Séquestrée sur un autobus
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Le 8 juin 2014, une passagère en fauteuil roulant à bord d’un autobus de la Commission de Transport de Toronto (CTT) s’est retrouvée séquestrée, en compagnie d’une autre passagère en fauteuil roulant, pour plus d’une heure! Le tout a débuté lorsqu’une des passagères a manqué son arrêt : malgré le fait qu’elle avait demandé au chauffeur d’annoncer son arrêt, celui-ci ne l’a pas fait et le système d’annonce automatisé était défectueux. La passagère s’est alors dirigée vers le chauffeur et lui a demandé de la laisser sortir à l’arrêt suivant, ce qu’il a refusé de faire, citant des risques de sécurité puisqu’il y avait de la construction à cet arrêt. Il a cependant permis à d’autres passagers de débarquer à l’arrêt.

La situation s’est envenimée lorsque le chauffeur à ordonner la passagère de retourner à l’arrière puisque, selon lui, les fauteuils n’ont pas le droit de demeurer dans l’allée de l’autobus; ce que la passagère a fermement contesté. Devant son refus de retourner à l’arrière, le chauffeur a déclaré l’autobus hors service en attendant la venue d’un agent de sécurité de la CTT et a permis aux passagers de descendre… sauf les deux femmes en fauteuil roulant. Il a refusé de descendre la rampe, les séquestrant à bord de l’autobus pour plus d’une heure. À l’arrivée du représentant de la CTT, celui-ci s’est excusé et a confirmé que les passagers en fauteuil roulant avaient le droit d’être dans l’allée de l’autobus.

Plusieurs plaintes à l’endroit de l’accessibilité concernant surtout les rampes d’autobus sont reçues à la CTT. En effet, les chauffeurs se doivent de vérifier l’état des rampes avant chaque quart de travail, mais l’autobus est tout de même en service si la rampe ne fonctionne pas.

À la lumière de cet évènement, Judith Parisien directrice du Phénix, a été invitée à commenter à l’émission y’a pas deux matins pareils sur la chaîne Première de Radio-Canada à Toronto. Elle déplore de tels événements qui sont souvent le résultat de l’attitude négative qu’ont plusieurs personnes de la collectivité envers les personnes avec des limitations, et ce dû à l’incompréhension et au manque d’information. Elle souligne que l’attitude négative est encore aujourd’hui l’obstacle premier que doivent faire face les personnes avec des limitations.

Selon elle, la formation est l’outil le plus important pour contrer cette vision négative alors que la collectivité est appelée à percevoir le handicap de façon plus positive. Elle cite également la Loi 2005 sur l’accessibilité qui oblige une telle formation tant dans le secteur public que privé. De plus, cette formation invite les entreprises à réviser leurs procédures, qui sont souvent, après l’attitude négative, le plus grand obstacle à l’accessibilité.