Comment reconnaître la violence ?

Print this page

Comment la violence se manifeste-t-elle ?

La violence se manifeste peu à peu. Souvent, la première fois qu’une femme est victime de violence physique, elle croit à une erreur de parcours de l’abuseur et elle est persuadée que ça ne se reproduira pas. Mais, une fois est une fois de trop ! Souvent, les comportements agressifs de l’abuseur se multiplient et augmentent.

La violence physique commence généralement par la menace et peut aller jusqu’à la mort. Entre ces deux extrémités, nous retrouvons plusieurs comportements significatifs de la violence: la contrainte physique, les coups, les bousculades, les blessures physiques, etc. Tout ce qui blesse le corps est considéré une forme de violence physique.

La violence verbale peut se manifester à partir du chantage et aller jusqu’aux ordres. Entre ces deux extrémités, nous retrouvons une gamme de comportements : moqueries, insultes, ton élevé, dégradation, etc.

La violence psychologique se manifeste aussi graduellement. Le fait de diminuer, rabaisser ou insulter la personne sont des formes de violence psychologique. D’autres comportements sont aussi synonymes de violence psychologique : terroriser, isoler, exploiter ou délaisser la personne.

La violence sexuelle se manifeste lorsque le partenaire ou l’«agresseur» exige des faveurs ou comportements sexuels sans le consentement de l’autre.

Toute autre forme de violence se manifeste de la même façon ; c’est-à-dire, graduellement. C’est un pouvoir, un contrôle exercé sur une personne et ce contrôle ou ce pouvoir est de plus en plus présent, encombrant et menaçant. Une fois est une fois de trop ! N’attendez pas que la violence s’amplifie ! Agissez !

Indices qu’une femme serait abusée

  • Elle a des marques de blessures physiques mais elle refuse d’en discuter
  • Elle semble très dépressive
  • Elle a peur d’exprimer ses émotions ou, au contraire, est dans une grande colère (qui peut parfois sembler disproportionnée)
  • Elle est plutôt passive
  • Il y a des antécédants de violence dans sa famille d’origine
  • Elle a peur de l’intimité sexuelle ou, au contraire, affiche sa sexualité de façon démesurée
  • Elle garde un sentiment d’hostilité envers son/sa partenaire, envers certains membres de sa famille, ou envers les personnes qui l’entourent (préposés, etc)
  • Elle a tendance à se dévaloriser
  • Elle a une préoccupation exagérée concernant la sécurité des enfants
  • Elle a déjà tenté de se suicider ou parle de se suicider
  • Elle peut déclarer qu’elle a des problèmes avec son/sa conjoint/e (ou autre personne proche de son entourage : qu’il/elle est très jaloux/se, impulsif/ve, consomme de la drogue et/ou de l’alcool, n’accepte pas son handicap, etc.)

Ressource : La violence faite aux femmes handicapées : dépistage et intervention, document créé par Johanne Ouimette, M.Ps., consultante en violence conjugale.

Profil de l’abuseur
Ils sont souvent vos proches ou ceux qui sont régulièrement en contact avec vous : famille, parent, préposé à domicile, interprète, chauffeur, médecin, infirmier, enseignant, travailleur social, psychiatre, thérapeute, conseiller, travailleur dans un hôpital et d’autres établissements.

A) lorsqu’il est un membre de la famille immédiate :

LE PÈRE OU LA MÈRE
– supporte mal le fait que l’enfant soit né avec une déficience ;
– présente des lacunes dans son rôle parental ;
– vit encore un «deuil» de l’enfant «imaginé» ;

UN AUTRE PARENT
– a une faible estime de soi ;
– a des attentes irréalistes envers la personne handicapée ;
– dénie la sexualité de la personne handicapée ;
– accorde un faible niveau de crédibilité à la personne handicapée ;
– accepte difficilement d’assumer la charge de la personne handicapée ;
– est isolé socialement ;
– est dépressif ;
– est soumis à d’autres facteurs de stress : l’alcoolisme, la toxicomanie, des problèmes de santé physique ou mentale, des problèmes d’ordre social ou financier ;
– a déjà été victime de violence.

B) lorsqu’il est étranger à la famille :

– participe à l’accompagnement et à la prise en charge de la personne handicapée ;
– jouit d’une position d’autorité ou de contrôle ;
– est mal préparé à assumer la charge d’une personne dépendante ;
– manque de formation et de supervision ;
– travaille de façon isolée ;
– manifeste des contrôles excessifs et des abus d’autorité ;
– a accès à l’intimité de la personne handicapée ;
– est dépressif ;
– accorde peu de crédibilité à la personne handicapée ;
– a déjà été victime de violence ;
– a une faible estime de soi ;
– a peu d’écoute envers les autres ;
– est soumis à d’autres facteurs de stress : l’alcoolisme, la toxicomanie, des problèmes de santé, des problèmes d’ordre social ou financier ;
– présente des lacunes dans son rôle d’encadrement.

Qui sont les abuseurs potentiels ?

Les abuseurs potentiels en ordre de fréquence :

Le père et la mère
On pourrait croire que les parents sont soutenus par l’amour et la compassion. Erreur ! Il semble que l’impatience et la fatigue prennent parfois le dessus.

Les intervenants directs (travailleurs sociaux, agents d’aide sociale, préposés aux soins journaliers)
Un certain nombre de ces personnes sont des agresseurs directs. Elles abusent de leur situation de pouvoir et menacent de l’arrêt des services qu’elles dispensent pour maintenir leurs victimes dans le silence. Souvent ces personnes ferment les yeux de peur de dénoncer un collègue ou de perdre leur emploi.

Les dispensateurs de soins de santé (hommes et femmes, incluant les médecins, infirmiers, préposés en institutions)
Ces personnes sont quelquefois des agresseurs directs, mais le plus souvent, elles se montrent exagérément prudentes, voir même réticentes à dénoncer les actes de violence qu’elles détectent. On pourrait croire que toutes les personnes incluses dans cette catégorie ont choisi leur métier de soignants un peu par vocation, mais la peur de dénoncer et de s’impliquer l’emporte sur la compassion.

Le mari, l’ami, le partenaire sexuel (et tous les « ex » dans ces mêmes catégories)
Ces personnes croient détenir certains droits, en vertu de leur statut et de tous les avantages s’y rattachant.

Les autres membres de l’entourage (frères, oncles, soeurs, cousins, etc.)
Les raisons évoquées par ces personnes sont très diverses, assez souvent confuses et peu valables. Elles l’ont vu faire et croient avoir le même droit. Elles veulent corriger, punir, améliorer ou forger le caractère, etc.

Les intervenants occasionnels (chauffeurs, ambulanciers, interprètes et bénévoles)
Ces personnes ont toutes un certain pouvoir même si ce n’est que de façon temporaire. Une étude américaine a démontré qu’environ 40% de ces personnes ont justement recherché ce genre d’occupations susceptible de les mettre en contact avec une population.

Les étrangers rencontrés par hasard.
Ce sont des psychopathes. Leurs actes sont malsains et dangereux. Il en existe un certain nombre et une femme handicapée leur paraît une proie facile pour réaliser certains de leurs fantasmes.

Tiré de « C’est assez la violence envers les femmes handicapées« . Projet initié par OPALE en collaboration avec le Phénix.