L’enfant sourd ou malentendant

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D’après l’OMS, « l’enfant hypo-acousique est celui dont l’acuité auditive est insuffisante pour lui permettre d’apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge et de suivre avec profit l’enseignement scolaire général ».

La surdité du jeune enfant est une anomalie fréquente : 1 pour 1000 naissances dans une famille sans antécédent et 15 pour 1000 naissances chez les enfants à haut risque.

Causes et facteurs de risque 

Selon l’organe touché, on distingue deux grands types de surdité :

  • La surdité de transmission ;
  • La surdité de perception

Les signes de la maladie

La découverte est faite lors d’un examen systématique, en particulier quand il existe un facteur de risque :

  • Une surdité dans la famille ;
  • Une pathologie durant la grossesse ;
  • Un traumatisme obstétrical ;
  • Une prématurité ;
  • Un ictère nucléaire ;
  • Une anoxie néonatale ;
  • Une méningite ;
  • Un traitement par antibiotiques de la famille des aminosides… ou lors des examens obligatoires de l’enfant (naissance, 4°, 9° et 24° mois).

Certains signes d’appel doivent alerter les parents et le médecin

  • L’absence de réactions du nourrisson aux bruits et à la voix ;
  • Un sommeil trop calme ;
  • La perte progressive du babil après 6 mois : Jusqu’à 6 mois, le bébé sourd babille normalement par le simple jeu des organes phonateurs. Privé du plaisir de s’entendre, l’enfant cesse de babiller ;
  • Un retard dans le développement normal du langage :
    • 2 à 4 mois : l’enfant gazouille même s’il est sourd ;
    • De 3 à 4 mois : il reconnaît les sons « signifiants » : appel, bruit de pas, préparatifs de biberons etc…
    • De 5 à 6 mois : le gazouillis se développe et est influencé par le dialogue ;
    • De 18 à 24 mois : le langage s’élabore ;
  • Le retard d’apparition des premiers mots (après 17 mois) ;
  • Des émissions vocales incontrôlées ;
  • L’enfant de 1 an qui ne répond ni à son nom ni à un appel, inattentif pour tout ce qui n’est pas dans son champ visuel ;
  • Certains troubles de l’articulation après 4 ans : petites confusions phonétiques ou entre les consonnes-sourdes (p, f, t) et les consonnes-sonores (b, v, d) ;
  • Certains troubles du comportement : colères, agressivité, quête affective, conduites d’isolement remarqués par les parents, l’instituteur, l’assistante sociale…
  • Un retard scolaire (difficultés à la dictée, en lecture, en écriture…) ;
  • L’enfant « dans la lune… ».

Il existe des causes d’erreur. C’est notamment le cas de l’enfant qui ne « veut » pas entendre. « Viens manger! », « Lave -toi les mains ! » « Va te coucher! », « Viens faire tes devoirs! » sont parfois ignorés des enfants alors qu’ils entendent très bien lorsqu’on leur propose une sortie ou des friandises.

De même, l’apparition des premiers mots peut se situer dans une large fourchette, de 12 à 17 mois.

Devant des otites à répétition, un examen ORL s’impose afin de dépister une otite séreuse chronique.

Les paracentèses fréquentes ne provoquent pas de surdité.

Dépistage

Des tests de dépistage utilisent un matériel divers : jouets sonores (tambourins, cloches, triangle à percussion, sifflets etc…), jouets Moatti (cylindres qui, lorsqu’on les retourne, émettent des bruits d’animaux étalonnés testant les fréquences aiguës, médiums et graves : bruits d’oiseaux, de vache, de mouton et de chat), babymètres de dépistage etc…

Ces tests doivent être effectués hors du champ visuel de l’enfant, sans mouvements amples. L’enfant ne doit pas crier ou se trouver trop absorbé dans ses jeux.

Le médecin cherche à provoquer le réflexe d’orientation-investigation : l’enfant cherche l’origine de la source sonore. D’autres réactions au bruit peuvent être notées : pleurs, rires, simple réaction du regard etc…

En cas de doute sur une surdité, l’enfant doit être adressé chez un ORL spécialiste des surdités de l’enfant. Il pratiquera un audiogramme.

L’audiométrie du nourrisson est une audiométrie de réactions involontaires. L’audiométrie de l’enfant jusqu’à 6 ans est une audiométrie de conditionnement.

A partir de 6 ans, on applique l’audiométrie consciente qui permet d’évaluer la plus petite quantité de son perçue selon la fréquence.

L’audiométrie objective est une méthode qui se passe des réponses du sujet mais qui demande un appareillage complexe, coûteux faisant appel à un personnel hautement spécialisé.

L’audiométrie de conditionnement

À partir de 5 mois, on utilise les jouets sonores étalonnés dans une cabine audiotéléphonométrique qui permet d’effectuer des épreuves calibrées.

À partir de 1 an, on pratique le test du prénom : « coucou, Pierre! » émis de manière de plus en plus intense.

Entre 1 et 3 ans, on utilise le réflexe d’orientation conditionné. Si l’enfant tourne la tête en direction du son, un jouet apparaît au-dessus du haut-parleur qui a émis le son.

Entre 3 et 6 ans, on se sert d’un test d’images : l’enfant a un casque sur la tête. Il est dans une cabine insonore, sur les genoux de sa mère. Des images sont disposées devant lui. Il doit montrer les images dont le nom survient dans le casque à une intensité suffisante.

Le « peep-show » consiste à faire entendre à l’enfant des sons purs et de lui faire appuyer sur une manette qui déclenche l’apparition d’une image dans le peep-show lorsqu’il l’a entendu. Le « train-show » est identique mais l’enfant déclenche la rotation d’un train électrique lorsqu’il a entendu le signal.

Les tests de conditionnement par un jouet sont de principes voisins.

A partir de 6 ans, on pratique l’audiométrie comme chez l’adulte.

Différents types d’aide auditive

Voir:  Aide auditive : les appareils auditifs

Autres ressources:

Doctissimo.ca – L’enfant sourd ou malentendant

RESO – Le regroupement des parents et amis des enfants sourds et malentendants franco-ontariens
www.resosurdite.com

AOSF – Association ontarienne des Sourd(e)s francophones
www.aosf-ontario.ca

Fiche de renseignements – La santé auditive chez les enfants – Association canadienne des orthophonistes et audiologistes – Courr. électr. [email protected] / www.caslpa.ca