Troubles du langage

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L’acquisition du langage est un processus long et complexe.  Pourtant, il est essentiel pour notre bonne intégration en société.  Des premiers gazouillis à la formation des premières phrases, de nombreux enfants trouvent le chemin long et semé d’obstacles.  Parmi les nombreux troubles du langage, soulignons:

  1. la dysphasie,
  2. le bégaiement,
  3. l’aphasie et
  4. la dyslexie.

La dysphasie

La dysphasie résulte d’une atteinte neurologique qui affecte l’expression et la compréhension du langage au point d’handicaper l’enfant dans la communication et l’accomplissement des activités normales pour son âge. Divers profils de dysphasie peuvent être observés en fonction des niveaux de l’atteinte du langage et de leur sévérité. L’ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec a proposé récemment une nouvelle définition de la dysphasie et des instruments d’évaluation et de suivi. Le trouble du langage des enfants dysphagiques n’est pas la conséquence d’une déficience intellectuelle, d’une déficience auditive, d’un trouble relationnel, d’un manque de stimulation ou du bilinguisme.

En plus des troubles de l’expression et de la compréhension verbale, les enfants dysphagiques peuvent présenter des troubles affectant la motricité globale et la motricité fine, la coordination, l’orientation dans l’espace, la perception visuelle, la perception auditive, la notion du temps, l’abstraction et/ou la généralisation. Les enfants dysphagiques ont le désir de communiquer et ont généralement une intelligence normale.

L’évaluation diagnostique des enfants dysphagiques requiert l’expertise d’une équipe pluridisciplinaire formée de professionnels en orthophonie, ergothérapie, pédiatrie, neurologie, psychologie, psychiatrie, etc… Les examens et le suivi permettent d’exclure un simple retard de langage et d’autres causes de trouble de langage et d’établir le diagnostic de dysphasie. Les orthophonistes considèrent que, en général, le diagnostic de dysphasie ne peut être porté de façon définitive avant l’âge de cinq ans.

La dysphasie peut entraver le développement et le fonctionnement de l’individu sur les plans personnel, social, scolaire et professionnel. La dysphasie peut donc engendrer des situations de handicap pour la personne dysphagique en fonction des circonstances et de l’âge.

On ne connaît pas le pourcentage d’enfants au Québec qui sont atteints de dysphasie. Les enquêtes réalisées dans d’autres pays et les données du gouvernement du Québec suggèrent que la prévalence pourrait se situer entre 1 et 7 % selon les critères utilisés. Une étude de la prévalence de la dysphasie au Québec est en préparation.

Visitez le site suivant pour plus de renseignements: Association québecoise de la dysphasie

Le bégaiement

Le bégaiement est un trouble du débit élocutoire en situation de communication. Il s’agit de répétitions et de blocages au cours de l’émission du langage.  On distingue 2 types de bégaiement :

  1. le bégaiement clonique : il s’agit de répétition plus ou moins prolongée du même phonème, en général le premier mot. Par exemple : «ma,ma,ma,ma,ma, mama m’a donné un ballon» ;
  2. le bégaiement tonique : il s’agit du blocage de l’émission du langage s’accompagnant de mouvements parasites du visage (tics), des membres, du corps entier, et de difficultés respiratoires, de rougeur du visage avec sueurs etc.

Causes

Les causes  du bégaiement sont mal connues. Il est toutefois recommandé d’éviter les moqueries, les sarcasmes et les inquiétudes envers les enfants atteints.  Cela risque d’accentuer le bégaiement.

Symptômes

Le langage de l’enfant bègue est caractérisé par :

  • des répétitions de sons (syllabes, phonèmes) et parfois de mots entiers ;
  • des prolongations (allongement de la durée des sons) ;
  • des pauses (au sein des mots ou à leur jonction).

L’élaboration syntaxique, l’évocation des mots, l’agencement des phonèmes, c’est-à-dire les caractéristiques propres au langage ne sont pas altérées.

Le bégaiement est fréquent et banal chez l’enfant de 2 à 3 ans. On commence à s’inquiéter lorsqu’il persiste au-delà de 3 ou 4 ans. Le garçon bégaie plus souvent que la fille et on trouve souvent des antécédents familiaux.

L’aphasie

L’aphasie est un trouble du langage où l’enfant a perdu totalement ou partiellement la capacité de communiquer, c’est-à-dire de parler ou de comprendre ce qu’on lui dit.  Souvent, ses expressions orales sont caractérisées par une importante réduction du langage spontané pouvant se marquer par un mutisme initial.

Causes

L’aphasie est reliée à un dommage crânien dans la  zone du langage.  Il résulte le plus souvent d’un traumatisme crânien, d’une tumeur cérébrale ou d’un accident cérébro-vasculaire.

Symptômes

Les symptômes de l’enfant aphasiques sont assez semblables à l’enfant dysphasique. Tout comme l’enfant dysphasique, sa syntaxe est très simplifiée et son lexique est très réduit.  L’enfant semble utiliser un jargon  incompréhensible parfois dû à un trouble arthritique.  Il peut aussi avoir des troubles articulatoires, d’où vient la difficulté de prononcer les mots.  Le choix des mots ainsi que les combinaisons posent un problème à l’enfant.

L’enfant aphasique peut être rééduqué comme un enfant dysphasique.  Les résultats favorables augmentent selon l’âge de l’enfant. Les jeunes enfants ont plus de chances de retrouver leur langage perdu.

La dyslexie

La dyslexie est un trouble du langage écrit qui affecte la lecture, l’orthographe et l’écriture.  Ces problèmes peuvent entraver l’apprentissage et l’évolution des acquisitions de l’enfant au niveau scolaire si la maladie n’est pas détectée à temps.  Malgré son intelligence normale, l’enfant inverse les lettres, les sons et autres déformations de mots.  Même si ces problèmes sont souvent retrouvés chez les enfants au début de leur apprentissage (pour une courte durée), l’enfant dyslexique traînera cette difficulté tout au long de son apprentissage (à moins d’être traité).  La dyslexie affecte 5 à 10 % des enfants d’âge scolaire.  Trop souvent, on détecte la maladie seulement lorsqu’un premier bulletin scolaire démontre un échec en écriture et lecture.

Causes

Les  causes de la dyslexie peuvent être nombreuses et variées.  Entre elles, on retrouve :

  • défaut de latéralité ;
  • troubles psychoaffectifs ;
  • défaut de vigilance (déficit d’attention) ;
  • un trouble mineur lésionnel du fonctionnement cérébral ;
  • des méthodes d’apprentissage de la lecture inadaptées, etc.

Symptômes

  • l’enfant confond certaines lettres de formes voisines ou proches phonétiquement ; par exemple : M et N, U et P et B et D et Q, S et CH, F et V, etc. ;
  • les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v ) sont remplacées par des consonnes occlusives (t, k, p, d,g ) ;
  • les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s) ;
  • l’enfant inverse les lettres :  or/ro, cri/cir ;
  • l’enfant fait des omissions de lettres : bar/ba, arbre /arbe ;
  • l’enfant fait des substitutions : chauffeur/faucheur ;
  • des exemples de confusion :  «on» est lu «no», «plat» et lu «pal», «fil» est lu «fi», «parapluie» devient «parapuie», «escapade» est lu «cascapade» ;
  • la lecture des textes est souvent lente et  hésitante.

La dyslexie touche plus fréquemment les garçons que les filles (3/4).  La guérison est favorable si la maladie est détectée précocement.  Avec un programme privé d’orthopédagogie, l’enfant peut arriver à maîtriser assez bien la lecture et la compréhension des textes.

Voir dans la section Soutien aux parents: Association francophone de parents d’enfants dyslexiques (AFPED)

Visitez le site de l’Hôpital pour enfants Ste-Justine à l’adresse: https://www.chusj.org/fr/soins-services/T/Troubles-du-langage