Les types de violence

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LA VIOLENCE CONJUGALE

La violence conjugale désigne la violence ou le mauvais traitement qu’une femme peut vivre entre les mains d’un partenaire marital, de droit commun ou de même sexe. Elle peut se produire durant une relation, y compris lorsqu’il y a rupture, ou après la fin de la relation. La violence conjugale peut se manifester de différentes façons : physiquement, verbalement, psychologiquement, sexuellement, financièrement, spirituellement, ou autre.

LA VIOLENCE FAMILIALE

Tous les mauvais traitements et toutes les négligences dont une personne peut être victime là où elle vit, ou là où elle reçoit des soins relèvent de la violence familiale. Étant donné que la plupart des personnes handicapées doivent parfois s’en remettre à d’autres pour leur soins, on entend ici par « famille », non seulement les parents, les conjoints et les proches, mais aussi les amis, les voisins, et les soignants. La violence familiale regroupe plusieurs formes de violence.

Les personnes vivant avec une limitation sont souvent plus vulnérables au pouvoir de persuasion, à la manipulation et au contrôle, étant habituée au conformisme, par manque de confiance ou d’information. Par exemple, une personne déficiente au niveau intellectuel cerne difficilement les nuances dans les propos et accorde parfois une autorité démesurée aux personnes de leur entourage qui peuvent en profiter. Certaines personnes utiliseront cette situation pour agresser, pour poser des gestes irrespectueux ou faire des attouchements. La crédibilité des personnes vivant avec une limitation est souvent mise en doute par les gens en position de les défendre.

Ses pairs, les adolescents, les enfants, les membres de sa communauté, ses collègues de travail, les étrangers lors de déplacements dans une autre communauté, peuvent exercer une violence quelconque envers la personne handicapée.

Outre les cinq formes mentionnées sous la violence conjugale, elle regroupe aussi la négligence, le mauvais traitement, la violence financière et la violence à l’égard des médicaments.

Les abus reliés aux déficiences

Il y a plusieurs formes d’abus qui existent envers les personnes handicapées. Toutefois, certains d’entre nous ne sommes pas conscients de ces abus.

En voici quelques exemples :

  • Obliger à porter un appareil auditif ou une prothèse pour remplacer un membre.
  • Ne pas permettre d’utiliser ses appareils de soutien sous prétexte d’esthétique.
  • Détruire, cacher, mettre hors de portée, refuser de procurer ou de réparer un dispositif d’aide (canne, déambulateur, fauteuil roulant, etc).
  • Déplacer un fauteuil roulant sans le consentement de son usager.
  • Négliger de fournir un médicament ou une nourriture recommandée.
  • Blesser, ne pas nourrir convenablement ou refuser de soigner un chien-guide.
  • Refuser une sortie quelconque sous prétexte d’une prétendue inaptitude à en profiter.
  • Enfermer ou attacher la personne sous prétexte de sécurité.
  • Retarder un besoin naturel ou laisser la personne dans la salle de toilette par négligence ou par mesure punitive.
  • Administrer des médicaments ou drogues sous prétexte de calmer.
  • Négliger les soins d’hygiène personnelle sous n’importe quel prétexte.
  • Dénier ou refuser l’information en matière de services d’aide.
  • Refuser son droit de contrôler ses finances ou priver d’argent.
  • Faire avorter ou stériliser sans consentement.
  • Toucher les parties intimes sous prétexte d’éducation ou de vérification.
  • Dévoiler des faits relatifs à son état, sans son consentement, sous prétexte d’enseignement.
  • Exprimer que le handicap est cause de désagréments (surplus de travail, restrictions, contrariétés, etc).
  • Dénier toute crédibilité, minimiser ou interpréter à sa façon les révélations d’agressions.
  • Dire que la déficience déforme et annihile tous les attraits féminins.
  • Entraver toute expression des sentiments ou de sa sexualité.
  • Certaines fois, la surprotection peut aussi se transformer en une forme de contrôle indu sur une femme handicapée dans le sens qu’il ne lui est jamais permis de faire quoi que ce soit par elle-même.

Qu’est-ce que la violence ?

Généralement, lorsque nous entendons parler de « violence », ce sont presque toujours les mêmes images qui nous viennent en tête : brutalités physiques, agressions sexuelles. Toutefois, la violence peut être exercée de différentes façons, autres que physiquement et nous comptons plusieurs formes de violence à l’égard des femmes handicapées.

Selon Dick Sobsey Sexual Offenses and Disabled Victims : Research and Practical Implications (1988), « on estime que les femmes handicapées sont de 1,5 à 10 fois plus susceptibles d’être maltraitées que celles non handicapées, selon qu’elles vivent dans des communautés ou des établissements. » Cette constatation est due au fait que les femmes handicapées ont souvent recours à un groupe d’individus indépendants l’un de l’autre : préposés à domicile, interprètes, chauffeurs, médecins, infirmiers, enseignants, travailleurs sociaux, psychiatres, thérapeutes, conseillers, travailleurs dans des hôpitaux et d’autres établissements, etc. Toutes ces personnes peuvent exercer une forme de pouvoir ou de contrôle. Par conséquent, il est donc très important d’être conscients des possibilités de violence.

De plus, il ne faudrait pas omettre de mentionner que les femmes sont souvent jugées selon leur apparence physique plutôt que selon leurs qualités humaines. Les femmes handicapées, elles, ne répondent souvent pas au standard physique et subissent alors plus facilement de la discrimination. On les considère parfois asexuées et par conséquent on les prive de leur droit de fonder une famille et d’avoir et/ou d’élever des enfants.

L’estime de soi d’une femme dépend énormément de la manière dont elle répond à l’image stéréotypée que la société nous impose. Sa faible estime de soi est souvent la grande cause de sa vulnérabilité.

C’est pourquoi les explications suivantes tentent de dénoncer toutes formes de violence, qu’elles soient physiques, psychologiques ou autres, et de sensibiliser les gens à l’égard de la violence envers les femmes handicapées.

Types de violence

LA VIOLENCE PHYSIQUE

La violence physique est en somme tout acte physique fait avec l’intention de blesser ou de causer du mal à l’autre. Cela comprend les gifles, coups de poing, coups de pieds, brûlures, pincements, morsures, poussées, tirage de cheveux, étranglement, bousculade, séquestration, coup avec une arme, etc. Bref, tout contact physique non désiré.

Exemples de comportements physiques violents à l’égard de personnes handicapées : refuser d’aider la personne à aller à la salle de toilette, déplacer une personne dans un fauteuil roulant contre sa volonté, profiter du fait que la personne sourde ou aveugle ne puisse prévoir les coups, les gifles, ou autre.

LA VIOLENCE VERBALE

La violence verbale est très répandue et très souvent oubliée. Elle peut être exercée par des gens de votre entourage sans que ces derniers s’en rendent compte. Elle est très destructive car elle ronge peu à peu l’estime de soi d’une personne. La violence verbale peut se présenter sous plusieurs formes. Si vous reconnaissez un des comportements suivants chez une personne de votre entourage, il est fort probable que cette personne utilise de la violence verbale.

Exemples de comportements verbaux violents : vous crie après, vous traite de tous les noms, vous harcelle en passant des remarques désobligeantes, vous accable d’insultes, vous dit que personne d’autre ne voudrait de vous, vous parle comme si vous étiez un enfant ou un idiot, vous rabaisse constamment, ridiculise votre apparence, menace de vous faire mal, menace de faire du mal à ceux que vous aimez, déprécie les choses importantes que vous accomplissez, vous met à la gêne en public, etc.

LA VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE

La violence psychologique peut souvent être confondue avec la violence verbale. Toutefois, cette violence est utilisée dans l’unique but d’abuser d’un certain pouvoir ou de contrôle. On appelle parfois cette violence « cruauté mentale ». Les comportements suivants sont généralement reconnus comme étant des formes de violence psychologique : rejeter, dégrader, terroriser, isoler, exploiter ou priver la personne de chaleur humaine.

Exemples de comportements psychologiques violents à l’égard de personnes handicapées : rire de la personne handicapée ou de sa déficience, tenir les mains d’une personne muette lorsque cette dernière tente de communiquer, ne pas informer la personne aveugle sur la présence d’autres personnes dans une pièce dans le but de l’exclure, menacer la personne aveugle ou à mobilité réduite de la laisser seule dans un endroit inconnu ou dans un endroit dangereux, laisser une personne aveugle seule dans un endroit inconnu ou dans une situation stressante, etc.

LA VIOLENCE SEXUELLE (L’AGRESSION SEXUELLE)

La violence sexuelle désigne tout acte sexuel ou d’exploitation sexuelle non désiré. Cette forme de violence peut se manifester de plusieurs façons : faire des attouchements ou attenter à la pudeur, exposer l’autre à du matériel pornographique, attacher l’autre contre son gré pour son propre plaisir sexuel, le viol (pénétration du pénis dans le vagin sans le consentement de la femme), agresser sexuellement avec un objet ou harceler sexuellement, par exemple, faire des farces à connotation sexuelle, toucher à des endroits où la personne ne désire pas être touchée.

Exemples d’agression sexuelle à l’égard de personnes handicapées : La personne sourde n’entendra pas les farces à connotation sexuelle faites à son égard tandis que la personne aveugle ne prévoira pas les attouchements non voulus. La femme à mobilité réduite pourrait se trouver dans une situation d’impuissance dans un viol. Le refus ou l’omission de donner une éducation sexuelle peut aussi être considéré comme étant de la violence sexuelle.

LA VIOLENCE SPIRITUELLE

La violence spirituelle inclut l’utilisation de la religion d’une personne ou de ses croyances spirituelles pour la manipuler, la dominer ou la contrôler. Cela peut comprendre le fait d’empêcher une personne à s’adonner à des pratiques spirituelles ou religieuses, ou de ridiculiser ses croyances.

Exemples de comportements violents à l’égard de la spiritualité de personnes handicapées : refuser d’accompagner une personne qui ne peut se déplacer seule pour assister à une cérémonie religieuse, faire des gestes qui déprécient les croyances d’une personne aveugle lorsqu’elle en discute ou faire des commentaires qui ont le même effet au sujet des croyances d’une personne sourde, à leur insu.

LA NÉGLIGENCE

Il y a négligence lorsqu’on ne pourvoit pas aux besoins fondamentaux de la personne, qu’on la prive des nécessités de la vie quotidienne, qu’on la néglige sur le plan émotionnel ou qu’on omet de lui procurer les soins médicaux nécessaires. Ne pas fournir de la nourriture appropriée à la personne ou ne pas lui donner une portion adéquate est une forme de négligence. La personne qui est placée en institution ou qui dépend d’une autre personne pour la satisfaction de ses besoins essentiels, comme pour son équilibre émotionnel, court le risque d’être négligée.

LE MAUVAIS TRAITEMENT

On entend ici par « mauvais traitement » le recours aux médicaments, à l’isolement ou aux techniques de contrainte matérielle ou chimique qui causent du tort à la personne ou qui sont susceptibles de lui causer du tort. Il y a risque de mauvais traitement quand on fait appel à des thérapies comme la contrainte matérielle, l’utilisation de stimulateurs électriques, la vaporisation de jus de citron dans la bouche, l’isolement pour une période déterminée, ou s’il y a recours excessif aux stimulants ou aux tranquillisants dans le but d’altérer le comportement. Nous devons aussi être vigilants concernant le mauvais traitement envers les chiens-guides. Pour une personne aveugle, le respect envers son chien est aussi important que le respect envers elle-même. Un chien maltraité peut nuire énormément à la personne aveugle.

LA VIOLENCE FINANCIÈRE

L’exploitation financière se produit lorsqu’une personne considère l’argent ou les possessions d’une autre personne comme ses propres avoirs. C’est un contrôle financier exercé sur une personne. C’est de ne pas permettre à la personne de s’occuper de ses propres finances ou de prendre des décisions à sa place concernant ses finances.

Voici quelques exemples de violence financière : chantage, privation du profit, privation de confort dans le but d’économiser, vol d’un moyen de paiement, testament sous contrainte, autorité financière abusive, etc. Par exemple, une personne handicapée pourrait subir de la violence financière si l’on refuse de lui acheter un nouvel équipement nécessaire à son accessibilité dans le simple but d’économiser. Ou encore, si le parent, tuteur ou conjoint néglige d’informer la personne handicapée de ses biens financiers.

LA VIOLENCE PAR LE BIAIS DES MÉDICAMENTS

La violence « médicamenteuse » est le fait de priver la personne de soins médicamenteux ou d’en abuser dans le but de nuire.

Cette forme de violence se manifeste par : les injections massives, la privation de médicaments, l’exécution tardive de prescriptions médicales, l’excès de médicaments, la non prise en charge de la douleur, la non prise en charge de la dépression, etc.