Mon corps me parle…
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Jeans et espadrilles jeune filleTout le monde parle de la violence. Violence physique, violence psychologique, violence verbale, violence financière… et j’en passe! On utilise aussi d’autres mots comme intimidation, sévices, agressivité, contrainte… la liste est longue.

Aujourd’hui, je veux vous parler d’une autre sorte de violence, une violence qui est souvent invisible.

Imaginez que vous êtes une jeune femme de 18 ans. Vous aimez être entourée de gens qui s’intéressent à vous. Vous voulez leur plaire, leur faire plaisir,  vous rêvez au prince charmant, rêvez d’avoir un amoureux, d’être enlacé… comme dans les beaux films à la télé.

Mais voilà, la réalité est que vous avez une déficience intellectuelle et que votre entourage vous voit encore comme une petite fille de 8 ans. Pour eux vous ne serez jamais une femme, vous resterez pour toujours une enfant.

Votre corps vous parle et vous ne trouvez pas les mots pour expliquer ce que vous ressentez. Avec tout ce que vous voyez au petit écran, vous ne faites pas la différence entre amour et sexe.

Personne ne vous a parlé de sexualité. Pourquoi l’auraient-ils fait? Pour eux vous n’avez pas ce besoin.

Cette jeune femme ne comprend pas ce qui se passe. Elle tourne en rond comme si elle était en cage. Son corps lui parle, son cœur s’emballe. Sujet tabou!  Pas moyen d’en parler.  La société ne reconnait pas les besoins affectifs et sexuels des personnes en situation de handicap.

De là vient l’importance de l’éducation autant pour le parent que pour la personne en situation de handicap.

En lui donnant accès à une éducation affective et sexuelle adaptée à son niveau de compréhension, elle pourra mieux se comprendre elle-même, savoir ce qui lui arrive, mettre fin au tiraillement qu’elle vit intérieurement.

Elle sera mieux outillée pour faire face à la vie, car avec l’éducation vient aussi le pouvoir.  Elle doit savoir :

  • qu’il y a une différence entre faire l’amour et être agressée;
  • que même si on lui dit qu’elle est belle, ça ne veut pas dire qu’on l’aime;
  • qu’elle a le droit de consentir ou de refuser;
  • comment fonctionne le corps humain, les organes de reproduction;
  • ce qu’est une relation sexuelle; et
  • comment se protéger des grossesses non-désirées et des maladies transmises sexuellement, etc.

Priver les enfants vivant avec un handicap d’éducation sexuelle ne les protège pas. Bien au contraire, c’est les mettre à risque, les rendre vulnérables aux prédateurs.

Votre enfant de 18 ans est une jeune adulte avec les mêmes rêves, les mêmes aspirations que ses pairs.

Une réflexion au sujet de « Mon corps me parle… »

  1. Dyane Ménard

    Bravo Chantal ! Pour ton premier billet, t’es bien courageuse d’avoir choisi un sujet délicat. Un sujet tabou reste tabou aussi longtemps qu’on garde le silence. Ensuite on se demande pourquoi les femmes et les filles en situation de handicap plus nombreuses à être agressées. La clé, c’est l’éducation, l’information. Certains pays d’Europe ont une longueur d’avance sur le Canada à ce sujet. Le site https://informations.handicap.fr/cat-vie-affective-sexualite-19.php déborde d’information.

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