spécifiquement pour contribuer à prolonger le maintien à domicile de la personne
ayant une limitation. Or, on semble assister à un désengagement progressif des
agences appelées à soutenir, dans la communauté, les personnes handicapées.
En discourant sur leur cause, la courbe démographique nous interpelle
particulièrement :
le vieillissement de la population
le nombre grandissant de personnes qui auront des incapacités souvent liées à
l’âge
la dénatalité qui conduira éventuellement à la décroissance de l’aide informelle
disponible.
Tous ces facteurs sont susceptibles d’accroître les pressions sur les structures
formelles de soins publics et l’ampleur/la qualité du soutien que peuvent espérer
recevoir les personnes qui ont une limitation.
Pour sa part, le Front communautaire (2002) présente ses propres observations dans
le rapport intitulé Nous maximisons nos capitaux : Partenariat pour la participation
et l’intégration. Voici les principaux constats en matière de soins personnels:
48 % des répondants ont déclaré avoir besoin de soins personnels
Lalande & Associés
Page 64 sur 131
51 % des soins sont prodigués par du personnel rémunéré contre 33% par de la
famille et des amis; ces données vont à l’encontre d’autres études dont celle qui
fait l’objet de ce rapport
des soins personnels spécialisés n’étaient requis que par une faible minorité de
répondants
contrairement aux soins spécialisés, 70% des répondants ont mentionné avoir
besoin d’aide pour les travaux ménagers (cuisine, ménage, l’épicerie, travaux
autour de la maison). Dans ce type d’aide, la famille et les amis sont
principalement sollicités comme soutien (41%), contre 36% par un auxiliaire
familial rémunéré
les raisons principales liées aux difficultés d’obtention de certains
services seraient: réseau de services inadéquat, longues listes d’attentes,
information confuse, compressions budgétaires, capacité de payer, services peu
adaptés aux besoins, services peu accessibles.
Concernant la dimension
« Besoins spéciaux », certaines problématiques sont
soulevées. Les commentaires des répondants viennent confirmer les difficultés
cernées par la méthode statistique.
revenus insuffisants en matière de physiothérapie, d’adaptations, de soutien pour
effectuer des tâches ménagères
information inadéquate quant à l’aide et au soutien disponible
lacune en matière de transport dédié aux besoins spéciaux
la famille et les amis constituent des aides essentielles dans la majorité des
situations
plusieurs répondants relatent des bris de services sporadiquement rendant leur
quotidien insécurisant
l’absence de couverture d’assurance privée empêche certains répondants de
recevoir le soutien nécessaire
le manque de flexibilité du « système » exaspère certains répondants
certains répondants doivent se débrouiller seul, sans aide en dépit de besoins
importants.
2.5.6 Commentaires des répondants portant sur la dimension « Soutiens aux
besoins »
Commentaires positifs
I could use more help but I respect what I can get. The day I get more is the day I
will not be better.
C’est la famille qui me donne des soins et les voisins sont très serviables. Mon
réseau d’entraide est excellent.
Commentaires négatifs
Lalande & Associés
Page 65 sur 131
Je vis de l’insécurité face aux préposés. Seront-ils là au moment et comme prévu?
I would use the services but I have nobody to do it with me. I have no family and
I have to pay for transportation to medical appointments.
If it would not be for my loving husband, I don't know what I would do or where I
would go for all this help.
Je dois me débrouiller le plus possible par moi-même; je suis seul et je ne peux
pas me permettre financièrement de payer une personne pour m'aider. Je me
prive de sorties.
They only give her a certain amount of time to stay in treatment. It's not enough,
she falls back right to the beginning.
Lalande & Associés
Page 66 sur 131
2.6 LES DIVERTISSEMENTS ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
Les limitations ne semblent pas compromettre le nombre de sorties des répondants.
Les données indiquent approximativement 4 sorties par mois pour la plupart des
répondants, ce qui équivaut à une sortie par semaine environ. En y regardant de plus
près, nous constatons que plus le milieu est urbanisé, plus la fréquence des sorties est
élevée. Les occasions sont davantage présentes dans les localités plus populeuses.
De plus, le transport s’y avère un moins grand obstacle à la participation.
Municipalités
Nombre de sorties moyennes par mois
Hawkesbury
5.0
Alfred-Plantagenet
4.5
Clarence-Rockland
4.3
Russell
4.3
Casselman
4.2
Champlain
4.2
Nation
3
Hawkesbury-Est
2
2.6.1
Somme consacrée mensuellement aux activités récréatives par les
personnes handicapées
Dépenses discrétionnaires mensuelles
0,5%
4,2%
0,8%
6,7%
Moins de 100$
101$ à 200
$
18,0%
201$ à 300
$
301$ à 400
$
401$ à 500
$
69,7%
500$ +
Les données du sondage indiquent que les personnes handicapées allouent
généralement moins de 100$ par mois à leurs loisirs. Supputant que le revenu est
possiblement en cause, nous avons voulu établir un rapprochement entre le revenu
brut familial et l’ampleur des déboursés discrétionnaires.
Lalande & Associés
Page 67 sur 131
2.6.2 Couplage Déboursés mensuels / revenus bruts familiaux annuels
Déboursés
mensuels
Revenus
bruts
< 100$
187
86
56
34
30
30
423 (69%)
De 100$ à 200
$
21
15
30
15
13
15
109 (18%)
De 201$ à 300
$
8
5
6
9
7
7
42 (7%)
De 301 à 400$
5
3
5
9
3
2
27 (4%)
De 401$ à 500
$
0
0
2
2
0
0
4 (1%)
501$ +
1
0
1
3
0
0
5 (1%)
Total
222
109
100
72
53
54
610 (100%)
L’exercice nous amène à constater que, peu importe leur tranche de revenus, les
répondants dépensent généralement moins de 100$ par mois. Il nous paraît donc
intéressant de nous tourner vers le genre de sortie privilégié par ce segment de
population.
2.6.3 Participation à des activités sociales et culturelles
Types de sorties
600
485
473
500
400
271
300
200
159
148
100
0
Visite de
Repas au
Assister à
Participation
Participation
parents et
restaurant
des
à des
à des
amis
spectacles/à
activités
activités avec
un festival
culturelles
les enfants
Les activités mettant en valeur les relations humaines et la culture semblent avoir la
cote chez les répondants. À l’opposé, les activités de formation personnelle ne
recueillent qu’un faible nombre d’adhérents.
Lalande & Associés
Page 68 sur 131
2.6.4 Participation à des activités sportives ou de loisirs
Activités
Nombre
Activités de plein air
266
Balade de découverte de la région
111
Camping
95
Activités sportives
87
Assister à un match
69
Pratique de la pêche
57
Pratique de chasse sportive
10
Autres
119
Ébranlant les certitudes, les personnes ayant une limitation pratiquent également des
activités sportives et de loisirs, quoique à un moindre niveau. Les randonnées et
l’assistance à des matchs sportifs s’avèrent des activités populaires.
2.6.5 Diversité d’accompagnateurs lors des sorties
Sorties sociales
250
235
194
200
159
150
136
119
103
100
100
50
0
Elles possèdent également un réseau avec lequel elles effectuent des sorties
récréatives. Que ce soit en couple, avec les enfants, les amis, ou accompagnées d’un
aidant, les personnes ayant une limitation contribuent à l’activité économique de la
région de diverses façons.
Lalande & Associés
Page 69 sur 131
2.6.6 Confrontation à des obstacles lors des sorties dans Prescott-Russell
Oui
Non
322
217
59.7%
40.3%
Une majorité de répondants confirment rencontrer des obstacles contraignant leurs
activités sociales. Il semble que beaucoup reste à faire dans plusieurs municipalités
de Prescott-Russell afin de rendre la région davantage accessible, plus accueillante et
ouverte à leurs besoins. De sorte à identifier les enjeux, les répondants furent appelés
à dévoiler la nature des obstacles auxquels ils sont confrontés au quotidien.
2.6.7 Nature des obstacles constatés
Obstacles à l'accessibilité
160
141
134
140
123
120
105
101
93
100
80
57
60
40
20
0
Note : Plus d’une réponse était possible.
Considérant que la majorité des répondants déclarent une condition de mobilité
réduite, le manque d’accessibilité, le transport adapté défaillant et le manque
d’adaptation des activités briment leurs efforts d’inclusion à la collectivité de
Prescott-Russell.
L’accessibilité physique des lieux publics se démarque
particulièrement des résultats obtenus, et ceci, pour toutes les municipalités à
l’échelle des comtés-unis. Dans les circonstances, une volonté politique concertée
nous paraît une piste de solution opportune.
2.6.8 Contraintes d’accessibilité menant à pratiquer les loisirs hors de Prescott-
Russell
Oui
Non
208
304
40.6%
59.4%
Lalande & Associés
Page 70 sur 131
Il arrive aux personnes ayant une limitation de préférer s’adonner à une activité à
l’extérieur de Prescott-Russell en raison des contraintes d’accessibilité rencontrées.
Nous indiquons ci-dessous certaines occasions évoquées par plus de 300 répondants
au sondage…
Assister à des événements populaires, sportifs, des expositions, des festivals, des
spectacles
Effectuer une promenade en auto, en bateau
Fréquenter la bibliothèque
Jouer aux quilles, au bingo
Magasiner
Participer à des camps spécialisés ou non
Participer à des compétitions de billard
Participer à un tournoi sportif pour personnes handicapées physiquement ou non
Participer à une partie de sucre
Pratiquer des sports d’équipe
Pratiquer des sports plus individuels tels que le ski, l’hébertisme, l’escalade, le
go-kart, le patin à roues alignées, la pêche, la baignade, de l’équitation
Pratiquer l’artisanat
Pratiquer le camping
S’adonner au conditionnement physique
Sortir dans les bars, au casino, au théâtre, au cinéma, au restaurant
Visiter des attractions touristiques, les musées
Visiter la famille et les amis
L’exode de ces personnes désireuses d’assouvir leurs besoins en divertissement prive
la région d’un apport socio-économique considérable. Sans compter qu’une région
davantage accessible constituerait un pôle d’attraction pour cette clientèle, et donc
pour les dollars touristiques. Il s’agit d’une opportunité de marché pour le moment
peu exploité.
2.6.9 Synthèse des données secondaires portant sur l’aspect « Divertissements »
Notre recherche nous amena à parcourir deux études abordant le thème des sports et
des loisirs. Dans un premier temps, la firme Léger Marketing œuvrant pour le
compte de Kéroul, un organisme québécois spécialisé en adaptation touristique, a
sondé les comportements touristiques de Canadiens ayant des capacités physiques
restreintes. Le rapport intitulé Un marché en croissance Comportements touristiques
des personnes à capacité physique restreinte au Canada expose des constats fort
intéressants.
L’échantillon est formé de 1003 répondants de 25 ans et plus provenant de partout
au Canada; le segment spécifique le plus important des répondants est âgé de 65
ans et plus ; une majorité de répondants était soit retraité, sans emploi et au foyer ;
Les personnes ayant des capacités physiques restreintes voyagent autant que la
population générale ;
Elles séjournent à une distance de plus de 80 km de leur lieu du domicile et ainsi
passent au moins une nuitée hors de leur domicile quatre fois par année ;
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Selon cette étude, 37% des répondants ont déclaré voyager en famille et 32% en
couple comparativement à 18% qui voyagent seuls ;
Elles visitent des parents/amis qui, eux, demeurent dans leur province d’origine ;
Les dépenses moyennes de voyage, pour l’Ontario, sont de près de 700$ par
personne. Les dépenses varient selon les moyens financiers des personnes ;
Les dépenses les plus importantes se situent au niveau du transport et de
l’hébergement ;
Les personnes qui visitent des parents et amis dépensent localement pour l’achat
de cadeaux et de repas aux restaurants, contribuant ainsi à l’économie locale ;
Les statistiques d’accessibilité au transport et à l’hébergement favorisent la
fréquentation d’une région, tout autant que les attraits touristiques et les
compétences du personnel en contact ;
Les voyageurs s’attendent à ce que le personnel rencontré ait reçu une formation
spécifique pour développer leur aptitude à desservir la clientèle ayant une
limitation ;
Les activités déterminant le choix d’une destination varient selon les segments
d’âge : la culture pour les 45 à 64 ans, les activités familiales (enfants) pour les 25
à 34 ans et la culture/sports pour les 18 à 24 ans.
En conclusion, l’auteur du rapport souligne que les comportements touristiques des
personnes à capacité physique restreinte touchent de 5 à 6 millions de Canadiens.
Puisqu’ils voyagent avec d’autres individus, il est permis d’affirmer que les services
aux accompagnateurs iront en s’accroissant. Ainsi, la disponibilité d’information sur
l’accessibilité aux sites, aux services et aux attraits touristiques, ainsi que l’offre
alternative à l’hébergement privé, mieux adaptée et abordable font parties du
développement de l’offre touristique de demain.
La deuxième étude, l’Enquête sur les activités et les préférences en matière de
voyages (EAPV) (2006) présente des données recueillies auprès de voyageurs nord-
américains (Canadiens et Américains) afférentes à l’identification de destinations
faciles d’accès.
21% des touristes canadiens considéraient comme important les destinations
faciles d’accès; le sondage révèle, cependant, qu’ils effectuent un peu moins de
voyages que les touristes ne recherchant pas ce type de destinations
Certains répondants souhaitent assister à des courses de chevaux, des festivals
autochtones, des jeux d’équipe, des tournois et compétitions, faire de la plongée
en apnée, du canotage, visiter de lieux historiques, des parcs d’attractions, des
réserves naturelles, faire du camping et aller au casino
Cependant, au-delà des activités déjà mentionnées, les plus populaires demeurent
le magasinage, la pêche, la détente à la plage, les visites au casino et les repas
consommés au restaurant
Les répondants recherchaient une plus-value tels des histoires à raconter, un défi
physique, la stimulation intellectuelle associée à l’apprentissage lors de la
pratique d’une activité, ainsi qu’être chouchoutés. De plus, la connaissance de la
langue et de la culture, l’accès pratique à la destination par train ou par autobus, la
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variété d’activités disponibles, ainsi que la rencontre d’amis et de la famille une
fois à destination s’ajoutent aux préférences des répondants.
Les divers éléments tirés des deux études mentionnées constituent autant de terrain
d’action pouvant être exploitées et développées par les intervenants et opérateurs liés
au milieu touristique et économique régional. Dans un même ordre d’idée, les
personnes à la recherche d’activités facilement accessibles auront intérêt à être
sensibilisées à l’offre régionale. Encore faut-il développer cette accessibilité!
2.6.10 Les fleurs et les pots
Plusieurs répondants se sont exprimés en ce qui a trait aux sports, aux sorties et aux
loisirs. Certaines problématiques et demandes sont très ciblées.
Les fleurs…
La marche c’est gratuit
Je suis allé voir L’écho d’un peuple et j’ai été très bien traité
Les pots…
Allergies aux produits chimiques retrouvés dans l’environnement m’empêche de
faire des sorties
Lacune en matière d’offres d’activités dans la région autant pour différentes
clientèles que différents besoins
Difficulté de santé contraint les sorties, sports et loisirs
Je sors davantage l’été puisque les rampes ne sont pas glissantes comme en hiver
Contrainte importante liée au transport : disponibilité inadéquate, coûts prohibitifs
et accompagnement déficient
Peu de sports pour les gens en santé dans la région, donc encore moins pour les
personnes ayant une limitation
Nonchalance des entreprises, des endroits publics quant aux besoins des
personnes ayant une limitation dans Prescott-Russell
Beaucoup d’entreprises commerciales et d’endroits publics sont non accessibles
partout dans Prescott-Russell
L’hiver est une période difficile pour les personnes ayant une limitation;
l’entretien défaillant dans les zones urbaines rend périlleux le déplacement en
marchette, en triporteur ou en fauteuil roulant.
Les besoins identifiés…
Il devrait avoir un endroit où les gens se rencontrent pour discuter et se faire un
réseau
Loisirs souhaités : pêche, rencontres sociales pour des gens de différents âges et
de différentes conditions, pièces de théâtre
Capacité à pratiquer certains sports, tels que le ski et la motoneige dans la région
Piscine ou bain tourbillon adapté
Centre de conditionnement physique qui accepte les personnes ayant une
limitation
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Souhaite que les étudiants et le personnel scolaire soient davantage sensibilisés au
vécu des personnes ayant une limitation (sorties)
Complexe sportif pour personnes ayant une limitation
Piscine publique à Casselman
Plus de bénévoles pour aider et sortir au magasin
Activités pour les adolescents ayant des besoins spéciaux
Accompagnement de style « Grand frère »
Groupe spécifique pour les personnes sourdes
Cinéma dans Prescott-Russell.
2.6.11 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Divertissements »
Commentaires positifs
J’aimerais enseigner la danse aux enfants, adultes et personnes handicapées
visuelles.
Commentaires négatifs
La communauté doit être davantage sensibilisée à nos besoins.
J'ai refusé de rentrer dans un restaurant. Ce sont eux les perdants. Je ne vais
aller qu'aux endroits accessibles.
L’Écho d’un peuple doit s’adapter.
Je dois débourser dans certains cas des frais supplémentaires pour avoir accès à
des activités, ce qui me limite énormément vu mon faible revenu.
J'aimerais que quelqu'un vienne me chercher pour un café et une sortie, même si
ce n'est qu'une fois par mois.
Lalande & Associés
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2.7 LA COMMUNAUTÉ ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
Quels sont les principaux obstacles auxquels sont confrontées les personnes
handicapées de Prescott-Russell dans leur quotidien? Cette question est au cœur de la
prochaine section.
2.7.1 Obstacles présents dans le milieu
Obstacles
Architecture
Accueil et
Information
Équipement
communication
Services publics (répondants)
Bureau de scrutin
95
56 (58.9%)
22 (23.2%)
9 (9.5%)
8 (8.4%)
Hôtel de ville
83
45 (54.2%)
23 (27.7%)
10 (12.1%)
5 (6.0%)
Bibliothèque
104
54 (51.9%)
20 (19.2%)
12 (11.5%)
18 (17.3%)
Bureaux gouvern.
76
33 (43.4%)
25 (32.9%)
10 (13.2%)
8 (10.5%)
Institutions
108
65 (60.2%)
26 (24.1%)
9 (8.3%)
8 (7.4%)
financières
Autres
39
31 (79.5%)
3 (7.7%)
2 (5.1%)
3 (7.7%)
Sports et loisirs
Salle
103
65 (63.1%)
21 (20.4%)
16 (15.5%)
1 (1%)
communautaire
Aréna
89
52 (58.4%)
18 (20.2%)
17 (19.1%)
2 (2.3%)
Piscine
67
34 (50.8%)
16 (23.9%)
14 (20.9%)
3 (4.5%)
Parcs
86
53 (61.6%)
17 (19.8%)
13 (15.1%)
3 (3.5%)
Patinoire
57
32 (56.1%)
10 (17.5%)
12 (21.1%)
3 (52.6%)
Marina
52
35 (67.3%)
11 (21.2%)
3 (5.8%)
3 (5.8%)
Autres
24
21 (87.5%)
3 (12.5%)
0
0
Tourisme
Attraits touristiques
98
55 (56.1%)
21 (21.4%)
18 (18.4%)
4 (4.1%)
Motel, Hôtel
76
49 (64.5%)
20 (26.3%)
2 (2.6%)
5 (6.6%)
Restaurants
194
127 (65.5%)
49 (25.3%)
11 (5.7%)
7 (3.6%)
Autres
19
14 (73.7%)
2 (10.5%)
0
3 (15.8%)
Entreprises
153
104 (68.0%)
36 (23.5%)
7 (4.6%)
6 (3.9%)
commerciales
Autres
19
13 (68.4%)
5 (26.3%)
0
1 (5.3%)
Services de santé
Hôpital
97
41 (42.3%)
41 (42.3%)
10 (10.3%)
5 (5.2%)
Clinique médicale
125
67 (53.6%)
42 (33.6%)
10 (8.0%)
6 (4.8%)
Bureau privé
94
56 (59.6%)
27 (28.7%)
8 (8.5%)
3 (3.2%)
Autres
35
26 (74.3%)
4 (11.4%)
4 (11.4%)
1 (2.9%)
Éducation/formation
Autres
70
24 (34.3%)
19 (27.1%)
16 (22.9%)
11 (15.7%)
Média
Journaux
78
22 (28.2%)
29 (37.2%)
15 (19.2%)
12 (15.4%)
Radio
32
11 (34.3%)
12 (37.5%)
5 (15.6%)
4 (12.5%)
Télévision
48
13 (27.1%)
18 (37.5%)
8 (16.7%)
9 (18.8%)
Autres
10
5 (50.0%)
3 (30.0%)
1 (10.0%)
1 (10.0%)
Justice
Cour /
66
20 (30.3%)
20 (30.3%)
17 (25.8%)
9 (13.6%)
Aide juridique
Garderie
17
3 (17.7%)
2 (11.8%)
7 (41.2%)
5 (29.4%)
Maison de la
27
11 (40.7%)
6 (22.2%)
6 (22.2%)
4 (14.8%)
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Obstacles
Architecture
Accueil et
Information
Équipement
communication
famille
Maison des jeunes
34
12 (35.3%)
10 (29.4%)
8 (23.5%)
4 (11.8%)
Autres
4
2 (50.0%)
0
1 (25.0%)
1 (25.0%)
Art, culture et patrimoine
Festival
111
63 (56.8%)
23 (20.7%)
17 (15.3%)
8 (7.2%)
Fête de paroisse
77
43 (55.8%)
15 (19.5%)
13 (16.9%)
6 (7.8%)
Théâtre d’été
68
35 (51.5%)
14 (20.6%)
12 (17.6%)
7 (10.3%)
Exposition
73
38 (52.1%)
16 (21.9%)
14 (19.2%)
5 (6.8%)
Foire agricole
56
31 (55.4%)
10 (17.9%)
10 (17.9%)
5 (8.9%)
Foire commerciale
63
33 (52.4%)
13 (20.6%)
11 (17.5%)
6 (9.5%)
Autres
21
13 (61.9%)
4 (19.1%)
2 (9.5%)
2 (9.5%)
La richesse du tableau précédent permet une foule d’interprétation. La corrélation de
ces données avec d’autre clés de tri, selon les besoins d’information des décideurs,
accentue encore davantage leur pertinence. Pour le moment, nous nous contenterons
de souligner les résultats contribuant à l’atteinte des objectifs de l’étude.
À l’exception de la composante « media », l’architecture se révèle le principal
obstacle perçu quant à l’accessibilité. Concrètement, le stationnement, l’absence
d’une rampe d’accès, ainsi que l’absence de toilettes conformes constituent les
principales lacunes évoquées.
Quant aux établissements publics visés, le classement de l’inaccessibilité selon le
nombre de répondants s’établit comme suit :
Endroits jugés inaccessibles
250
194
200
153
150
125
111
108
104
103
100
50
0
De ce graphique, nous retenons que les restaurants remportent la palme de
l’inaccessibilité, selon les répondants. Le fait que ces établissements soient
Lalande & Associés
Page 76 sur 131
particulièrement prisés par cette population lors de sorties sociales exacerbe
probablement les perceptions. D’un autre coté, comme les restaurants jouissent de la
faveur populaire, un effort d’adaptation des entrepreneurs serait susceptible
d’intéresser encore davantage un segment de marché déjà favorable.
Un dernier point mérite notre considération. Les cliniques médicales, qui pourtant
devraient être sensibilisées à la cause des personnes handicapées, obtiennent une
position de tête au palmarès de l’inaccessibilité. Ce résultat est-il attribuable à une
fréquentation assidue des répondants à ces endroits, ou encore les personnes ayant
une limitation se montrent-ils davantage critique envers les cliniques? Quoiqu’il en
soit, il nous semble que les gestionnaires de ces établissements seraient avisés de
sonder la satisfaction de leur clientèle.
2.7.2 Inclusions aux activités
Victimes du refus d’inclure la personne handicapée à une activité
Oui
Non
76
460
14.2%
85.8%
Peu de répondants s’estiment victime d’exclusion, et ce en dépit des obstacles relevés
précédemment. Les motifs suivants seraient évoqués, lorsque l’on refuse la
participation des personnes ayant une limitation à une activité communautaire.
Accompagnement par un chien-guide
Activités offertes dans une langue seulement
Allergique à la fumée
Barrière géographique
Besoin d’un accompagnateur
Besoins spéciaux ne pouvant être comblés par le personnel ou bénévoles en place
ou par crainte de ne pouvoir répondre à tous les besoins
Discrimination basée sur le handicap, le diagnostic, un problème de santé, la
mobilité et l’âge
Lacune liée à la planification de l’activité pour répondre aux besoins potentiels
Lacune liée à l’alphabétisation
Manque d’accessibilité, de compréhension
Manque de place pour un accompagnateur
Manque de stationnement pour personnes ayant une limitation physique
Manque de transport adapté
Refus lié à une situation personnelle, à l’habillement
Sur-qualification
Commentaires généraux concernant l’exclusion
I was refused in case I could not hear.
I was refused because people think my condition is contagious.
Lalande & Associés
Page 77 sur 131
On m’a refusé un emploi parce que j’étais surqualifié.
2.7.3 L’attitude des gens et leur exclusion
Attitude de la population comme obstacle
35,0%
32,4%
30,0%
25,0%
22,4%
20,0%
15,8%
15,7%
13,7%
15,0%
10,0%
5,0%
0,0%
Totalement
Plutôt en
Opinion Plutôt en Totalement
en
désaccord mitigée
accord en accord
désaccord
Au moment de rédiger le questionnaire, les auteurs ont voulu vérifier l’hypothèse
voulant que « L’attitude des gens pourrait être un obstacle à la pleine participation
sociale » des personnes ayant une limitation. La réponse s’avère plutôt mitigée. En
effet, les personnes ayant un handicap s’estiment plus ou moins bien acceptées par la
collectivité. En recourant à la méthode de la moyenne pondérée, nous obtenons une
tendance globale de 2.8, se rapprochant du point milieu du tableau. Il y aurait tout de
même place à amélioration, alors que près de
30% des répondants s’estiment
partiellement ou totalement écarté d’une pleine participation sociale.
2.7.4 Sensibilisation du personnel en contact avec des personnes handicapées
Sur ce point, les opinions se révèlent passablement nuancées. L’utilisation de la
moyenne pondérée nous retourne une valeur de 3.0, soit précisément le point milieu
de la distribution. Certains répondants auraient eu des expériences heureuses,
d’autres moins. Ici encore, il nous semble que dans une optique d’intégration pleine
et entière, l’accueil des personnes ayant une limitation devra être parfait.
Lalande & Associés
Page 78 sur 131
Sensibilisation du personnel en contact
45,0%
39,5%
40,0%
35,0%
30,0%
25,0%
20,7%
20,0%
15,7%
13,9%
15,0%
10,2%
10,0%
5,0%
0,0%
Pas
Peu
Opinion
Plutôt
Très
sensibilisé sensibilisé
mitigée sensibilisé sensibilisé
2.7.5 Nécessité d’une formation portant sur l’accueil des personnes handicapées
Oui
Non
427
130
76.7%
23.3%
La compétence du personnel affecté au secteur des services en matière d’accueil à la
personne handicapée est mise en doute. Ainsi, la majorité des répondants à cette
question indique que le personnel des restaurants, des hébergements, des entreprises
de toutes sortes pourrait bénéficier d’une formation spécifique à l’accueil des
personnes ayant une limitation.
En établissant un parallèle entre les questions précédentes, il pourra sembler
dichotomique que les répondants s’estiment, d’une part, relativement bien accueilli
par la communauté, et d’autre part, qu’ils sont d’avis que des améliorations, en
matière d’accueil, soient nécessaires chez le personnel de service. Cette énigme
mériterait probablement que les décideurs s’y attardent davantage.
2.7.6 Vous sentez-vous en sécurité dans votre communauté ?
Oui
Non
499
61
89.1%
10.9%
Une large majorité de répondants disent se sentir en sécurité dans leur communauté.
En dépit de certaines poches de criminalité, l’aspect sécuritaire paraît maîtrisé en
égard au vécu de la personne ayant une limitation.
Quoiqu’une majorité de répondants se sente en sécurité, nous avons voulu connaître
la situation des personnes qui déclarent ne pas se sentir en sécurité. Ainsi, un tri
supplémentaire de données nous indique une situation qui pourrait se présenter
Lalande & Associés
Page 79 sur 131
comme préoccupante. Ce nouveau résultat nous indique que 48 répondants ne se
sentent pas en sécurité dans leur communauté. De ce nombre, 30 sont des femmes
vivant seule ou seule avec des enfants. Du côté des répondants masculins, le nombre
de réponse obtenu s’avère non significatif. Cependant, en y ajoutant la composante
du besoin d’un logement adapté, les répondantes demandent en plus grand nombre ce
type de logement que les hommes.
2.7.7 Synthèse des données secondaires afférentes à l’aspect « Communautaire »
Plusieurs études identifient les besoins d’inclusion, d’intégration, de participation
accrue à la communauté chez la personne handicapée. Les commentaires tirés du
présent sondage recoupent les constats auxquels sont parvenus les gourous du
domaine.
Premièrement, l’étude du groupe Environics Research Group Limited (2004) au sujet
des Attitudes des Canadiennes et des Canadiens à l’égard de la condition des
personnes handicapées pour le Bureau de la condition des personnes handicapées
Développement social Canada cerne essentiellement des éléments perceptuels. Cette
enquête de sensibilisation, d’envergure nationale, met en lumière non seulement des
avancées sociales significatives, mais également l’ampleur du chemin qui reste à
parcourir.
Nous indiquons ci-après les faits saillants de l’étude :
Les personnes ayant une limitation peuvent occuper plusieurs rôles au sein de la
société sauf pour ce qui est du métier de médecin et policier. Cependant, certains
croient que des personnes vivant avec une difficulté de santé mentale seraient plus
limitées dans des rôles sociaux
Des sentiments d’admiration et de chagrin mais rarement de peur ou
d’indifférence habitent la population en générale lors de contacts avec des
personnes ayant une limitation; en contrepartie, certaines limitations moins
visibles occasionnent un certain inconfort chez des répondants
Des obstacles tels que le transport et la mobilité (29%), les limitations liées aux
capacités des personnes handicapées (17%), le manque de confiance en soi (15%),
l’absence de soutien ou de programmes gouvernementaux (13%), des barrières
financières (11%), ainsi que des préjugés persistent; les répondants croient que les
personnes ayant une limitation doivent travailler à les surmonter
Les personnes ayant une limitation peuvent davantage participer à des activités au
sein de la communauté; de plus, ils croient que de grands progrès ont été
accomplis au cours de la dernière décennie
D’une perspective perceptuelle, les éléments suivants sont identifiés comme
problématiques pour les répondants ayant une limitation :
Lalande & Associés
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Défis
% de répondants
Sécurité financière
77%
Moyen de transport fiable
76%
Élever une famille
75%
Avoir un/des loisir(s)
75%
Conserver un emploi
74%
Établir des rapports sociaux
68%
En égard à la discrimination,
80% des répondants croient que les personnes
handicapées en sont victimes, et 25% des répondants ont mentionné avoir fait
l’objet de discrimination en emploi, en société, ou en tant que prestataire de soins
de santé
En matière de solutions proposées, l’éducation publique (46%), la sensibilisation
(15%), l’enseignement dans les institutions d’enseignement (9%), et un meilleur
échange entre personnes ayant une limitation et l’ensemble de la population
pourraient mener à une acceptation accrue des différences.
Nous croyons utile de souligner que la nécessité de l’appui accru aux personnes
ayant une limitation est absente de la liste des solutions.
Le concept de
« Communauté » nous conduit à élaborer sur l’intégration et
l’inclusion. Nous suggérons ici un lexique sommaire sur le sujet de manière à dégager
un vocabulaire commun. Les définitions sont contenues dans un rapport du Conseil
de planification sociale d’Ottawa (2003), produit suite au forum communautaire Nos
foyers, nos quartiers : faire d’Ottawa une ville inclusive.
Tout d’abord, le document introduit les termes
« communauté intégrée » et
« communauté inclusive ».
Ainsi, dans une « communauté intégrée »
les personnes ayant une limitation sont confinées dans des structures spécifiques
aux personnes handicapées, mais au sein de la communauté
Tandis que dans une « communauté inclusive »
les personnes expriment des besoins et des aptitudes différents mais elles sont
quand même acceptées socialement afin de pouvoir établir de véritables relations
sociales avec leur entourage
toutes les sphères de la vie d’une personne ayant une limitation sont ciblées par
l’inclusion soit le logement, le transport, l’éducation, les loisirs, la
communication, la culture, la religion, la justice, le bénévolat, la santé, la famille
et l’emploi etc…
d’autres aspects comprennent « le sentiment d’appartenance, l’impression d’être
apprécié pour ses contributions, les relations humaines fondées sur l’intérêt
mutuel plutôt que dictées par les limitations » (p. 7).
Lalande & Associés
Page 81 sur 131
En continuité avec des études et des rapports ottaviens, au sujet de l’inclusion des
personnes ayant une limitation, le Conseil de planification sociale d’Ottawa récidive
en 2005 en produisant un plan d’action intitulé Le principe d’intégration Indicateurs
significatifs des processus d’intégration et des installations accessibles en place dans
les collectivités locales pour les personnes handicapées. Cet outil pratique propose
aux organisations publiques, parapubliques et privées des moyens permettant
d’élaborer des stratégies porteuses ciblant l’intégration optimale des personnes ayant
une limitation. Ce guide, divisé en 10 thèmes (par ex. revenu et emploi, logement,
transport, services de santé etc…), identifie des indicateurs
« de performance »
jaugeant la question suivante :
« Votre communauté est-elle plus accueillante et
accessible pour les personnes handicapées que l’an dernier ? ». Cet outil stratégique
communautaire fut préparé en prévision de vérifier, annuellement, les progrès de
l’inclusion pleine et entière des personnes ayant une limitation.
Les deux prochaines études sont intimement liées. D’une part, certains des résultats
de l’étude ottavienne Nous maximisons nos capitaux : Partenariat pour la
participation et l’intégration produite par le Front communautaire (2002) ont déjà été
cités dans des sections précédentes. Récapitulons les principales affirmations de ce
rapport :
Trois répondants sur cinq vivent des obstacles importants à leur intégration
communautaire
La participation à la vie communautaire est très difficile en raison du coût élevé
des activités
Sans soutien, les personnes ayant une limitation peuvent difficilement participer
pleinement à la vie sociale
Pour faire suite à l’étude du Front communautaire (2002), le Conseil de planification
sociale et le Front communautaire pour les personnes vivant avec un handicap ont
produit, en 2006, le document Vivre à Ottawa avec un handicap. Ce rapport, aux
résultats tant qualitatifs que quantitatifs, dresse un bilan des changements intervenus
depuis la publication du rapport Nous maximisons nos capitaux : Partenariat pour la
participation et l’intégration en 2002. Conclusion navrante, les auteurs notent peu de
changements positifs entre les deux événements.
Ainsi,
des obstacles d’envergure persistent dans les domaines du revenu et de l’emploi,
des options acceptables en matière de logement, de l’accès à des services publics
élargis, de la disponibilité d’aide pour les personnes ayant une limitation ainsi que
de leur autonomie et de leur libre choix
l’organisation sociale (la façon dont est organisée la société) continue d’être un
obstacle très important à l’intégration pleine et entière des personnes handicapées.
Transcendant ce sombre constat, les auteurs proposent des stratégies générales qui
conduiraient potentiellement à des changements d’ordre sociaux ou politiques, ou
encore à des modifications de programmes et de services.
Lalande & Associés
Page 82 sur 131
Pour terminer ce volet de la revue de littérature, nous vous présentons les résultats de
l’Analyse de besoins de la Table de concertation provinciale francophone, secteur
des besoins spéciaux
(2005). Ce rapport permet d’appréhender les besoins des
organismes et agences communautaires, ceci afin d’offrir la pleine participation des
personnes ayant une limitation à leurs activités et opérations. L’analyse de besoins
amène à apprécier l’adaptation et l’appui requis, ainsi que la connaissance des
organismes de la Loi 2005 sur l’accessibilité des personnes ayant une limitation.
Entre autre faits marquants de l’analyse, notons :
Les personnes ayant une limitation participent aux activités de
75% des
organismes répondants
Même si les organismes estiment généralement qu’il est aisé pour les personnes
ayant une limitation de participer à leurs activités, certaines hypothèses
expliquant la non-participation sont avancées, telles que l’inaccessibilité des
lieux, le manque de données sur la fréquentation, la rareté de francophones dans
la population de la région sondée, l’absence de personnes handicapées parmi la
clientèle fréquentant l’établissement, etc…
En matière d’obstacles grevant les organisations, les répondants citent
l’inexistence d’un réseau de communication pour les personnes ayant une
limitation, l’inaccessibilité des infrastructures et la méconnaissance des
programmes et services qui favoriseraient leur intégration
Les organisations expriment un besoin d’adaptation afférent à leurs services,
leurs infrastructures et leur documentation
48% des répondants affirment n’avoir besoin d’aucun appui pour favoriser les
occasions de bénévolat ou pour créer de l’emploi pour les personnes ayant une
limitation au sein de leur organisation; il est intéressant de noter que la plupart de
ces organismes ne desservent pas les personnes ayant un handicap, connaissent
peu la Loi 2005 sur l’accessibilité (59%) et indiquent ne pas bien connaître les
personnes handicapées.
2.7.8 Les défis et besoins
Les défis…
Stationnements réservés aux personnes ayant une limitation sont souvent occupés
par des véhicules non-autorisés (nombreux commentaires)
Stationnements désignés sont non-entretenus pendant l’hiver rendant périlleux les
sorties parfois obligatoires (cliniques médicales, pharmacies, hôpital etc…)
Une rampe ne suffit plus pour faciliter l’accès à un établissement; une porte
automatique ou avec bouton pressoir serait de mise
Plusieurs cliniques médicales sur le territoire de Prescott-Russell sont non-
accessibles physiquement et l’accès lié aux heures d’opérations est également
problématique
Des répondants vivent des inquiétudes en matière de sécurité le soir venu
(nombreux commentaires à cet égard)
Lalande & Associés
Page 83 sur 131
Difficultés liées à la disponibilité de revenus restreignent considérablement la
participation aux activités communautaires ainsi qu’à l’achat de services liés au
bien-être personnel
Certains répondants ayant une condition de santé précaire expriment une profonde
frustration face aux exigences de certains fonctionnaires qui insistent pour que
ceux-ci se déplacent à leur bureau exacerbant le sentiment d’incompréhension et
de compassion
Des défis récurrents concernant des actions entreprises entre les pourvoyeurs de
revenus, de nature provinciale et fédérale, occasionnent de grandes frustrations
chez certains répondants (Régime de pension du Canada et le programme ontarien
de soutien aux personnes handicapées - POSPH).
Les besoins…
Construction de trottoirs adaptés sur certaines rues
Présence de trottoirs sécuritaires partout dans Prescott-Russell; nombreux
commentaires à l’effet que ces derniers doivent être complètement refaits
Installation de signaux sonores aux intersections achalandées
Implantation d’une clinique de sclérose en plaques dans la région
Améliorations liées à l’entretien du sentier récréatif à Embrun
Disponibilité de stationnements désignés à tout endroit où se tient un festival
Augmentation du soutien pour les personnes âgées qui ont une limitation
Implantation d’une clinique du cancer dans la région
Disponibilité d’ateliers de sensibilisation afin de diminuer les préjugés au sein de
la communauté ainsi qu’au sein des organisations gouvernementales
Augmentation du nombre de regroupements liés au handicap
Augmentation de signaux lumineux afin d’améliorer la sécurité des personnes
ayant une limitation auditive
Accroissement du nombre de panneaux de signalisation adaptés pour les
personnes ayant une limitation visuelle (écriture)
Optimisation des appareils téléphoniques publics pour personnes ayant une
limitation auditive (TTY)
Création d’une banque de données, pour le service
911, permettant aux
intervenants de première ligne d’agir plus rapidement lors de situations d’urgence
Formation de groupes de surveillance de quartier afin d’accroître le sentiment de
sécurité
Accompagnement et soutien servant à accroître le sentiment de sécurité de
personnes ayant une limitation.
2.7.9 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Communauté »
Commentaires positifs
Il est beaucoup plus sécuritaire de vivre ici qu’à Ottawa.
Bourget's people are most kind to me.
Lalande & Associés
Page 84 sur 131
Disons que je suis débrouillarde et du genre optimiste. J'aime les gens et je n'ai
aucune difficulté à prendre ma place.
I have met generous volunteers who are very helpful; they make sure I have
everything I need.
J’aime ma communauté.
Je remarque une amélioration dans Prescott Russell en ce qui concerne les
obstacles. Il y a encore du chemin à faire. Si les gens étaient davantage informés
quant à nos besoins, peut-être qu'une formation pourrait apporter des
changements.
The smaller the community, the better respect you will receive.
Commentaires négatifs
In my opinion, Prescott-Russell should be trained on the "invisible" disabled
persons.
Les gens de la communauté sont le plus gros handicap des gens en besoin. Ils
manquent de respect envers les personnes handicapées.
Je ne veux pas de pitié des gens, je veux que les gens comprennent que je fais de
mon mieux.
This community stopped paying attention a long time ago. I believe we are
second class citizens as far as this community is concerned.
Je ne peux pas compter sur la communauté pour comprendre mes besoins. Seul
mon entourage les comprend.
My walker or wheel chair doesn't go over snow banks.
Lalande & Associés
Page 85 sur 131
2.8 LE TRANSPORT ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.8.1 Disposition d’un moyen de transport
Oui
Non
347
235
59.6%
40.4%
Il fut fait mention, préalablement, que les comtés unis compteraient plus de 10 800
personnes ayant des limitations. Par inférence statistique, nous constatons que près
de (10 800 * 40.4%) 4 350 personnes handicapées ne disposeraient pas d’un moyen
de transport. Bien que l’étude ne précise pas les motifs de cette situation, on peut
présumer que les faibles revenus déclarés par cette population, ainsi que certains
handicaps, contraignent l’accès à un véhicule. Or, en ruralité, être privé d’un moyen
de transport équivaut à captivité et dépendance.
2.8.2 Accès à un moyen de transport adapté
Oui
Non
120
434
21.7%
78.3%
La situation revêt un caractère encore plus dramatique lorsque l’accès au transport
adapté est évoqué. Malheureusement, la formulation du questionnaire ne permet pas
d’apprécier, parmi les personnes déclarant ne pas avoir accès à un transport adapté, la
proportion de ceux-ci qui en éprouvent le besoin.
Le tableau subséquent vise à préciser l’éventail des besoins selon le type de
limitation.
Limitations
Répondants
%
Agilité
147
40.3%
Douleur
89
24.4%
Mobilité
34
9.3%
Autres
95
26.0%
365
Les personnes ayant des limitations au niveau de l’agilité et de la douleur semblent
avoir le moins accès au transport adapté. Bien que l’étude ne nous permette pas un
constat clair, nous présumons que ces personnes sont davantage susceptibles de
ressentir le besoin pour ce genre de ressources.
Lalande & Associés
Page 86 sur 131
2.8.3 Usages tirés du transport adapté
Utilités du transport adapté
200
150
Usage concret
100
Usage souhaité
50
0
En dépit de la lacune constatée au point précédent, l’ampleur de l’utilisation réelle ou
espérée que compte tirée la population handicapée d’un transport adapté valide la
pertinence du besoin. En milieu rural, le transport sert plusieurs fins, tels l’accès aux
soins de santé, l’inclusion sociale et la participation active au marché du travail.
Même les pôles urbains de Prescott-Russell sont aux prises avec ce problème, alors
qu’aucune des agglomérations majeures de la région ne dispose de transport en
commun. Une personne ayant une limitation pourra donc se voir confiner à sa
demeure, qu’elle habite dans un centre ou ailleurs, faute de transport adapté à sa
condition. Les nombreux commentaires des répondants à l’étude attestent de l’acuité
de la problématique.
2.8.4 Synthèse des données secondaires portant sur l’aspect « Transport »
En raison de sa prévalence, le dossier du transport est actuellement à l’agenda de
travaux de certaines municipalités et des Comtés-unis de Prescott-Russell. De
nombreux intervenants et organismes régionaux collaborent à la recherche de
solutions durables.
Les enjeux associés au transport en région rurale firent l’objet de quelques études.
Cependant, force est de constater la rareté des recherches portant sur cet épineux sujet
au cours des 20 dernières années. Voyons en quoi consiste la littérature courante.
Un premier rapport par Herold et al (2002) intitulé Personnes âgées ou handicapées
vivant en zone rurale : Un problème de transport qui persiste nous semble même titré
de façon éloquente. Dans un premier temps, les auteurs mettent en relief trois
groupes de clientèles jugées défavorisées par la non-accessibilité du transport en
milieu rural : les jeunes, les personnes âgées, et les personnes handicapées. Les
auteurs affirment que la mobilité personnelle est un élément essentiel du bien-être des
personnes, puisqu’elle permet de combler des besoins essentiels tels que faire
Lalande & Associés
Page 87 sur 131
l’épicerie, aller à la clinique, avoir un emploi, participer à des activités sociales.
L’accès à un véhicule préoccupe d’autant plus les personnes dites vulnérables qu’il en
va de leur condition de santé, ainsi que de leur désir légitime de participer activement
à la vie communautaire et professionnelle.
Selon les auteurs, le dilemme du transport rural s’expliquerait de la façon suivante :
changements de société appuyés par la désinstitutionalisation
centralisation de services aux personnes dans les pôles d’attraction urbains
accroissement des aînés dans les milieux ruraux
professionnalisation du secteur communautaire
et dépendance à la voiture.
Certains obstacles sont également mentionnés:
les membres des familles rurales sont souvent fortement sollicités pour la
conduite de personnes âgées/handicapées
les femmes âgées vivant en milieu rural sont moins nombreuses à posséder un
permis de conduire valide ainsi que l’accès à une voiture, comparativement aux
femmes âgées vivant en milieu urbain
d’une perspective organisationnelle, financière et géographique, des obstacles
quotidiens contraignent les personnes vulnérables à participer pleinement à la vie
communautaire et professionnelle.
Enfin, la privation d’un véhicule, pour les personnes vulnérables, hypothèquerait les
ressources du secteur communautaire, toujours plus sollicitées pour suppléer du
transport. Les auteurs concluent par un plaidoyer en faveur de la mise sur pied
d’initiatives communautaires gagnantes privilégiant la coordination du transport
autant pour le bénéfice de la clientèle et des pourvoyeurs que d’une perspective
administrative.
Une autre étude, effectuée par Monique Labrecque (2004), nous paraît pertinente.
L’auteure y aborde les aboutissants potentiels de la mise en œuvre d’un système de
transport collectif pour trois Municipalités régionales de comtés
(MRC) de
l’Outaouais, nommément Papineau, la Vallée-de-la-Gatineau et le Pontiac. Ces
régions sont sciemment choisies en raison de leur ruralité. Madame Labrecque
dresse un portrait de la situation du transport collectif pour des clientèles
défavorisées, et se montre favorable à un système de transport collectif en raison
d’effets positifs anticipés. L’analyse illustre la plus-value retirée d’un système de
transport coordonné pour les clientèles vulnérables:
Meilleur accès aux services sociaux et de santé contribue à briser l’isolement pour
certains segments de clientèle
La qualité de vie et de santé des répondants s’est accrue dans une certaine mesure
permettant à plus de personnes de participer à des activités sociales,
enrichissantes et à moindre coût
Des personnes ont pu se sentir plus autonomes et donc moins dépendantes de
leurs proches pour participer à la vie sociale de leur communauté
Lalande & Associés
Page 88 sur 131
Dans certains cas, des personnes ont même déclaré avoir une meilleure estime
d’elles-mêmes et une meilleure emprise sur leur vie.
Ces affirmations corroborent les données de l’étude actuelle. Le transport est
étroitement lié à la santé, à l’emploi, et à la vie sociale. L’accès à un véhicule accroît
l’autonomie des personnes vulnérables et facilite leur intégration à la société, surtout
en région rurale et semi-urbaine.
Le transport en commun fut également traité par le Front communautaire de la région
d’Ottawa
(2002), dans le cadre de l’étude Nous maximisons nos capitaux :
Partenariat pour la participation et l’intégration. Ce document identifie des
difficultés propres au système de transport en commun de la région d’Ottawa. Selon
les données recueillies alors, près de 53% des répondants n’utilisaient pas le transport
en commun régulier en raison de difficultés d’accès et de sécurité. De plus, pour 28%
des répondants, l’absence de moyens de transport adaptés à leurs besoins constituait
un obstacle à leur pleine participation à la vie communautaire que ce soit pour la
recherche d’un emploi ou d’activités de bénévolat. Enfin, les coûts élevés du
transport en commun contraignaient leurs déplacements.
Une dernière étude, réalisée par Biot (2006), propose un complément à un système de
transport en commun : le Taxibus. Le Taxibus correspond à « un transport en
commun à la demande » (p. 18), heureux compromis entre un traditionnel transport
public et le taxi personnalisé. Caractérisé par des itinéraires à la demande, des arrêts
fréquents, des horaires virtuels, une variabilité de véhicules et aucune réservation, le
Taxibus est susceptible de répondre à une demande précise ou aléatoire d’une
collectivité. Apparié à un système de transport public opérationnel, ce système est
congruent au droit à la mobilité de la personne handicapée. L’alternative mériterait
une attention particulière de la part des champions du transport. Soulignons toutefois
que l’étude de faisabilité de Biot n’élabore pas sur l’adéquation de la solution
proposée à la réalité rurale. De ce fait, l’étude représente davantage une source
d’inspiration dont les constats demandent à être tamisés en fonction du contexte
propre à Prescott-Russell.
2.8.5 Les défis et besoins liés au transport
Le transport s’avère un souci quotidien pour les personnes ayant une limitation. Les
préoccupations sont alignées sur deux axes majeurs : la disponibilité d’un transport
adapté lorsque le besoin se manifeste, et le coût associé au service. Les
commentaires afférents au transport surgissent tout au long de l’étude actuelle, peu
importe la dimension traitée. Le transport se révèle donc l’un des principaux
déterminants de la qualité de vie de la personne ayant une limitation.
Les défis…
Lalande & Associés
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Coûts prohibitifs du transport par taxi
Flexibilité du transport offert par un organisme communautaire (8h30 à 12h00 et
13h00 à 16h00)
Famille immédiate doit prendre congé du travail pour le déplacement aux rendez-
vous
Grand défi d’identifier des personnes pour faciliter les déplacements
Condition de santé affecte la conduite d’un véhicule de nombreuses personnes
ayant une limitation
La famille est une source constamment sollicitée pour l’offre de transport.
Les besoins…
Transport en commun au-delà des visites médicales
Disponibilité d’un véhicule taxi adapté dans certaines régions de Prescott-Russell
(autre qu’à Hawkesbury)
Disponibilité de transport adapté en nombre insuffisant
Transport en commun pour déplacement vers Hawkesbury et Rockland
Disponibilité d’un véhicule adapté dans une résidence pour personnes âgées
(escaliers plus bas)
Disponibilité de transport adapté pour personnes utilisatrices d’un fauteuil roulant
Un service de taxi dans le village d’Alfred
Les revenus disponibles contraignent la possibilité d’effectuer des sorties
récréatives et sociales.
2.8.6 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Transport »
If I could have adapted transportation, I would not have to rely on so many
people.
Si le transport n’était pas trop dispendieux, je ferais plus de sorties.
Je suis limitée sans transport.
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2.9 L’IMPLICATION SOCIALE ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.9.1 Participation à des activités de bénévolat au sein de la communauté
Oui
Non
154
424
26.6%
73.4%
La majorité des répondants affirment ne pas effectuer de bénévolat. Cette propension
pourrait être volontaire ou contrainte.
2.9.2 Intérêt à faire du bénévolat
Oui
Non
100
313
24.2%
75.8%
Chez les personnes indiquant ne pas s’adonner au bénévolat, plus de 75% indiquent
ne pas être intéressées par des activités de ce genre. Par inférence statistique, nous
estimons que (10 800 personnes handicapées * 73.4% * 24.2%) 1 918 individus
ayant une limitation souhaiteraient s’impliquer socialement, mais rencontrent des
défis qui compromettent cet engagement.
2.9.3 Secteurs d’intérêt en égard au bénévolat
Secteurs
Répondants
Communautaire
89
Santé
54
Éducation
44
Sports et loisirs
33
Arts
25
Environnement
20
Religion
16
Politique
11
Autres
38
Note : Plus d’une réponse était possible.
Les répondants désireux de s’adonner au bénévolat privilégient surtout le
secteur
communautaire, la santé et l’éducation pour se réaliser.
2.9.4 Segment de la population le plus attrayant
Secteurs
Répondants
Tous les groupes
59
Personnes handicapées
49
Personnes âgées
48
Enfants
39
Adolescents
30
Adultes
15
Autres
62
En égard au segment de population dans lequel il plairait davantage à la population
handicapée de s’investir, les répondants ne discriminent pas.
Lalande & Associés
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2.9.5 Types de bénévolat souhaités
Secteurs
Répondants
Visite à domicile
46
Service d’écoute
45
Informatique / Webmestre
36
Communication
35
Accompagnement / Transport
31
Travail de bureau
30
Travail manuel
30
Lecture
25
Formation
24
Écriture/Rédaction
13
Promotion
13
Traduction
12
Comptabilité
9
Construction
9
Autres
49
Poussant l’analyse un peu plus loin, le questionnaire cherchait à approfondir les
intérêts de champs particuliers d’implication chez les répondants. Les résultats
indiquent un penchant relatif pour les visites à domicile, les services d’écoute,
l’informatique et la communication.
Parmi ces quatre sélections, trois correspondent à des domaines valorisant les
relations interpersonnelles. Les personnes handicapées manifesteraient donc un désir
profond d’établir des contacts humains.
2.9.6 Motifs de désintéressement envers le bénévolat
Les questions précédentes se démarquent par leur faible taux de répondants. Le
bénévolat ne semble pas rallier les personnes ayant une limitation. Les justifications
évoquées sont multiples.
Désintéressement envers le bénévolat
250
213
200
150
117
72
72
100
62
50
0
Lalande & Associés
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Les problèmes de santé et le manque d’intérêt viennent en tête de liste des
déterminants de cette situation. Divers autres obstacles sont également soulevés,
comme en fait foi le tableau suivant.
Obstacles au bénévolat
Répondants
Problème de santé
213
Manque d’intérêt
117
Manque de temps
72
Pas de moyen de transport
72
Pas de demande pour mes services
62
Besoin d’aide pour trouver un lieu
46
Exclusion (gens ne s’adaptent pas à ma condition)
43
Formation insuffisante
34
Équipements inadaptés
18
Lieux inaccessibles
16
Installations inaccessibles
15
Autres
102
2.9.7 Synthèse des données secondaires afférentes au bénévolat
Nos recherches portant sur l’implication sociale et le bénévolat dévoilent des
initiatives intéressantes. Ainsi, le Conseil des personnes handicapées de l’Île-du-
Prince-Édouard s’est penché sur la rédaction d’un guide de solutions visant à éliminer
les obstacles au bénévolat auxquels sont confrontées les personnes ayant une
limitation (Schmidl, 2005). Dans le cadre de cette intervention, deux questionnaires
furent distribués respectivement à des organismes communautaires et à des personnes
handicapées qui avaient participé aux activités de ces organismes. Le rapport du
Conseil présente des mesures d’atténuation des obstacles au bénévolat. Concrètement,
21 obstacles furent identifiés par les répondants, allant de l’accessibilité (physique),
des aspects externes hors du contrôle des organismes, des obstacles liés à l’incapacité,
des obstacles intériorisés (provenant des personnes handicapées elles-mêmes), aux
obstacles d’attitudes et de fonctionnement. Ces mesures, applicables aux
organisations comptant des bénévoles, favorisent la pleine participation des personnes
ayant une limitation.
2.9.8 Les défis
Au fil des commentaires, plusieurs répondants indiquent être actuellement impliqués
bénévolement dans des organisations. D’autres témoignent d’un long vécu en
matière d’implication sociale, cet engagement ayant pris fin avec la détérioration de
leur état de santé. Cette familiarité avec le bénévolat contribue à la pertinence des
remarques.
Les défis…
La condition de santé détermine l’ampleur et la nature de l’action bénévole
Récurrence du problème lié au transport
Flexibilité du temps disponible et la rigidité requise par les organismes bénévoles
Préférence manifestée envers le bénévolat à partir du domicile.
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2.9.9 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Bénévolat »
J'aimerais en faire mais me sentir libre dans le temps que je donne.
J'apporte un soutien moral aux personnes handicapées par l’entremise de
l’organisation « Wheels in Motion » de Rick Hanson.
Je suis trop vieille pour être bénévole. Qui voudrait de moi!
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2.10 LE MARCHÉ DU TRAVAIL ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.10.1 Compétences professionnelles détenues
Oui
Non
295
223
57.0%
43.0%
Sous son utilisation présente, le terme « compétence » est inclusif. Il réfère tout
autant aux connaissances, forces, talents, habiletés ou aptitudes pouvant être détenus
par la personne ayant une limitation. Selon les résultats obtenus, une faible majorité
de répondants estiment posséder des qualifications leur permettant de contribuer au
marché du travail. Il s’agit évidemment d’une perception entretenue par l’image
subjective que chacun se fait de soi.
Lors d’un récent sondage concernant les stratégies s’offrant aux organismes à but
non-lucratif pour éliminer les obstacles à l’implication de bénévoles ayant une
limitation, l’un des obstacles mentionnés est le
« sentiment personnel
d’impuissance » avivé par l’attitude de l’entourage. Ainsi,
…les personnes handicapées se sont fait dire toute leur vie qu’elles ne peuvent
pas faire certaines choses, qu’elles ne valent pas autant que les autres ou
qu’elles ne sont pas assez compétentes pour accomplir quoi que ce soit
d’utile » (Barry Schmidl, p. 20).
En parvenant à rehausser l’estime personnelle de certaines personnes ayant une
limitation, la collectivité inciterait ces individus à « oser » actualiser leur potentiel en
contribuant activement à l’activité sociale et économique. La liste de compétences
suivantes en faisant foi.
Liste de compétences (aptitudes, talents, connaissances, habiletés)
Administration, gestion, soutien clérical
Agriculture
Animation
Artisanat
Arts et musique
Assurance de la qualité
Auto-cad
Bien-être personnel
Communication, relations publiques, marketing
Comptabilité
Conciergerie
Connaissances des rouages gouvernementaux
Connaissances techniques dans divers domaines
Décoration intérieure
Électronique
Force physique
Formation, enseignement (adultes, enfance)
Garde de sécurité
Gardiennage
Gestion d’une entreprise
Gestion de budgets, comptabilité
Horticulture, arrangements floraux
Informatique
Ingénierie
Intervention sociale (différents domaines)
Journalier
Langues officielles (soit le français soit l’anglais),
Levée des fonds
bilinguisme, braille, LSQ, ASL
Métiers (couture, ébénisterie, construction,
Montage vidéo et audio, télévisuel et vidéaste
télécommunications)
Motivée, patiente, prêt à apprendre
Opération de machineries
Organisation d’événements, d’activités de loisirs
Petite enfance
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pour différentes clientèles
Préparation d’aliments
Relation d’aide (écoute, counselling) et relations
interpersonnelles
Réparations d’appareils
Service à la clientèle, vente
Services de santé et services personnels
Traduction, révision, rédaction, recherche
2.10.2 Détenir un emploi
Oui
Non
131
246
25.3%
47.5%
À peine le quart des personnes ayant une limitation détiendrait un emploi. Au mieux,
en utilisant comme clé de tri la tranche de l’échantillon la plus susceptible de
travailler, soit les personnes âgées entre 19 et 60 ans (346 individus), nous obtenons
un ratio de 37.9%, ou encore un peu plus du tiers de la population qui s’adonnerait à
des activités professionnelles. Ce portrait se révèle plutôt sombre lorsque comparé au
taux d’emploi provincial, surtout en situation de pénurie de main-d’œuvre. Ici, une
question se pose : L’entrée en vigueur de nouvelles dispositions du Programme
ontarien de soutien aux personnes handicapées
(POSPH) pourrait-elle,
éventuellement, augmenter de façon significative les taux d’activités professionnelles
chez les personnes ayant une limitation ? Seul l’avenir nous le dira.
Note : Tout au long de ce volet, certaines différences en terme de nombre, d’un tableau à un
autre, s’obtiennent en grande partie en raison du traitement statistique du logiciel utilisé. De
plus, l’utilisation de diverses variables conduit à des divergences statistiques.
2.10.3 Secteur d’activité économique occupé
Secteurs d'activités occupés
2,7%
Public
36,9%
Parapublic
60,4%
Privé
Cette question n’aura recueilli que 149 réponses. En dépit de ce faible retour, nous
pouvons observer une nette tendance à l’embauche de personnes ayant une limitation
Lalande & Associés
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par le secteur public. L’ampleur de ces organisations, leur capacité de se doter des
ressources nécessaires, et les conditions de travail souvent supérieures qu’on y
retrouve, lorsque comparées aux capacités des petites et moyennes entreprises, sont à
même de favoriser l’implantation de mesures d’accommodement. Le fait que la
région ouest de Prescott-Russell soit voisine de la capitale nationale est également
propice à ce ratio, les emplois au sein de la fonction publique y étant plus abondant.
2.10.4 Genre d’emplois détenus
Types d'emplois occupés
11,5%
1,9%
Temps plein
4,5%
Temps partiel
50,0%
Travail autonome
Contractuel
32,1%
Autres
Seulement 156 personnes ont répondu à cette question. La moitié occuperait un
emploi à temps plein. Plusieurs autres types d’emplois y sont également mentionnés.
Malheureusement, dans ce cas, le faible taux de réponse prête difficilement à
l’inférence statistique. Quoiqu’il en soit, force est de constater que le boulot constitue
probablement un élément secondaire parmi les tracas quotidiens des personnes ayant
une limitation.
2.10.5 Motifs du statut de sans emploi
Motifs
Répondants
Incapacité physique
203
Retraité
160
Prestataire d’une pension fédérale
65
Prestataire d’une pension provinciale
57
Incompréhension de ma limitation
49
Âgisme
47
Congé d’invalidité
46
Lieu de travail inadapté
32
Manque d’expérience de travail
25
Manque de transport adapté
25
Marché du travail inadapté
23
Manque de compétences
23
Prestataire d’une assurance privée
21
Aide requise dans ma recherche d’emploi
21
Manque d’intérêt
11
Manque d’emplois intéressants
9
Lalande & Associés
Page 97 sur 131
Motifs
Répondants
Enfants à la maison
6
Autres
89
Exception faite des retraités, l’incapacité physique constitue le principal déterminant
de la non-participation de la population handicapée au marché du travail. La
multitude de raisons évoquées pourrait servir aux organismes de soutien à identifier
les barrières à l’emploi des personnes handicapées. La base de données se prête au
recoupement de variables, et permet d’élaborer des stratégies fructueuses menant à
maximiser l’intégration de nombreux individus.
Déjà, des programmes de soutien du revenu permettent aux personnes ayant une
limitation de travailler un certain nombre d’heures par semaine. Ces modalités
facilitent la poursuite de carrières et bénéficient aux organisations en quête
d’expertises.
2.10.6 Sans emplois et recherche active de travail
Oui
Non
43
365
10.5%
89.5%
Note : La Directrice générale du Phénix confirme que le POSPH (Programme ontarien de
soutien aux personnes handicapées) a récemment effectué des changements aux critères
d’un de leurs programmes permettant aux personnes prestataires d’une pension d’invalidité
de détenir un emploi. Ces changements, ayant été mis en vigueur approximativement à partir
du mois de septembre 2006, l’impact n’a pu être constaté dans le présent sondage. En effet,
la grande majorité de répondants qui se sont ajoutés à partir de cette date étaient surtout des
personnes de 65 ans et plus.
Peu de répondants à ce sondage et qui sont sans emplois recherchent du travail. Les
résultats sont éloquents à ce sujet. Ces personnes ont-elles « lancé la serviette »
devant un marché du travail compétitif et axé sur la performance? Ou encore serait-
ce le reflet d’un certain défaitisme devant un marché du travail inhospitalier envers
leurs limitations? Dans un troisième temps, serait-ce possible que certaines
personnes ayant une limitation fonctionnelle mais souhaitant ardemment travailler
pourraient avoir perdu confiance dans l’adaptation véritable des programmes de
soutien à l’emploi offerts par les différents paliers gouvernementaux ? La portée de
l’étude actuelle ne permet que de poser des hypothèses qui demanderont à être
confirmées par les acteurs intéressés.
2.10.7 Type d’emploi recherché
Type d’emplois
Répondants
Temps partiel
26
Temps plein
11
Contractuel
3
Travail autonome
3
Autres
8
Lalande & Associés
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Total
51
Compte tenu du faible taux de réponse obtenu, il serait imprudent de généraliser cette
information statistique à l’ensemble de la population ayant une limitation
fonctionnelle. Il est possible qu’en matière de type d’emploi recherché, des
considérations personnelles conduisent les répondants à choisir un type ou un statut
d’emploi plutôt qu’un autre.
2.10.8 Recours à un programme de réintégration du marché du travail
Oui
Non
55
475
10.4%
89.6%
Un nombre peu significatif de répondants fut bénéficiaire d’un programme de
réintégration au marché du travail. Les ressources du milieu semblent méconnues de
la clientèle cible. Il pourrait être utile d’évaluer la performance de la mise en marché
des programmes de soutien actuellement en vigueur.
2.10.9 Niveau de satisfaction de la flexibilité des programmes de réintégration
Satisfaction
quant
aux
Très insatisfait <-
---------
-> Très satisfait
programmes de réintégration
1
2
3
4
5
Nombre (71)
14
14
22
12
9
%
19.7%
19.7$
31.0%
16.9%
12.7%
Le niveau de satisfaction associé aux programmes de réintégration est mitigé. Le peu
de répondants s’étant prononcés à la question précédente conditionne le taux de
réponse à la présente question. La prudence s’impose donc quant à l’interprétation de
la situation, d’autant plus que le concept de « flexibilité » ne fut pas préalablement
défini.
Ceci dit, l’optimisation des programmes pourrait possiblement être envisagée, ne
serait-ce que par la volonté de satisfaire les besoins de la clientèle plutôt que les
exigences statistiques des autorités. Une évaluation de la satisfaction des participants
à ces programmes nous semble également une mesure de performance
incontournable.
2.10.10 Synthèse des données secondaires afférentes à l’emploi
Note : En égard au marché du travail, la revue de littérature avait initialement été
préparée dans le contexte du dépôt d’un projet d’employabilité du Phénix. Nous
récupérerons certains éléments de l’étude préalable pour les besoins présents.
L’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA, 2001) propose un
portrait succinct de la situation des personnes ayant une limitation et de la population
en générale en matière de taux d’activités professionnelles. Ces statistiques datant de
plusieurs années, la situation pourra avoir évoluée.
Lalande & Associés
Page 99 sur 131
Taux d’activités professionnelles chez les 15 à 64 ans
Occupés
Chômeurs/inactifs
Personnes handicapées
41%
54 %
Personnes non handicapées
76%
24%
Source: EPLA, 2001
Tel qu’illustré, les personnes ayant une limitation se retrouvent en plus grand nombre
au sein du bassin des chômeurs/inactifs comparativement à la population de ce
segment. Quant à la catégorie des personnes occupées (personnes qui travaillent), les
individus ayant une limitation s’y retrouvent en moins grand nombre
comparativement aux travailleurs. En 2001, le taux de chômage des personnes ayant
une limitation était de 10.7%, comparativement à 7.1% au sein de la population
générale (Williams, 2006).
Pour les francophones ayant une limitation, la situation serait encore plus difficile, du
moins dans la région d’Ottawa. Une récente étude, dons les résultats sont intégrés aux
données de l’EPLA
(2001), démontre que les taux d’activité des personnes
francophones ayant une limitation (34%), sont de moitié inférieurs comparativement
à la population francophone en général (68%). Le rapport indique que tous les
groupes d’âges de la population active francophone ayant une incapacité ont des taux
de chômage plus élevés que la population francophone générale
(L’Assemblée
francophone et al, 2006).
Dans le domaine de l’emploi, les personnes ayant une limitation disposent de
programmes de réintégration au marché du travail. Certains programmes de soutien à
l’emploi existent depuis le début des années 1970 afin de faciliter le retour au travail
de personnes ayant des obstacles à l’emploi, tels qu’une limitation fonctionnelle
(Neufeldt, 2002). Un court article traitant de l’efficacité de programmes de soutien à
l’emploi pour les personnes ayant un diagnostic de maladie mentale grave a été
réalisé en 2003 (National Alliance on Mental Illness). En général, les programmes
évalués ont atteint leurs objectifs et les personnes soutenues ont, en l’occurrence,
maintenu leur lien d’emploi pendant une période d’au-delà de 10 ans dans des boulots
considérés comme compétitifs.
Parallèlement, quelques chercheurs se sont penchés sur les structures et les milieux de
travail où travaillent des personnes ayant une limitation. Nous présentons ci-dessous
les constats les plus pertinents:
Plusieurs répondants francophones ayant une incapacité ont déclaré une
obligation accrue de travail à temps partiel (L’Assemblée francophone et al,
2006)
Perception d’être désavantagé et chances de promotion diminuées (Williams,
2006)
Perception de surqualification de la part des jeunes travailleurs ayant une
limitation (CCDS, 2002)
Lalande & Associés
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Les travailleurs ayant une limitation déclarent un stress accru
(surcharge de
travail, le risque de blessures, les mauvaises relations entre collègues, la nécessité
d’acquérir de nouvelles compétences en informatique et la menace de perte
d’emploi, CCDS, 2002)
Perception accrue du risque de perte d’emploi (CCDS, 2002)
Risque perçu de discrimination en matière de formation et de promotion (CCDS,
2004);
Taille de l’entreprise influe positivement sur les conditions de travail des
personnes ayant une limitation (CCDS, 2004)
Les personnes de 45 ans et plus ayant une limitation, et qui ont peu d’expérience
active de travail, se sentent souvent découragées et cessent d’envisager
l’intégration du marché du travail (L’Assemblée francophone et al, 2006)
Difficultés, pour les personnes ayant une limitation, à trouver un emploi, même
en étant qualifiées (Environics, 2004)
Des personnes ayant une limitation cacheraient à leur employeur une limitation
non visible (par exemple une dyslexie ou une dépression), signe que les préjugés
persistent (Environics, 2004)
64% des répondants à une étude croient que les milieux de travail sont
accessibles; 32 % des répondants croient le contraire (Environics, 2004).
La présente enquête sur la situation de la personne handicapée proposait divers
facteurs pouvant motiver leur choix à l’inactivité professionnelle. Les tendances
relevées font écho aux études et articles consultés. Parmi les barrières à l’emploi
identifiées dans la littérature, notons :
le manque d’accessibilité dans certains milieux de travail
le peu d’occasions de formation
le manque de sensibilité de la part des employeurs (L’Assemblée francophone,
2006)
la réticence et le manque de soutien des employeurs à embaucher une personne
ayant des limitations
un marché local de l’emploi relativement fermé pour les personnes ayant une
limitation
le manque de services de transport (contexte spécifique à Prescott-Russell)
le manque de ressources pour promouvoir les compétences des personnes ayant
une limitation
le manque de coordination et de services de soutien à l’emploi (Lefebvre, 2004)
l’adaptation du contexte physique (poste et environnement de travail)
un processus d’embauche compliqué et coûteux
la sensation de malaise provenant de la personne «n’ayant pas de limitations »
face à la présence de personnes ayant une limitation
le risque que la clientèle fuie l’entreprise (Deschênes, 2002)
l’écart négatif de mise en valeur des compétences des personnes ayant une
limitation
(par exemple, les curriculum vitae des postulants ne sont pas
adéquatement rédigés)
Lalande & Associés
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absence, dans plusieurs entreprises, d’une politique appropriée d’embauche visant
la diversité de la main-d’œuvre
la persistance de préjugés et de discrimination systémique au sein des services des
ressources humaines
le peu d’initiatives et de ressources entre les services d’emplois spécialisés et les
employeurs potentiels
l’incompréhension du fonctionnement du secteur privé (milieux d’affaires privés)
(Prost et Redmond, 2004).
Dans la même veine, voici certaines conséquences découlant des obstacles et
préjugés :
Les personnes ayant une limitation sont parfois contraintes à faire du bénévolat
peu valorisé
(tri de déchets recyclables, nettoyage) ne débouchant sur des
compétences transversales que peu utiles sur un marché du travail de plus en plus
exigeant (L’Assemblée francophone, 2006)
La perception de ne pas être « employable » devient une barrière de taille en
raison des limitations (Environics, 2004)
Les personnes ayant une limitation peuvent se sentir piéger dans le cercle « pas
d’emploi, pas d’expérience; pas d’expérience, pas d’emploi ».
2.10.11 Les défis et les besoins
Au terme de la présente section, nous sommes à même de cerner les principaux défis
ainsi que les besoins propres aux personnes ayant une limitation dans une perspective
« emploi ».
Les défis…
La condition de santé contraint la possibilité de se déplacer pour travailler et
réoriente les possibilités de carrière ou de choix d’emplois
La sur-qualification est identifiée, dans certains cas, comme un obstacle à
l’emploi
Les programmes de réintégration à l’emploi ne correspondent pas toujours aux
besoins des personnes qui s’y prévalent
Les exigences élevées des employeurs lors de retours au travail progressifs
occasionnent des difficultés de réintégration en emploi
La baisse de revenus liée à un congé de maladie incite les personnes ayant une
limitation à retourner rapidement au travail, parfois sans être complètement
rétablies.
Les besoins…
Opportunités d’occuper un emploi à partir du domicile
Sensibiliser les employeurs en matière de santé mentale dans les milieux de
travail
Augmenter la diffusion d’information quant aux opportunités d’emplois
disponibles
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Communication davantage fluide entre les programmes d’emplois fédéraux et
provinciaux.
2.10.12 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Emploi »
J’ai enfin trouvé un travail qui me plaît et pour lequel j’ai les compétences.
Parce que je suis en chaise roulante, on me refuse.
Mes recherches d’emploi n’ont rien donné jusqu’à maintenant; je veux travailler.
Croyez-moi, je ne veux pas devenir millionnaire sur le dos de la société; je veux
seulement un travail que j'aime.
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Page 103 sur 131
2.11 L’INFORMATIQUE ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.11.1 Accès à un ordinateur
Oui
Non
368
217
62.9%
37.1%
Les répondants au questionnaire ont accès à un ordinateur dans une proportion
supérieure à 60%. À l’ère de la technologie, nul doute que ce ratio est appelé à
croître au cours des prochaines années.
2.11.2 Utilité de l’ordinateur
Utilisation de l'informatique
300
245
250
200
150
150
102
78
100
50
0
Jeux
Travail
Lecture
Formation/
personnel
Éducation
Elles font surtout une utilisation personnelle, voire ludique, d’un poste informatique.
L’ordinateur ne sert qu’occasionnellement au travail, qu’il soit bénévole ou rémunéré.
2.11.3 Raisons pour ne pas avoir d’ordinateur
Un nombre relativement important de répondants ne posséderait pas d’ordinateur
personnel. Or, dans une société toujours plus branchée, l’absence de compétences
informatiques équivaut pour un individu à couper les liens avec le monde moderne.
La communication, la formation, l’information et les loisirs empruntent de plus en
plus l’autoroute électronique.
Dans une optique d’inclusion sociale, il paraît opportun de cerner les obstacles à
l’accès aux nouvelles technologies. Le sondage met en lumière les principales
résistances avancées.
Lalande & Associés
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Motifs de la non-utilisation de
l'informatique
92
100
80
62
61
60
49
38
40
20
0
Plusieurs se disent non intéressés par l’informatique.
Les causes de ce
désintéressement mériteraient sans doute d’être approfondies. Cette prédisposition
cache peut-être une crainte en égard à un manque de compétences, de connaissances,
de formation et/ou d’information. Cette barrière psychologique pourra alors être
abattue avec un minimum de soutien et d’accompagnement.
La rareté des ressources financières est un problème plus épineux. Bien que le prix
des équipements soit à la baisse, les coûts mensuels de branchement, surtout pour le
service haute vitesse en région, peuvent sembler prohibitifs aux portefeuilles
oppressés. Le coût des logiciels et la désuétude accélérée des produits sont autant
d’éléments qui grèvent les budgets.
2.11.4 Disponibilité d’un ordinateur adapté
Oui
Non
242
107
69.3%
30.7%
Une large part des utilisateurs dispose d’un poste de travail adapté. Soulignons que
les systèmes d’exploitation proposent des options d’accessibilités intégrées. Dans des
situations davantage critiques, des logiciels et équipement pourront combler les
besoins. Évidemment, ce second scénario implique la capacité financière de se
procurer les outils appropriés.
Précisons enfin que l’étude reste muette quant à la nécessité d’avoir recours à la
technologie adaptée chez les 30% de la population qui a répondu dans la négative. Il
Lalande & Associés
Page 105 sur 131
se peut en effet que le handicap de la personne ne contraigne pas l’utilisation d’un
ordinateur.
2.11.5 Besoin d’un soutien technique pour utiliser les logiciels
Oui
Non
92
246
27.2%
72.8%
Comme le confirme le nombre de répondants, le besoin pour un soutien technique est
peu présent. Peu de gens ont jugé bon de répondre à la question, et seul un petit
nombre en valide la nécessité.
2.11.6 Utilisation d’Internet
Oui
Non
287
160
64.2%
35.8%
Chez les répondants disposant d’un ordinateur, près de 65% naviguent sur la toile.
Cette statistique laisse deviner une certaine maîtrise de l’outil. Il convient cependant
d’atténuer ces propos. Lorsque l’on établit un rapprochement entre le nombre total de
répondants à l’étude, soit plus de 600 personnes, le taux d’utilisateurs d’Internet chute
à moins de 50% chez la population cible.
2.11.7 Utilité d’Internet
Utilité
Nombre
Recherches personnelles
214
Accès à des jeux
169
Courriel (courrier électronique)
160
Recherches sur mon handicap
109
Clavardage
106
Transactions financières
90
Information sur différents programmes
75
gouvernementaux
Effectuer des recherches scolaires
52
Forum de discussion
45
Achat en ligne (e-commerce)
45
Formation en ligne
31
Travail bénévole
25
Travail rémunéré
10
Autres
0
Note : Plus d’une réponse était possible
On accède au Web pour une foule de raisons. La propension envers les aspects
ludique et relationnel
(relations virtuelles) de l’outil sont mis en exergue. Les
résultats sont similaires à ceux obtenus alors que l’étude aborde l’utilisation d’un
ordinateur, un peu plus haut. Tout comme à la question précédente, le travail
bénévole et rémunéré arrive en queue de peloton du tableau de l’utilité.
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2.11.8 Besoin en formation sur Internet
Oui
Non
95
347
21.5%
75.8%
L’aspect convivial de l’informatique ressort. On « joue » à l’ordinateur, on y travaille
rarement. L’utilisateur moyen préfère apprendre par expérimentation plutôt que par
la formation structurée. La pression de la productivité étant évacuée, le répondant se
donne le droit d’apprivoiser l’outil à son propre rythme.
2.11.9 Intérêt envers un site d’information en ligne en français concernant la
personne handicapée
Oui
Non
208
227
47.8%
51.2%
Sur ce point, les opinions sont partagées. Considérant un échantillon de plus de 600
répondants, un tiers serait favorable à l’initiative, un autre tiers n’en voit pas l’intérêt,
et un dernier tiers s’abstient. Une sensibilisation préalable de la clientèle cible quant
aux tenants et aboutissants d’un tel site polariserait sans doute les opinions, ce qui
guiderait la stratégie.
2.11.10 Synthèse des données secondaires afférents à l’aspect « Informatique »
Préalablement à la présentation de données spécifiques portant sur la technologie et
les personnes ayant une limitation, nous vous présentons quelques résultats de
l’Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet
(ECUI). Ces données récentes
(2005) permettent de constater à quel point les Canadiens et les Canadiennes ont de
plus en plus accès à l’information sur le Web :
Les résidents des grandes villes (68%) naviguent davantage sur Internet que les
résidents des régions rurales et des petites villes (58%)
La région d’Ottawa-Gatineau présente un des taux les plus élevés de navigation
sur Internet au Canada (77%), ex-aequo avec la ville de Calgary
Plus la population est jeune, plus elle possède des revenus élevés, plus elle
détient un diplôme d’études post-secondaires, plus son ménage compte d’enfants,
plus élevées sont ses chances d’utiliser Internet
Au-delà de 15 millions de Canadiens et de Canadiennes âgés de plus de 18 ans
avaient utilisé l’Internet à la maison pour des raisons personnelles non
commerciales, ce qui représente 90% de l’ensemble des utilisateurs d’Internet
Les femmes utilisent davantage l’Internet que les hommes pour obtenir de
l’information médicale ou liée à la santé
Cependant, les hommes naviguent plus souvent sur Internet afin d’obtenir des
renseignements au sujet de programmes gouvernementaux et des administrations
publiques
En ce qui a trait aux raisons d’utilisation d’Internet, l’aspect ludique (jouer à des
jeux) arrive au dernier tiers du peloton des raisons évoquées et ne correspondent
pas aux résultats de la présente étude.
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L’utilisation de la technologie par les personnes ayant une limitation fut intégrée à
l’Enquête sociale générale de Statistique Canada en 2000 et publiées par le Conseil
canadien de développement social (CCDS, 2002). Malheureusement, l’âge de ces
informations est incompatible avec l’évolution rapide de la technologie. Bien que
nous les présentions ci-dessous, nous mettons en garde contre la péremption de
certains énoncés :
57,8% des personnes ayant une limitation n’avaient pas d’ordinateur personnel à
la maison
Le fait d’avoir un emploi rémunéré augmentait sensiblement les chances de
posséder un ordinateur
Le taux d’utilisation d’Internet pour les personnes handicapées de 15 à 34 ans
(69%) était inférieur à celui de la population en générale (76%) provenant de la
même tranche d’âge
Les taux d’utilisation baissent en fonction de la progression de l’âge
L’accès à une connexion Internet augmente la probabilité d’utilisation de cette
technologie
28,6% des personnes ayant une limitation vivaient dans un ménage bénéficiant
d’une connexion Internet comparativement à 46% de l’ensemble de la population.
Une dernière fiche du CCDS (2004) de l’Enquête sur le milieu de travail et les
employés (EMTE, 2001) traitant des structures des milieux de travail introduit des
comportements technologiques comparatifs fort intéressants. Selon les données
présentées,
un pourcentage moins élevé (47%) de personnes ayant une limitation utilise
l’ordinateur comparativement à la population en général (61%)
l’utilisation de l’ordinateur augmenterait les compétences des personnes ayant une
limitation
L’utilisation de l’informatique au travail aurait une incidence positive sur le
salaire. Ainsi, 35% des personnes ayant une limitation et utilisant l’informatique
occupaient le quartile supérieur des salaires, alors que 42% de personnes ayant
une limitation qui n’utilisait pas l’ordinateur se retrouvait dans le plus bas quartile
des salaires.
2.11.11 Les défis et les besoins
Les défis…
Manque de connaissances pour utiliser l’ordinateur et l’Internet
Revenus insuffisants contraignent l’achat d’un ordinateur ainsi que l’accès à
Internet haute vitesse
L’inaccessibilité d’un ordinateur et Internet à la maison obligent certains
répondants à se déplacer pour y avoir accès; le transport étant problématique pour
certaines personnes, plusieurs ont abandonné l’idée de développer des
compétences dans ce domaine
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Difficultés d’identifier des endroits où se procurer des logiciels adaptés aux
besoins (limitation visuelle)
Disponibilité et flexibilité du chauffeur pour le déplacement ainsi que pour le
temps d’utilisation de l’ordinateur dans un endroit public (par ex. la bibliothèque)
Défi de maintenir ses compétences afin d’être capable d’exploiter les
fonctionnalités évolutives d’Internet.
Les besoins…
Imprimante en braille
Formation pour augmenter la capacité d’utilisation de l’ordinateur
Transport disponible pour suivre de la formation et avoir accès à un ordinateur
ainsi qu’à l’Internet
Besoin d’accompagnement pour utiliser l’ordinateur
Programme coûteux adapté pour détecter la voix.
2.11.12 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Technologie »
Le plus d'information que j'ai, le plus de pouvoir que j'ai.
Le site présentant les services (Handicaps.ca) pourrait être bilingue.
L'ordinateur et Internet m'a permis de rester en vie, de rester connecté, d'être
informé sur la fibro. Grâce à l'ordinateur, je me suis senti moins seul.
Would like to use the computer more, but it's physically challenging to use it.
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2.12 L’ENTREPRENEURIAT ET LES PERSONNES HANDICAPÉES
2.12.1 Propriétaires d’entreprise
Oui
Non
19
523
3.5%
96.5%
Un maigre pourcentage de répondants serait propriétaire d’une entreprise. Cette
situation est congruente avec les écrits concernant le travail autonome chez les
personnes ayant une limitation.
2.12.2 Désir de démarrer une entreprise
Oui
Non
73
356
17.0%
83.0%
Un certain nombre de répondants entretiennent le rêve de se lancer en affaires.
Incluant les abstentions, le ratio d’aspirants chute à (73/600) 12.2%. En dépit de cette
faible représentativité, les secteurs d’activités mentionnés sont très variés.
Agence de voyage
Agriculture alternative
Bien-être personnel et counselling
Communication
Conciergerie
Cordonnerie
Formation
Garderie
Horticulture
Loisirs
Magasin au détail
Médecine alternative
Métiers
Montage vidéo
Préparation de la nourriture
Réparation
Résidence de personnes âgées
Services aux personnes ayant une limitation
Services aux petits animaux
Traduction
Vente
2.12.3 Détention des compétences requises d’un entrepreneur
Oui
Non
118
279
29.7%
70.3%
Plusieurs répondants estiment ne pas détenir les compétences requises pour devenir
entrepreneur. En poussant plus loin l’analyse, nous constatons un portrait singulier
lorsque l’on ne tient compte que des personnes désireuses de démarrer leur propre
entreprise.
Chez les personnes envisageant le travail autonome
Compétences détenues
Compétences non-détenues
41
19
68.3%
31.7%
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Une vingtaine d’entrepreneurs en puissance, sur 60, indiquent ne pas posséder les
qualifications nécessaires au démarrage d’une entreprise. Les ressources du milieu,
offrant accompagnement et formation en gestion d’entreprise, pourraient satisfaire
leurs besoins pressentis. Par exemple, les répondants recevant des prestations
d’invalidité ou d’assurance-emploi sont susceptibles de se qualifier pour une aide
logistique ou financière, tel le programme d’aide au travail indépendant (ATI). Une
formation structurée y est déjà élaborée; il ne manque que la clientèle.
La flexibilité offerte par le travail autonome se marie bien aux particularités de
nombreuses personnes ayant une limitation. Plusieurs obstacles devront cependant
être aplanis dès le départ. Des sources externes confirment les difficultés importantes
que doivent confronter ces personnes qui souhaitant lancer une entreprise.
Notamment, les obstacles systémiques sont plus fréquents et ont une incidence plus
marquée. La rigidité des programmes de soutien à l’entrepreneurship convient peu à
la réalité des aspirants travailleurs autonomes. On constate bien souvent un manque
d’ouverture et de volonté d’adaptation de la part des institutions.
2.12.4 Intérêt à suivre une formation portant sur le démarrage d’entreprise
Oui
Non
40
20
66.7%
33.3%
Parmi les gens désireux de démarrer une entreprise, une quarantaine démontrent de
l’intérêt à entreprendre ou poursuivre une formation « habilitante ». Bien que l’on
constate une demande en matière de formation, elle s’avère passablement mitigée,
surtout lorsque l’on considère la taille de l’échantillon qui regroupe plus de 600
individus.
2.12.5 Synthèse des données secondaires portant sur l’« Entrepreneuriat »
La rareté de documents éclairant la relation Personnes ayant une
limitation/Entrepreneuriat atteste d’un faible intérêt des théoriciens pour ce domaine
de recherche, comme en témoignent Neufeldt et al
(1999) dans un article du
International Journal of Disability, Community and Rehabilitation. Aux États-Unis
comme au Canada, peu d’études traite de la question des expériences
entrepreneuriales des personnes ayant une limitation. Par contre, selon l’auteur,
quelques publications abordent le sujet des programmes de soutien à l’emploi, tel que
mentionné préalablement.
Sommité du domaine, Aldred Neufeldt (1999) expose tout d’abord certains éléments
de la problématique du « non-entrepreneuriat » des personnes ayant une limitation :
être à l’écart du marché du travail, dans certaines situations, depuis une durée
indéterminée, peut décourager quiconque à tenter de reprendre le contrôle de leur
situation professionnelle
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au fil du temps, plusieurs personnes peuvent se sentir déresponsabilisées et
confrontées à des obstacles systémiques constants les empêchant de devenir des
citoyens productifs à part entière.
Selon l’auteur, pour celles qui rêveraient de démarrer une entreprise, trois motifs se
démarquent soit :
contrer la discrimination
pallier à des difficultés économiques systémiques
se valoriser (estime de soi).
Dans un article publié en
2002, Neufeldt présente certains éléments liés aux
programmes de soutien à l’entrepreneuriat. Les participants à l’étude se sont tournés
vers le démarrage d’une entreprise en tenant compte de leurs difficultés d’intégration
au marché du travail rémunéré. Il semble que l’entrepreneuriat engendre des
satisfactions similaires, que les entrepreneurs soient handicapés ou non:
Sentiment d’indépendance et de succès face à la création de sa propre entreprise
Travail créé est perçu comme valorisé par les participants
Perception d’unicité en termes de compétences, de qualités et d’intérêts
Les participants ont indiqué avoir eu besoin de motivation, de travail acharné et
de persévérance pour percer en tant qu’entrepreneurs.
À l’opposé, les éléments suivants sont perçus comme des obstacles à
l’entrepreneuriat :
Difficulté à trouver l’information contraint l’entrepreneur à se tourner vers
plusieurs sources
Difficulté à avoir accès à du capital de risque
Fluctuation des revenus entretient l’insécurité financière
Sentiment d’isolement et de manque de soutien
Dans certains cas, difficultés à générer des revenus d’entreprises excédant 5 000$
Attitudes et perceptions négatives provenant du secteur des affaires ainsi que des
conseillers en entrepreneurship, bien qu’eux-mêmes offrent des programmes de
soutien
Les programmes d’appui, offerts sous forme de projet pilote ou à court terme, ne
permettent pas de soutenir adéquatement les personnes ayant une limitation qui
désirent démarrer leur entreprise.
Enfin, l’auteur recommande la réalisation d’actions positives soutenant les aspirations
professionnelles des personnes ayant une limitation :
Promouvoir les aspects positifs de l’entrepreneuriat
Promouvoir la réelle possibilité de démarrer une entreprise à leur image
Promouvoir leur réelle contribution au sein du développement économique
communautaire d’une région au même titre que tout autre entrepreneur
Mettre sur pied un programme d’accès à l’entrepreneuriat utile, pertinent et à long
terme
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En matière d’entrepreneuriat, harmoniser leurs talents et leurs compétences, les
actions des organisations responsables et les politiques gouvernementales afin de
créer les conditions gagnantes qui favoriseront un entrepreneuriat durable.
2.12.6 Les défis
À la lecture des commentaires des répondants à la présente étude, on constate que
plusieurs personnes possèdent déjà une expertise du monde des affaires. Quelques-
unes seraient également intéressées à s’investir dans une entreprise si la conjoncture
était davantage favorable.
Les défis…
Trop dispendieux de tenter de démarrer une entreprise
Revenus insuffisants pour mettre sur pied une entreprise
Expérience de gestion insuffisante pour démarrer une entreprise
Expérience négative passée avec le programme de soutien au démarrage
Condition de santé compromet la capacité d’y mettre l’énergie nécessaire.
2.12.7 Commentaires des répondants portant sur l’aspect « Entreprenariat »
Dans ma situation, être travailleur autonome serait l'idéal, par contre le
programme de soutien aux personnes handicapées… $$$???!!! Quels avantages
seraient coupés ? Aurais-je 90% de Red Tape pour tout ce que je ferais ? Du
côté du RPC, je crois que c'est moins compliqué.
J'ai beaucoup de projets mais je manque d'énergie pour les réaliser.
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3.0 Les aînés handicapés
Tout au long de ce document, la situation particulière des aînés ayant une limitation
fut peu discutée. À l’origine, l’enquête excluait le segment des 65 ans et plus. En
cours de mandat, le dégagement de ressources supplémentaires aura permis d’élargir
l’échantillonnage. Bref, les efforts additionnels auront mené à accroître, de façon
significative, le nombre de questionnaires complétés et, simultanément, la pertinence
de l’exercice.
Les résultats divulgués en cours de rapport intègrent les données provenant de
l’ensemble des répondants. Certains constats spécifiques aux aînés s’en trouvent
dilués. Afin de remédier à cette lacune, nous présentons ici les faits saillants d’un
rapport gouvernemental produit par Ressources humaines et développement social
Canada, et intitulé Vers l’intégration des personnes handicapées : Section spéciale au
sujet des aînés (2005).
Il est prévu que ce segment de population âgée de 65 ans et plus croîtra de 3,9
millions, en 2001, à 6,1 millions en 2026
En 2026, 54% de la population canadienne sera constituée d’aînés ayant une
limitation comparativement à 42% en 2001
21 % d’aînés ayant une limitation font du bénévolat, comparativement à 27% de
la population générale des aînés
Un moins grand nombre d’entre eux (11%) travaillaient comparativement aux
travailleurs plus âgés (16%)
La famille est la source principale de soutien des aînés ayant une limitation; les
membres de la famille soutiennent leurs parents dans la préparation de repas,
l’aide avec les courses, le transport, les travaux ménagers, les soins médicaux et
les soins infirmiers spécialisés; ceci correspond aux statistiques obtenues dans
l’étude actuelle et présentée dans la section « Besoins spéciaux »
66% des aînés handicapés reçoivent des mesures de soutien à domicile, alors que
10% n’en reçoivent aucune
72% d’entre eux disposent d’un logement modifié; ceux qui n’en possèdent pas
désignent les coûts comme principal barrière
En matière de santé, peu d’aînés handicapés (6%) estiment détenir une excellente
santé, comparativement à 19% de la population générale des aînés; dans la même
veine, 28% des répondants déclarent avoir une santé passable, comparativement à
seulement 9,7% de l’ensemble des aînés
Question revenu, les aînés ayant une limitation, plus spécifiquement ceux vivant
seuls, déclarent des revenus plus faibles (3 000$) que la population générale des
aînés
72% d’entre eux bénéficient de programmes gouvernementaux de soutien au
revenu, comparativement à 63% des aînés en général.
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4.0 Groupes de discussion
En sus de la distribution du questionnaire, la consultation populaire prit également la
forme de « groupes focus » qui rassemblèrent une quarantaine de personnes. Au
nombre de cinq, ces sessions tenues à Alfred
(2), Casselman, Hawkesbury et
Rockland auront permis de recueillir les opinions de personnes ayant une limitation
sur des sujets précis. Les questions suivantes furent adressées à l’assistance :
Quel portrait se fait-on de la personne ayant une limitation ?
Quels sont les obstacles majeurs qui limitent votre pleine participation à la vie de
votre communauté ? De quelles façons ces obstacles limitent-ils votre pleine
participation ?
Quels sont les changements que vous aimeriez voir se produire d’ici cinq (5) ans
dans vos communautés ?
Laissons la parole aux individus qui occupent les premières loges lorsqu’il est
question de leurs perceptions sur ces trois sujets fondamentaux.
4.1 Quel portrait se fait-on de la personne ayant une limitation?
La personne ayant une limitation c’est une personne…
Commentaires
Références
qui est comme n’importe qui
Inclusion
qui veut être respectée pour ce qu’elle est
qui a, comme tout le monde, des émotions, des
désirs, des peurs, des qualités et même des défauts
qui sert de modèle
qui veut que ça bouge, que ça change
Volonté de changement
batailleuse, survivante dans bien des cas
experte de la débrouillardise et persévérante
qui se connaît très bien, qui connaît ses limites, mais
Capacité d’engagement
aussi ses capacités
compétente et patiente
qui apprécie le moment présent
qui est à l’écoute et va au-devant des besoins des
Aptitudes
autres
interpersonnelles
joviale, qui aime la vie
Mais également…
Commentaires
Références
peut être une personne avec une limitation physique
Individu « unique »
ou intellectuelle
qui a des besoins spéciaux
se sent différente des autres
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Commentaires
Références
doit se battre avec le système et les assurances
Défis
rencontre
beaucoup d’obstacles
physiques,
architecturaux et environnementaux
a de la difficulté à se trouver un emploi
vit dans la douleur tous les jours, dans certains cas
qui a des défis à surmonter
peut être en danger par son handicap (malentendant)
est mise de coté, ignorée
Rejet
est victime, à tort, de préjugés et parfois laissée pour
compte
a besoin d’aide tous les jours, dans certains cas
Dépendance
est privée au niveau des services et du transport
n’a pas suffisamment d’aide et de support de la
famille
manque d’accès aux activités
Exclusion
qui se fait regarder bizarrement
vit de l’isolement, du stress, et parfois de la déprime
peut être oubliée avec un handicap caché, mais
observé avec un handicap visible
est consciente du pouvoir que la société a sur elle
Oppression
peut se faire abuser
est privée de beaucoup de choses
Ressources
peut manquer d’outils et d’information pour
améliorer sa qualité de vie
qui a de très grands besoins financiers pour répondre
aux besoins d’adaptation quotidienne
Commentaires significatifs
«Une personne handicapée, c’est une personne qui a une limitation fonctionnelle,
qui aspire quand même aux désirs de n’importe quelle personne qui n’a pas de
handicap, mais qui doit se battre, à peu près constamment, pour arriver à ses
fins ».
« Ce n’est pas parce que je suis en fauteuil que je veux me faire prendre en pitié;
ce n’est pas de l’apitoiement qu’on veut ».
« Je ne regarde pas les choses que je ne suis plus capable de faire; je regarde les
choses que je suis encore capable de faire ».
Les personnes handicapées préfèrent être désignées comme …
une personne ayant une limitation
ou
une personne ayant une déficience (en y ajoutant un descriptif)
Commentaires significatifs
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« Lorsqu’on dit d’une personne qu’elle est limitée, on a l’impression qu’elle peut
encore faire autre chose. »
4.2
Quels sont les obstacles majeurs qui limitent votre pleine
participation à la vie de votre communauté ? De quelles façons ces
obstacles limitent-ils votre pleine participation ?
Malheureusement trop nombreux, en voici quelques-uns …
4.2.1 Les préjugés, les attitudes négatives, les incompréhensions et le manque
d’ouverture d’esprit
Commentaires significatifs
« Les barrières physiques on peut toujours en venir à bout, mais les préjugés, ça
c’est tenace. »
« L’attitude change tout de suite, (…) parce que j’ai de la misère à voir, je perds
des compétences. »
« L’intégration est sur le dos de la personne, c’est elle qui doit être patiente. On
ne demande pas à la population d’être patiente »
4.2.2 Le manque de connaissances face aux besoins et aux capacités de la
personne ayant une limitation
« J’avais beau leur dire : j’ai un ordinateur adapté à la maison
(… )[Les
employeurs répondent], mais comment ça marche cette affaire-là? Est-ce que
c’est plus lent ? Les gens ne savent pas. Je suis obligée d’expliquer. Tout de
suite l’attitude change. »
« Au nom de la sécurité, on ne m’offre pas de rôles ou de responsabilités »
« Pour les constructions neuves, l’entrepreneur ne respecte pas les dimensions
dont j’ai besoin : les portes ne seront pas assez larges»
4.2.3 Le manque d’accessibilité physique dans les entreprises commerciales et
les endroits publics pouvant affecter la sécurité, la qualité de vie, l’accès à
l’information
«Dans les commerces et les lieux publics les comptoirs sont trop haut, les portes
sont lourdes, il manque de porte électrique, de sonnette, de rampe; l’équipement
d’accessibilité fait souvent défaut »
« Ce n’est pas considéré important de pouvoir te déplacer aisément. »
« On me dit souvent : il y a juste une marche je vais t’aider. Moi, ça ne fonctionne
pas, je ne peux pas me lever et sortir de ma chaise »
«J’aimerais bien voir des stationnements ou des endroits réservés aux utilisateurs
de triporteurs»
Au sujet des stationnements désignés…
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« Quand j’interviens, on rit de moi »
« La ville ne fait pas ses devoirs pour les faire respecter »
« Il y en a pas assez et ils sont utilisés pour que des personnes non-handicapées
fassent des commissions rapides »
4.2.4 Le manque de soutien politique et judiciaire que ce soit les revenus
disponibles et les normes non respectées.
« L’argent est important et lorsqu’on en manque, ça devient un obstacle. »
« Il faut presque être millionnaire pour être handicapé. »
« La responsabilité financière repose souvent sur le conjoint »
« Les services gouvernementaux ne couvrent pas nos besoins, seulement qu’une
partie »
«Les personnes handicapées ne sont pas une priorité pour nos dirigeants. Je vois
un manque d’intérêt général de la société»
« La pauvreté est un obstacle majeur et honteux »
«J’aimerais bien avoir accès à un conseiller financier pour une meilleure
planification financière sans que l’on soit pénalisé »
4.2.5 Lacunes en matière de services directs ou de soutien
« Difficile de faire des activités et préserver un cercle d’ami.e.s quand il n’y a pas
de transport adapté»
« À l’hôpital, on n’est pas une priorité »
« Les entreprises de services de soutien manquent de formation»
« Il m’est difficile de faire des loisirs adaptés dans Prescott-Russell»
« Absence de regroupement pour les personnes handicapées »
« Il n’y a pas suffisamment de logements adaptés et la liste d’attente est de 3 à 4
ans»
« Je ne me sens pas en sécurité dans mon logement»
« Manque de compréhension des propriétaires pour faire des adaptations»
« Les services donnés sont toujours conditionnels et souvent ne s’appliquent pas »
« Manque d’adaptation des programmes, de l’évaluation, de compréhension et de
flexibilité de la personne qui évalue »
« Incompétence des professionnels »
« J’ai peu appris à l’école; j’ai surtout regardé des films toute la journée»
« L’école ne donne pas d’occasion de mettre à profit les compétences»
« J’ai dû placer mon enfant pour avoir accès à des services; c’est difficile »
« En tant que mère, j’ai senti qu’on me rendait responsable pour les déficiences
de mon enfant »
« Le manque de soutien a fait en sorte de me sentir encore plus coupable de ne
pas pouvoir répondre seule aux besoins de mon enfant »
4.3 Quelles sont les possibilités de changement que vous aimeriez voir se
produire d’ici cinq (5) ans dans vos communautés ?
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En regardant vers l’avenir, les participants aux groupes de discussion suggèrent les
pistes d’améliorations suivantes :
4.3.1 Suggestions aux instances gouvernementales
Augmenter la livraison de services à domicile
Prioriser la santé
4.3.2 Suggestions en matière de règlementation (publique ou privée)
Consulter davantage les personnes au sujet de leurs besoins
Les impliquer davantage dans les décisions qui les concernent
Appliquer des lois actuelles (y compris les stationnements désignés)
Soutenir le dépôt des plaintes constructives
Faire respecter le code du bâtiment
Commentaires significatifs
« Qu’on mette les conseillers municipaux dans une chaise roulante une semaine
de temps. »
« Pour faire des changements, il faut reconnaître les besoins et leur nécessité. »
4.3.3 Suggestions quant à l’information et à la sensibilisation
Augmenter les occasions de formation des intervenants directement impliqués au
sein des organismes de services sociaux, communautaires et de santé
Accroissement de la distribution d’information pour l’ensemble de la
communauté
Créer un guichet unique d’information au sujet de la personne ayant une
limitation
Promouvoir, par les média électroniques, les changements qui nous touchent
Produire des outils promotionnels (films, vidéo) présentant des modèles positifs
pour sensibiliser les gens, les entreprises à notre vécu
Reconnaître l’expertise du Phénix au niveau régional (Prescott-Russell)
4.3.4 Suggestions concernant l’accessibilité physique et le changement d’attitude
Mettre en place du transport adapté abordable et flexible
Augmenter l’offre de logements adaptés
Accroître l’accessibilité des lieux publics
Sensibiliser la population face aux attitudes négatives, empreintes de préjugés
Augmenter la sécurité communautaire pour les personnes ayant une limitation
4.3.5 Suggestions adressées aux personnes ayant une limitation
Augmenter des occasions d’habilitation (empowerment) sans crainte de perdre
des services
Soutenir la formation de groupes, d’associations liés aux handicaps
Former un comité d’appui pour les personnes en attente de recevoir un soutien
gouvernemental financier ou qui ne sont pas admis (refus)
Augmenter les opportunités d’emplois intéressants, valorisants, pertinents et utiles
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Intervenir auprès des employeurs afin d’instaurer des conditions et des milieux de
travail plus ouverts et souples pour les personnes ayant une limitation
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5.0 L’inclusion des personnes handicapées
Le Phénix entend élaborer un plan d’action stratégique à partir des informations
contenues dans ce rapport d’enquête. Nous nous permettons de mettre en relief
quelques éléments d’inclusion qui pourront fonder la stratégie.
Le concept d’inclusion est omniprésent lorsque l’on s’intéresse à la situation des
personnes ayant une limitation. Comme le démontre l’enquête, ce segment de la
population exprime un profond désir de « faire partie » de la communauté. À ce
sujet, le Conseil de planification sociale d’Ottawa a développé en 2003, suite à un
forum communautaire, quelques caractéristiques d’une communauté inclusive :
Toute personne a voix aux décisions qui la concerne et peut contribuer à sa façon
à la vie de la communauté
Les personnes partagent un sentiment d’appartenance
Des personnes se connaissent, se sentent appréciées
Les personnes entretiennent des relations humaines normales et elles ont des
ami(e)s.
Différents types de logement sont disponibles afin de répondre à différents types
de personnes et de besoins
Tous les besoins essentiels sont comblés, tels que les services de soutien et les
services communautaires
Les personnes profitent équitablement de tout ce qui est offert dans leur
communauté
La sécurité de la communauté inclusive est une priorité; l’entretien des
infrastructures est assuré.
Bien qu’il existe de la documentation traitant des mesures d’intégration et
d’accessibilité, l’envergure nationale des recherches prête difficilement à l’évaluation
des conjonctures locales. Un document rédigé en 2005 par le Conseil de planification
sociale d’Ottawa Le principe d’intégration : Indicateurs significatifs des processus
d’intégration et des installations accessibles en place dans les collectivités locales
pour les personnes handicapées revêt un caractère davantage pratique. Répondant
aux préoccupations d’accueil et d’accessibilité, les thèmes abordés sont englobant : le
revenu et l’emploi, le logement, le transport, l’accessibilité et la participation à la vie
communautaire, les outils et services, l’éducation, le perfectionnement des
compétences et le développement humain, l’état de santé et l’amélioration globale de
l’intégration sont développés en fonction d’indicateurs « de performance ». Ainsi, une
municipalité désireuse d’apprécier l’évolution de la situation des citoyens handicapés
disposerait d’indicateurs de performance pertinents.
« Différent » ne signifie pas « incompétent ». Il importe pour les employeurs de faire